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Alors que les inscriptions sont complétées et les listes d’attentes déjà remplies, des camps de jour utilisant des locaux du Centre de services scolaire de Montréal ne savent pas encore ce qu’il adviendra de la semaine du 17 au 21 août.
Le CSSDM soutient qu'il a averti la Ville de Montréal, dès le mois de février, qu'il pourrait accueillir les camps de jour dans ses locaux pour sept semaines seulement en raison d'enjeux financiers.
Un camp de jour, ça se prévoit plusieurs mois d’avance. On a prévu les inscriptions au mois de mars, souligne Karine Brunet-Laniel, directrice de Loisirs récréatifs et communautaires de Rosemont.
Son organisme chapeaute trois camps de jour et 500 enfants sont inscrits pour cette dernière semaine du mois d’août.
Elle peine à comprendre pourquoi la Ville et le CSSDM n'arrivent pas à s'entendre.
Les camps de jour, c’est un service essentiel pour les jeunes d’âge scolaire. Pour certains organismes comme le nôtre, l’utilisation des écoles n’est pas un choix, c’est vraiment pour offrir un service direct à la population. Et compte tenu du manque d'infrastructures publiques, on se doit d’utiliser les écoles, insiste Mme Brunet-Laniel.
Elle explique, par ailleurs, qu'il serait très difficile de trouver de nouveaux locaux pour recevoir l’ensemble des enfants inscrits à la huitième semaine.
Des discussions en cours
Chaque année, près de 70 camps de jour utilisent les locaux du CSSDM.
Dès février, la possibilité d’offrir une huitième semaine de camp de jour a été évoquée auprès de la Ville de Montréal, sous réserve que l’ensemble des coûts additionnels soit entièrement assumé, tel que les heures supplémentaires pour le personnel et les concierges qui assurent l’accès et l’entretien des installations, affirme, par courriel, le porte-parole du CSSDM, Alain Perron.
La plupart des camps de jour sont gérés par des OSBL mandatés par la Ville. C'est à cette dernière que revient la responsabilité de négocier les ententes avec le CSSDM pour l’utilisation des écoles pendant l’été.
Cette année, le Centre de services scolaire de Montréal soutient qu'il doit éponger un déficit de 200 000 $ pour permettre la tenue des camps de jour municipaux dans ses locaux. Selon ses calculs, les coûts sont estimés à 600 000 $, alors que le financement qui lui est alloué par Québec est de 400 000 $.
Selon le CSSDM, le manque à gagner cette année sera épongé à même ses budgets de services aux élèves. Cette situation ne pourra toutefois pas perdurer l'an prochain, poursuit le CSSDM.
La Ville de Montréal n’a pas voulu commenter le dossier, précisant que des discussions sont en cours avec Québec et avec le CSSDM. Notre objectif n’est évidemment pas de nuire aux enfants. Nous sommes positifs que cela va se régler, répond le cabinet de la mairesse Soraya Martinez Ferrada.
De son côté, l'opposition officielle à l'hôtel de ville s'explique mal pourquoi l’incertitude plane toujours, moins de deux mois de la saison estivale.
Que ce soit avec Christine Black ou avec Soraya Martinez Ferrada, on en a parlé et on a eu peu de réponses, déplore Maeva Vilain, qui est responsable du dossier sports et loisirs pour Projet Montréal.
On s’attend à ce qu’ils prennent le leadership pour ce dossier qui a beaucoup d'impact pour les familles.
Des problèmes récurrents
Le directeur de l’Association des camps du Québec, Éric Beauchemin, n’est pas surpris de la situation.
Il souligne que des enjeux liés à l’utilisation par des camps de jour de locaux appartenant à des centres de services scolaires surviennent chaque année au Québec.
Avec les coupures qui ont frappé les centres de services scolaires, l'enveloppe dédiée à l'accueil des camps de jour est parfois utilisée pour combler des besoins dans d'autres secteurs, dit-il.

Éric Beauchemin est directeur général de l’Association des camps du Québec.
Photo : Radio-Canada
Dans la métropole, le problème s'est aggravé avec la fin, l'an dernier, de l'entente Réflexe Montréal, avance Marie-Ève Brunet-Bélanger, directrice générale au Service des loisirs Angus-Bourbonnière.

Marie-Ève Brunet Bélanger est directrice générale au service des loisirs Angus-Bourbonnière
Photo : Radio-Canada / Steve Rompre
L’entente facilitait le partage des installations entre la Ville et les centres de services scolaires en été, le soir et les fins de semaine. Le ministère de l’Éducation remboursait la perte nette engendrée par l’utilisation des locaux.
Ça prend surtout une concertation, parce qu'en bout de ligne, qu'il y ait ou non des fonds payés à gauche, à droite, ça reste des structures, des bâtiments qui appartiennent à la collectivité aussi, rappelle Mme Brunet-Bélanger.


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