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La défaite du Hongrois Viktor Orbán, figure de proue des droites populistes européennes, est un coup dur symbolique porté à ce mouvement qui reste toutefois solidement implanté sur le Vieux continent à la veille d’élections majeures, soulignent des analystes.
Au pouvoir depuis 2010, Viktor Orbán, proche de Donald Trump et de Vladimir Poutine, a fait de son pays de 9,5 millions d’habitants un modèle de démocratie illibérale et est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d’extrême droite à travers le monde. Il a perdu dimanche face à Péter Magyar, conservateur proeuropéen.
« Une lourde défaite » pour « le populisme de droite », a salué lundi le chancelier allemand, Friedrich Merz.
En France, mis à part le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN), soutien de longue date d’Orbán, la classe politique a voulu y voir un espoir pour la présidentielle l’an prochain. « La victoire de l’extrême droite n’est inéluctable nulle part », a ainsi lancé le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, alors que le RN est à ce stade en tête des intentions de vote des Français.
« Il est sûr que les partis populistes voient l’un de leurs leaders les plus charismatiques, les plus connus aussi à travers le continent, subir un grand échec », relève pour l’Agence France-Presse (AFP) Cyrille Bret, spécialiste de la Russie et de l’Europe orientale et chercheur associé à l’Institut Jacques Delors.
Mais cette défaite ne constitue pas un « tournant général », souligne Stijn van Kessel, politologue à la Queen Mary University of London, rappelant que « l’extrême droite est devenue une force structurelle dans la plupart des pays européens ».
En Hongrie, un pays confronté à une stagnation de l’économie et à une corruption criante, « énormément de facteurs nationaux ont joué » pour expliquer la défaite de Viktor Orbán après 16 ans de pouvoir, « et sont difficilement transposables » à d’autres pays européens, pointe Cyrille Bret.
Scrutins clés en 2027
Pour savoir « si l’on a vraiment un tournant ou non dans la montée des populismes en Europe », il faudra attendre 2027, année pendant laquelle se dérouleront quatre scrutins à fort enjeu en France, Italie, Espagne et Pologne, abonde Sébastien Maillard, expert affilié au centre de réflexion londonien Chatham House.
La défaite de Viktor Orbán questionne aussi la proximité affichée des partis populistes européens avec le trumpisme. En Italie, les détracteurs de la première ministre Giorgia Meloni ont mis en avant sa proximité avec le président américain pour expliquer en partie sa récente défaite lors d’un référendum sur la justice.
En Hongrie, le vice-président américain J.D. Vance avait fait le déplacement en personne jusqu’à Budapest pour soutenir Viktor Orbán, quelques jours avant le scrutin.
« L’un des aspects les plus intéressants de cette élection est ce qu’elle nous dit des relations transatlantiques », relève ainsi auprès de l’AFP Mujtaba Rahman, directeur Europe du cabinet d’analyse de risque Eurasia Group.
« L’espace politique dont dispose le mouvement MAGA [Make america great again, slogan de Donald Trump] sur le continent est en train de se réduire », estime-t-il, émettant l’hypothèse que « le RN en France et d’autres partis d’extrême droite vont désormais commencer à prendre activement leurs distances avec le gouvernement Trump ».
Le Kremlin a, lui aussi, perdu son allié majeur en Europe, notent les analystes.
Même si quelques dirigeants européens critiques du soutien à Kiev sont toujours au pouvoir, comme Roberto Fico en Slovaquie ou Andrej Babis en République tchèque, « ce résultat [en Hongrie] prive la Russie de l’un des rares dirigeants européens à s’être opposés de manière constante à un soutien ferme à l’Ukraine », écrit l’analyste Tatyana Stanovaya dans un rapport pour R.Politik, son cabinet de conseil politique.
Face à cette situation, les Russes vont continuer leurs « ingérences et leur guerre hybride » et « chercher à trouver d’autres alliés parmi les 27 », selon M. Maillard. Dans le but « aussi de faire dérailler des processus », juge-t-il, citant par exemple le cas du Monténégro, engagé dans des négociations pour l’adhésion à l’UE.


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