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L'autocueillette de pommes bat son plein cette fin de semaine à Duhamel-Ouest, au Témiscamingue. Au Verger des tourterelles, les visiteurs viennent de loin pour mettre la main sur la populaire Honeycrisp.
C’est aussi le seul verger où il est possible de pratiquer l’autocueillette en Abitibi-Témiscamingue. Chaque journée des quatre ou cinq fins de semaine de la saison, ce sont 600 personnes qui visitent les lieux.
Le verger nordique atteint sa majorité cette année sous la main des propriétaires Marie-Ève Gagnon et Jocelyn Ouellet, mais c’est depuis 2019 qu’ils accueillent un plus grand nombre de cueilleurs.

Les propriétaires Marie-Ève Gagnon et Jocelyn Ouellet posent avec leur fils qui les aide à l'accueil.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Si je faisais juste de la culture de pommes et que je vendais en épicerie, je n’aurais pas l’intérêt de faire ça. C’est vraiment d’accueillir les gens, puis de voir le bonheur que ça leur procure, se réjouit Marie-Ève Gagnon, alors qu’elle nous fait visiter les lieux.
La cueillette des quelque dix variétés de pommes cultivées a atteint un record de 5000 réservations cette année.
Ça part de Sudbury, North Bay, Kirkland Lake, puis ça va en Abitibi jusqu’à Matagami, Senneterre et Quévillon, relate la pomicultrice.

La famille de Marie-Ève Gagnon participe aux fins de semaine de cueillette pour aider les visiteurs.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Il n’est pas rare pour ces visiteurs de louer un chalet et de passer la fin de semaine au Témiscamingue, souligne-t-elle.
La grande vedette
La Honeycrisp, sucrée et croquante, est très prisée, année après année.
La folie de la Honeycrisp est partout au Québec, pas juste dans notre verger, explique Marie-Ève Gagnon. Je pense que quand les gens ont goûté à cette pomme-là, après ça, ils veulent en ravoir chaque année!

La Honeycrisp est connue pour son goût sucré et comme le nom le dit, son goût de miel.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
C’est le cas de Sophie et de ses deux petits-fils, venus de Rouyn-Noranda pour faire des provisions de leur pomme préférée. Elles sont trop bonnes! pour être cuisinées, lance-t-elle.
Les deux garçons expérimentent l’autocueillette de pommes pour la première fois. Je trouve ça très plaisant, parce qu’on peut passer un moment avec notre famille, ou bien des amis, se réjouit le jeune Jacob.
Les visiteurs, sacs à la main ou charriot derrière, vont de pommiers en pommiers pour sélectionner les plus beaux fruits.

Le trio composé de Sophie et de ses petits-fils Thomas et Jacob a eu du plaisir.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Ma conjointe est venue il y a deux ans, elle m’a vendu le concept, j’ai bien aimé ça pour vrai, dit Thierry Aubin.
Est-ce que le couple compte cuisiner des tartes ou des brioches? Des pommes fraîches comme ça, j’aime mieux les manger en entier pour vraiment goûter la saveur et la fraîcheur, précise Audrey Guertin.
Un peu plus loin, Shanon Benoit, venue de Témiscaming, se réjouit de la sortie avec ses petits-enfants.

Shanon Benoit, qui porte sa petite-fille, pose en compagnie de sa famille.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Il y a tellement d’affaires pour les enfants à faire entre-temps, puis les pommes sont délicieuses, indique-t-elle avec le sourire. On vient de commencer cette tradition, parce qu’on a de petits bébés maintenant.
Au total, le Verger des tourterelles compte environ 1500 sacs de 10 litres de Honeycrisp dans ses pommiers, et tout autant pour les Cortland, Spartan et Red Baron, sans compter les variétés plus hâtives.

Un kiosque libre-service est installé en bordure de la route 101, tout près de Ville-Marie.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Pourquoi la Honeycrisp est-elle plus chère que les autres?
À l’épicerie ou au verger, la pomme Honeycrisp est plus coûteuse qu’une Cortland ou une McIntosh, par exemple. Mais pourquoi?
On peut en laisser moins par arbre, si on veut qu’elle ait une belle grosseur. Chaque arbre, on fait de l'éclaircissement pour qu’elles deviennent grosses. Un arbre normal, on doit enlever à peu près la moitié des pommes. La Honeycrisp, il faut en enlever plus que la moitié, explique la pomicultrice Marie-Ève Gagnon.
À cela s’ajoute la popularité de cette variété, qui crée un effet de rareté.
D’autres variétés, comme la Red Baron, offrent un goût similaire à celui de la Honeycrisp. Marie-Ève Gagnon les présente comme une option plus abordable.
Derrière le rouge vif

Les gels d'automne ne font pas peur aux propriétaires, puisque le taux de sucre dans les pommes aide à conserver le fruit.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le travail commence au printemps pour assurer une récolte intéressante de pommes de la mi-août à la mi-octobre.
Avant que les feuilles poussent, ça prend de la taille. Il faut faire attention, parce qu’il y a la tavelure qui peut se développer. C’est un champignon, précise Mme Gagnon. Avant chaque pluie, il faut faire des traitements.
Vient ensuite l'éclaircissement dans les arbres pour favoriser la croissance des pommes et le suivi des insectes.

La variété Cortland était aussi disponible pour la cueillette.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On n’est pas biologiques, mais on ne traitera pas en prévention, comme beaucoup de vergers le font en province. On va traiter uniquement si on a des populations d’insectes trop nombreuses, souligne la copropriétaire.
Comme défis, elle nomme le gel au printemps durant la floraison, en plus des champignons et insectes.
Alerte à la pluie!
La météo a été clémente cet été, offrant suffisamment de pluie. Par contre, elle est moins bienvenue les jours d’autocueillette.
S’il mouille en déluge, les gens ne viendront pas. Les pommes tombent par terre, puis là on a perdu notre récolte, explique Marie-Ève Gagnon.

Le Verger des tourterelles propose aussi des produits avec d'autres petits fruits cultivés sur place, comme le cassis et le sureau.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les pommes tombées au sol sont recueillies pour être transformées en produits, comme des jus, des cidres, des beurres et liqueurs alcoolisées. Le surplus est donné à des banques alimentaires.
Il reste une fin de semaine à l’autocueillette, en fonction de la quantité restante dans les arbres. Les réservations sont obligatoires pour participer à l’activité.


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