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L’annonce de la fin du service de transport collectif à partir du 1er janvier 2027 entre les municipalités du haut-pays et Rimouski, dans la MRC de Rimouski-Neigette, suscite la consternation dans le milieu.
La MRC affirme qu'il lui manque 50 000 $ de Québec pour assurer ce service l'an prochain.
L'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées de l'Est-du-Québec qualifie de catastrophique la décision de la MRC.
Ça ne fait que contribuer à dévitaliser nos communautés quand on ne peut pas se déplacer sur le territoire, aller à nos rendez-vous, aller faire nos commissions, aller faire des visites et tout ça. Ça crée vraiment un sentiment d'isolement.
M. Malenfant estime que cette décision va contribuer à l'isolement des personnes âgées et va les inciter à quitter leur village pour se rapprocher des services offerts à Rimouski.
Les participants à une table ronde sur les aînés à l'émission L’Après-midi est à nous ont aussi déploré la disparition éventuelle de ce service.

Au total, 30 % de la population du Bas-Saint-Laurent est composé de personnes âgées de 65 ans et plus. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Ils estiment que cette décision va à l'encontre de l'idée du maintien à domicile des personnes âgées.
Je trouve qu’il y a un paradoxe, parce qu'au niveau gouvernemental, ils veulent qu'on reste longtemps dans nos maisons, dans le rural, et, actuellement, on nous isole en nous enlevant le transport en commun, souligne Carol Henry de Rimouski.
Ça contribue à l'isolement des gens âgés et c'est encore plus vrai pour les gens qui sont moins nantis, qui n’ont pas un réseau autour d'eux, renchérit Louise Duplessis de Saint-Narcisse.
Pas que les aînés
On a des jeunes qui veulent revenir à l'école, mais parce qu'ils ne vivent pas à Rimouski, ne peuvent pas. Je trouve que ça n'a juste pas de bon sens en 2026.
Pour lui, cette décision de la MRC de Rimouski-Neigette est un non-sens, considérant le coût très élevé des loyers à Rimouski.
C'est épouvantable pour la mobilité des gens. On a des jeunes qui s'éloignent pour être capables de se loger, mais on a le problème qu’ils ne seront pas capables de venir à l'école. Il va falloir trouver une solution à tout ça parce que ça n'a juste aucun bon sens, affirme M. Lessard.

Michel Lessard, directeur de l'organisme Je raccroche, dont la mission est le raccrochage scolaire et socioprofessionnel.
Photo : Radio-Canada / Patrick Voyer
Il explique que son organisme de raccrochage scolaire et socioprofessionnel à Rimouski développe un projet pour offrir son service dans les MRC avoisinantes, mais que les gens ne sont plus capables de venir à Rimouski. Je pense qu'on commence à avoir un sérieux problème, conclut-il.
Pression sur le communautaire
C’est sûr que ça aura des conséquences, soutient à son tour Bertrand Milliner, directeur général du Centre d’action bénévole de Rimouski-Neigette qui peut d’ores et déjà entrevoir les défis que l’arrêt du service entraînera sur son service d'accompagnement civique porte-à-porte pour les gens vulnérables et sans ressources.

Bertrand Milliner, directeur général du Centre d’action bénévole de Rimouski-Neigette
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Il y a une demande qui est toujours là, même qu'avant l’arrêt prévu du transport collectif, on a eu une augmentation et la clientèle est de plus en plus vieillissante, affirme Annie Sirois, coordonnatrice au service d’accompagnement transport du centre d’action bénévole.
Si la MRC arrête bel et bien ses navettes, le centre pourrait bien se retrouver avec une pression supplémentaire sur son service qui repose entièrement sur des équipes de bénévoles.
Il va falloir aller faire une campagne pour aller chercher beaucoup de bénévoles en ruralité pour combler la demande, estime-t-elle, en soulignant que son service assure déjà une moyenne de 600 transports aller-retour chaque mois, certains jusqu’à Québec.

Annie Sirois, coordonnatrice du service d'accompagnement transport du Centre d'action bénévole de Rimouski-Neigette
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
M. Milliner se demande s'il y aura suffisamment de bénévoles pour répondre à une demande potentiellement grandissante.
Je pense qu'il est facile de dire au communautaire : "réagis, parce que tu es là pour ça". Et les autres ont tendance à s’écarter du terrain, à oublier un petit peu la réalité, que nous, on vit sur le terrain, avec la population, en parlant avec les personnes.
Avec les informations de Alix Villeneuve et Fabienne Tercaefs


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