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Derrière les discours et les commémorations, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est teintée en 2026 d’actes et d’intentions politiques qui tendent à miner les efforts de vérité et de réconciliation.
Mercredi, la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak, s’est rendue à Kamloops, en Colombie-Britannique, pour marquer son soutien après les actes d’intimidation commis dimanche par un groupe de nationalistes blancs près de l’ancien pensionnat pour Autochtones.
Ce que nous avons vu cette semaine n'est pas seulement inacceptable, c'est aussi dangereux pour ce pays, a déclaré la cheffe nationale.
Elle ajoute que c’est pour cette raison que, la semaine dernière à Ottawa, nous avons réitéré nos appels au gouvernement fédéral pour qu'il modifie sa législation sur les crimes haineux afin d'y inclure le négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones.
En 2021, la découverte de plus de 200 sépultures anonymes potentielles près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops avait créé une véritable onde de choc au pays et à l'international.
Intentions politiques
Les enjeux nationaux se couplent aux enjeux régionaux, car la Colombie-Britannique est plongée depuis la semaine dernière dans une double campagne électorale provinciale et municipale.
La réconciliation et la vérité prennent du temps et elles impliquent des conversations qui peuvent être difficiles à avoir, reconnaît Zoé Lhéritier, une jeune de la nation Cri des plaines. Mais elles sont pourtant nécessaires.
Le plus important [dans le contexte de ces élections], c’est le respect des peuples autochtones.
De ce que j’ai pu observer depuis les élections de 2024, on a assisté en quelque sorte à une autorisation pour que ce genre de comportement se produise, commente Adam Olsen, membre de la Première Nation Tsartlip et ancien député du Parti vert, en réaction au rassemblement du groupe Second Sons à Kamloops.
Ne serait-ce qu’à travers le langage utilisé et la manière dont sont abordés les peuples autochtones, les droits et titres fonciers autochtones dans notre province, ajoute-t-il.
Le prochain gouvernement devra être plus solide sur les questions autochtones, selon lui.

Le premier ministre sortant de la Colombie-Britannique, David Eby, tient une plume d’aigle qui lui a été offerte par la cheffe des Tk’emlups te Secwepemc, Rosanne Casimir (au premier plan à gauche), après avoir pris la parole lors d’une cérémonie marquant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, à Kamloops, en Colombie-Britannique, le mercredi 30 septembre 2026.
Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck
Priorités électorales
Au niveau provincial, les cinq partis politiques en lice n’ont pas encore présenté leur plateforme électorale en vue du scrutin du 24 octobre.
Mais les partis ont déjà affiché certaines de leurs priorités.
D'un côté, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et les verts défendent notamment le maintien et le renforcement de la loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (la loi DRIPA).
En avril dernier, le gouvernement néo-démocrate avait préféré annuler son projet de loi visant à suspendre unilatéralement certains pans de la DRIPA.
Des représentants autochtones de la Colombie-Britannique (nouvelle fenêtre) avaient affirmé qu’une modification de la législation provinciale relative à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones serait un véritable recul pour la province.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, soulignée chaque 30 septembre au Canada, est l’occasion de réfléchir à l’histoire des peuples autochtones et au chemin qui reste à parcourir.
Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK
Les verts proposent aussi une loi sur les langues autochtones et une équipe d'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.
Du côté du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, si la réconciliation économique est importante, le parti a déclaré vouloir abroger la DRIPA ou l'usage des reconnaissances territoriales, évoquant des inquiétudes sur les droits de propriété privée, à l’image du parti OneBC.
La cheffe intérimaire de OneBC, Dallas Brodie, a par ailleurs déjà tenu des commentaires troublants sur les pensionnats pour Autochtones, qui lui ont valu d’être expulsée du caucus conservateur en 2025.
Le parti CentreBC, fondé l'an dernier, dit, lui, vouloir se pencher sur les traités modernes et les accords négociés pour régler les questions en suspens relatives aux droits et aux titres de propriété, en plus de renforcer les partenariats économiques et améliorer la qualité de vie des populations.
Qu'est-ce que la DRIPA?
Adoptée en 2019, la Loi sur la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (DRIPA) est une loi provinciale de la Colombie-Britannique visant notamment à harmoniser le régime législatif et les décisions du gouvernement avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Pour rappel, la Colombie-Britannique a été la première province au Canada à mettre officiellement en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
Avec des informations de Rosanna Tiranti et de Benoît Ferradini


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