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La « crise » de surpopulation des chiens persiste au Manitoba en raison d’un manque de soins vétérinaires, indique le président du conseil d’administration de la Thompson Humane Society, Oswald Sawh, en réaction à la mort d'une jeune femme.
Elle a été retrouvée morte le 17 juillet dans un secteur où des chiens agressifs avaient été repérés, dans la Première Nation ojibwée de Sandy Bay, selon Service de police des Premières Nations du Manitoba.
La femme s’était rendue dans cette communauté, située à plus de 160 km à l’ouest de Winnipeg, au nom d’une association de protection des animaux à but non lucratif.
Oswald Sawh a qualifié la situation de tragique.
Il a affirmé que ce n'est pas surprenant qu'un événement de ce genre se soit produit en raison d’un manque de services vétérinaires dans le nord de la province.
Il indique que la surpopulation des chiens se chiffre dans les milliers en raison d’un manque de services de stérilisation.
Il s’agit non seulement d’un danger pour les humains, mais aussi pour les animaux.
Très souvent, ils se battent chaque jour pour obtenir des ressources, pour se nourrir. Très souvent, les petits animaux sont attaqués et tués par certains des plus gros, explique Oswald Sawh.
Il ajoute qu’en raison d’un manque d'immunisation, ces animaux peuvent attraper des maladies, telles que le parvovirus et la maladie de Carré, qui peuvent entraîner des décès douloureux.
La souffrance que subissent ces animaux est horrible.
Un problème qui ne date pas d’hier
En 2024, un groupe de 45 associations de défense des animaux d’à travers le pays ont signé une lettre au gouvernement manitobain pour déclarer que la surpopulation des chiens dans la province était devenue une urgence de santé publique.
Dans les dernières années, le problème s’est amélioré dans certaines régions en raison d’efforts gouvernementaux et d'organismes indépendants, selon Crystal Pariseau, directrice des opérations de la clinique de la Winnipeg Humane Society.
Par contre, la sévérité du problème peut varier entre les communautés.
Crystal Pariseau ajoute que les organismes peuvent éprouver des difficultés à mesurer et résoudre le problème, faute de bonnes relations avec la direction des différentes communautés et Premières Nations, car les directions peuvent changer régulièrement.
Oswald Sawh indique que l'ampleur du surplus de chiens est aussi un problème.
Un manque de ressources
D’après M. Sawh, les efforts pour résoudre le problème sont entravés par un manque de ressources pour stériliser et euthanasier les chiens, notamment dans le nord de la province.
La seule vétérinaire à temps-plein de Thompson a quitté la ville en 2025. Oswald Sawh affirme que cela laisse un grand vide, car la clinique de la ville, qui est maintenant vide pendant la majorité de l’année, desservait un bon nombre de communautés environnantes.
Pour lui, les autres services vétérinaires qui pourraient leur venir en aide sont à The Pas (situé à environ 290 kilomètres de Thompson), ou bien à Winnipeg.
Pour M. Sawh, davantage d’intervention gouvernementale est donc nécessaire.
Lorsque le marché privé n'est pas en mesure de répondre aux besoins, je pense que la province doit intervenir et essayer de trouver des solutions, telles que le financement des cliniques locales, a-t-il déclaré.
La province ne finance pas directement des organismes uniquement dédiés au bien-être des chiens sauvages dans la province. Cependant, certains des fonds fournis à la Winnipeg Humane Society sont réservés à l'amélioration des services vétérinaires dans les communautés isolées du nord de la province.
La province a aussi investi 1 M$ versé l’an dernier pour améliorer les services de stérilisation. La province n'a pas répondu à une demande de commentaire avant la publication de cet article.
Graham Sceviour-Fraehlich


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