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Les légendes urbaines du jeu vidéo, on adore ça. Rien de mieux qu’un bon vieux mythe sur un jeu ou une console rétro pour partir dans une quête de savoir interminable et passionnante. Notre histoire d’aujourd’hui s’intéresse à un modèle particulier de NES retrouvé dans un love hotel au Japon.
Il arrive de trouver des consoles oubliées dans des marchés aux puces, qui recèlent parfois de véritables trésors, ou encore de tomber par hasard sur une statue géante de Spyro abandonnée dans un bâtiment délabré, ce qui est tout de même beaucoup plus rare. Orochi, un chercheur et archiviste japonais spécialisé dans l’histoire de la Famicom de Nintendo — la NES chez nous — a récemment annoncé sur X, le 23 juillet 2026, une découverte pour le moins intrigante.
Alors qu’il visitait un love hotel, ces établissements très populaires au Japon proposant des chambres pour quelques heures ou une nuit, dans une ambiance intimiste, Orochi a trouvé une chambre équipée d’une FamicomBox. Cette console un peu particulière — à ne pas confondre avec la Famicom, l’équivalent japonais de la NES — est un modèle de console Nintendo destiné exclusivement à un usage commercial.
いまだに業務用ファミコンが現役稼働している某所ラブホテルへ潜入調査。なんと1室をのぞくすべての部屋に設置されるようだ。さっそく検証プレイ。液晶テレビにつきZAPPERは使用不可だったが、それ以外のほぼ全てのソフトが正常に遊べる夢のような場所だった。
守りたい。日本のサブカルチャー! pic.twitter.com/pD53hLaOQR
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La FamicomBox a été lancée en 1986 et était déployée dans des hôtels et des établissements d’hébergement au Japon. Installée directement sur place, cette imposante borne permettait aux clients de jouer à plusieurs jeux Famicom, généralement en échange de quelques pièces, transformant ainsi la console de salon en véritable service de divertissement pour celles et ceux sur place.
Le mythe de Nintendo gérant de love hotels
« Je suis en pleine enquête dans un certain love hotel où la Famicom professionnelle est encore en service. Incroyable, elle semble installée dans toutes les chambres sauf une », écrit Orochi dans son message, qu’il accompagne de quelques photos de la machine, ainsi que du Zapper, le pistolet optique de la NES, malheureusement inutilisable ici. « Le Zapper était inutilisable sur la télévision à écran LCD, mais à part ça, presque tous les logiciels fonctionnent parfaitement dans cet endroit de rêve. »
La présence de la FamicomBox est à la fois étonnante et constitue une excellente anecdote pour qui s’intéresse à l’archéologie du jeu vidéo, mais c’est aussi et surtout une manière de relancer la vieille légende urbaine du « love hotel Nintendo ».

Ce mythe veut qu’avant de se faire un nom dans le monde des jeux vidéo, Nintendo a eu un pied dans plusieurs activités au cours des années 1960, dont certaines auraient été liées à ces fameux love hotels. Un business loin, très loin, de l’image du Nintendo d’aujourd’hui. En effet, les love hotels ont la réputation d’être principalement fréquentés par des couples en quête d’intimité, mais ils traînent également une image tenace de lieux propices aux relations extraconjugales.
Difficile, dès lors, d’imaginer Nintendo gérer de tels établissements, et l’histoire ressemble forcément à une légende urbaine. « Le terme ‘love hotel’ aurait été inventé à Osaka en 1969. Au moins avant les années 1960, les love hotels eux-mêmes n’existaient pas. D’un autre côté, Nintendo s’est cotée en bourse en 1962. Si une entreprise cotée en bourse avait exercé une activité hôtelière, il devrait en rester quelque preuve. Pourtant, aucune preuve n’apparaît », écrit Orochi en avril 2026 sur X à ce propos, comme le rapporte Automaton ce 24 juillet.
Une légende urbaine tenace, avec un fond de vérité ?
L’une des premières mentions régulièrement partagées sur Internet à propos de cette légende remonte à un article d’Inside, daté du 24 avril 2004. Comme le rapporte Orochi dans un article publié sur le site Famicoms en avril 2022, Inside avait brièvement évoqué l’existence d’un documentaire diffusé sur la BBC mentionnant les love hotels, dont le résumé était le suivant : « L’exploration des mystères de Nintendo se poursuit. La conversation aborde les échecs de Nintendo : le riz instantané, les taxis, les love hotels, et bien d’autres. »

Toutefois, on peut remonter encore plus loin dans le temps, jusqu’en 1993, lorsque l’auteur David Sheff, dans son ouvrage Game Over: How Nintendo Zapped an American Industry, Captured Your Dollars, and Enslaved Your Children — ahem — mentionne que Hiroshi Yamauchi, le troisième président de Nintendo, se serait lancé dans le secteur des love hotels par passion personnelle.
Rien ne confirme toutefois qu’une filiale de Nintendo de l’époque ait réellement été impliquée dans ce secteur. Toujours est-il que le fait que Nintendo ait fourni des consoles à des établissements dans les années 1980, ainsi que la récente découverte d’Orochi, continue d’ajouter de l’eau au moulin de la théorie des love hotels.
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