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Ancien gendarme, le Breton Loïc Pinçon-Desaize publie 22 v'là les pandores. Le livre regroupe 400 anecdotes authentiques. Voici 13 histoires qui ne vous laisseront pas indifférent.
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Par Pierre-Yves Gaudart Publié le 30 août 2026 à 18h10
Gendarme pendant 40 ans, le Breton Loïc Pinçon-Desaize a exercé « un métier difficile et exigeant sans toujours (se) prendre très au sérieux ». De cette expérience professionnelle, le retraité qui partage sa vie entre Pordic (Côtes d’Armor) et La Gouesnière (Ille-et-Vilaine) a conservé de nombreux souvenirs humoristiques comme dramatiques. Il les raconte dans son nouveau livre « 22 v’là les pandores, flagrants délires dans la gendarmerie » qui fait suite à « L’affaire de trop et autres confidences d’un gendarme breton » (1). On vous livre ici treize histoires qui ne vous laisseront pas de marbre.
Le cadavre livré aux enquêteurs
Brigade de Dinan, 1986 – Ce dimanche matin, je suis de permanence à la brigade lorsqu’un homme se présente. Il veut voir le commandant de brigade. L’adjudant-chef Prigent le reçoit. Tout à coup, j’entends : − J’ai tué ma femme ! Je viens me constituer prisonnier. − Vous habitez où ? demande le gradé. − À Saint-Cast ! − Nous ne sommes pas compétents, mais… L’homme ne laisse pas le gradé poursuivre sa phrase. Il dit alors : − C’est qu’elle est dans le coffre de ma voiture, là, devant, sur le parking. La pauvre dame avait été noyée et ébouillantée dans la baignoire du couple.
Oxymore
Maurice, gendarme mobile à Pontivy, est en poste durant cet été-là sur la côte finistérienne. Un jour, lors d’un contrôle routier, il fait signe au conducteur d’une vieille voiture de s’arrêter. L’automobiliste baisse sa vitre : votre silencieux est bruyant, déclare le pandore. C’est un lapsus, monsieur ! répond le conducteur, qui confond lapsus et oxymore. Je m’en fiche de la marque, je vous dresse procès-verbal.
Urgent de consulter un ophtalmo
Il est midi, Maurice (ce n’est pas celui du « lapsus ») rentre chez lui. Son épouse, en colère, lui tend un timbre-amende et demande des explications. Elle a en effet trouvé la contravention sur le pare-brise de sa voiture. C’est à ce moment-là que le pandore percute. Il vient de reconnaître son écriture. En poste dans la région de Dinan à la fin des années soixante, Maurice n’avait même pas remarqué qu’il avait verbalisé le véhicule de sa femme…
Humour british
Un gendarme du groupement de la Dordogne intercepte une voiture entre Le Bugue et Les Eysies. Il remarque très rapidement que la personne assise à l’avant, côté route, est complètement ivre. C’est un Anglais qui a marié sa fille.
Vous avez bu ? Quelques bières. Puis, trois bonnes bouteilles. Pour finir, dans la soirée, j’ai ingurgité du whisky.
Irrité, le gendarme lui dit : Avez-vous remarqué que je suis gendarme et que je vous ai arrêté pour un contrôle d’alcoolémie ?
Le British, plein d’humour, lui répond : Et vous, avez-vous remarqué que cette voiture est un modèle anglais et que c’est ma femme, à côté de moi, qui conduit ?
Panne d’essence
Une dame s’arrête en pleine nuit à la brigade de Caulnes. Elle sonne à l’interphone. Claude, planton, se lève : Je suis en panne d’essence et je rentre à Dinan. Pourriez-vous me dépanner ? Fallait regarder la jauge avant de partir. Il y a une station à 100 mètres. Allez réveiller le garagiste ! Le lendemain, Claude, tout penaud, se fit engueuler par le commandant de compagnie. Et pour cause : la dame en panne d’essence n’était autre que la femme de Marius Honnart, le sous-préfet.
Braquage en vue ?
La pharmacienne de Saint-Nicolas-du-Pélem, appelle la brigade locale : Un homme, 25-30 ans, est entré dans l’officine, a regardé un peu partout et est sorti sans dire mot. Il doit s’agir d’un repérage… J’ai noté le numéro de sa voiture. Quelques minutes plus tard, je suis appelé par le commandant de brigade de Saint-Nicolas : Le conducteur d’une Peugeot s’est présenté à la pharmacie de Saint-Nicolas et semblait en repérage. Mes gars sont « en chouffe » à proximité, au cas où il reviendrait. Oui, et alors ? J’ai identifié la voiture. C’est celle de C., ton gendarme ! Oh, mais ne t’inquiète pas. Il ne prépare pas un hold-up. Il est plutôt à la recherche de sa petite amie. Elle est préparatrice à la pharmacie et vient de le quitter…
Et glou et glou et glou
« Job » et « Fred », reviennent de service et m’annoncent la découverte d’un obus, enfoui dans le jardin d’un particulier, en pleine agglomération de Bellevue à Guer-Coëtquidan… Les démineurs se déplacent et découvrent… un culot de bouteille !
« J’ai frappé, elle n’a pas répondu »
En ce milieu d’après-midi, un corps flotte dans l’étang de Corlay. Les secours ont été dépêchés. Je me rends sur place et suis rejoint par un gendarme de la brigade locale. La victime est une dame âgée, reconnue par le médecin et le maire comme étant Mme R., une veuve, voisine de la brigade et surtout du gendarme intervenant qui habite un pavillon annexe. La mort est récente. Pendant que j’effectue les constatations, je demande à l’enquêteur de se rendre au domicile de la désespérée afin de rechercher un éventuel écrit. Vingt minutes plus tard, il est de retour. Je l’interroge : Tu as trouvé quelque chose ? J’ai frappé. Comme personne n’a répondu, je ne suis pas entré ! Je ne peux m’empêcher de rire, et lui dis : C’est sûr que ta voisine n’allait pas te répondre puisqu’elle est là, morte !
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi...
Brigade de Dinan, 1988 - La réunion terminée, les gradés de la région Plélan-le-Petit - Jugon-les-Lacs sont sur la route du retour quand ils remarquent un cyclomotoriste en état d'ébriété, sur la commune de Quévert. J'interviens avec un gendarme auxiliaire. L'alcootest est bien sûr positif. Nous prenons en charge l'ivrogne et le ramenons à la brigade. À l'éthylomètre, l'alcoolémie est confirmée par un taux très important. Avant de descendre l'individu en cellule pour y cuver son vin, je le fouille et lui demande de retirer sa ceinture. Il s'exécute sans difficultés. Mais son pantalon, trop large pour lui, tombe sur ses chaussettes. Et là, je vois un chiffon dégueulasse en guise de slip et une énorme épingle à nourrice qui comprime le tout. Je lui demande de retirer l'épingle.
− Tu veux vraiment que je l'enlève ? me dit l'ivrogne. Je lui confirme le retrait. C'est alors que l'urine gicle et se répand sur le bureau de Sylvie. Ma collègue recule sa chaise par réflexe... et m'engueule. Comme si c'était ma faute ! C'est vrai que je suis mort de rire. Je ne m'attendais pas à ce que l'homme, incontinent, déverse ainsi son pipi sur les bureaux. C'est donc, les fesses à l'air, qu'il rejoint la cellule. Le lendemain matin, je vais le retrouver debout devant les WC à la turque.
− As-tu bien dormi ?
− J'ai dormi debout, sur les chiottes, puisque tu m'as dit de ne pas pisser dans les couvertures.
Alarme défectueuse
Caulnes, 1980 – Une nuit d’automne, des malfaiteurs fracturent le bureau de poste. Réveillé par le bruit, le receveur déclenche l’alarme depuis son domicile, situé à l’étage. L’homme, originaire de Corse, va attendre l’arrivée des gendarmes un bon moment. En effet, le marteau de la vieille sonnette placée dans l’appartement du planton s’est bloqué. Quand nous sommes finalement alertés, deux heures plus tard par le porteur de journaux, les malfrats sont loin. Quant au postier, il est réfugié sur le toit, vêtu de son pyjama. Agrippé à l’un des volets de son appartement, il tremble de froid et encore de peur.
L’abbé s’enfile des petits rouges et se paie des bonnes sœurs
Broons, 1982 – L’accident se passe sur la RN 12, dans la traversée de Broons, lieu-dit Le Chalet, où nous sommes appelés en renfort. Le conducteur d’une petite berline, venant du centre-bourg, ne s’est pas immobilisé au feu rouge et a percuté une Citroën 2CV qui circulait tranquillement sur l’axe principal, en direction de Rennes. Le choc a été violent. Les deux religieuses, passagères de la Citroën, sont blessées. Quant au responsable, c’est le vicaire de Caulnes. Avec 3,53 grammes d’alcool par litre de sang, l’abbé n’est pas près de reprendre le volant. Pas très grave pour le prêtre, plus porté sur la bouteille de Père Benoît que sur celle de Pernod, puisqu’à défaut de voiture il pourra revêtir ses habits… sacerdotaux.
Ravitaillement à portée de main…
Saint-Jouan-de-l’Isle, 1983 – Intervention en soirée chez un vieux couple habitant une maison isolée. Madame se plaint de son compagnon, ivre dans une chambre située à l’étage. Quelle surprise en ouvrant la porte. En plus d’une forte odeur d’urine, nous remarquons autour du lit des dizaines de bouteilles de vin… blanc. « Lorsque monsieur a la gorge sèche, il n’a même pas besoin de se lever » se dit-on… Finalement, il y avait bien quelques bouteilles de muscadet, mais la majorité étaient pleines de pisse… L’alcoolique a dû se tromper plus d’une fois !
Selon le rite hindou
Plouër-sur-Rance, 1986 – En février, un drame survient dans le quartier du Pont-Saint-Hubert. Deux personnes, dont une fillette de trois ans, meurent asphyxiées par le gaz inodore d’un chauffe-eau défaillant. Mike, le père de l’enfant décédé, est le fils d’un soldat de l’armée américaine. C’est un homme sympathique, mais au comportement imprévisible. Il est tellement imprévisible que, quelques mois plus tard, le fils de GI va mettre au point un scénario macabre. Le cercueil de la petite-fille est exhumé pour rejoindre une autre sépulture, en région parisienne. Mike surprend les personnes présentes. Il s’empare de la bière, la place dans le coffre de sa voiture et s’enfuit. La gendarmerie est alertée. Quand les gendarmes se présentent chez le « fugitif », ils découvrent un « spectacle » invraisemblable : le cercueil finit de se consumer sur un tas de bois. L’homme, qui avait allumé le bûcher avant de se rendre au cimetière, accueille mes deux camarades avec un coupe-coupe à la main…
Renseignements au 06 81 91 19 89. Tarifs : 10 € pour « 22 Vla les pandores » et 15 € pour « L’affaire de trop » + port.
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