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La Colombie-Britannique répartit, cette année, son Fonds provincial pour les services en français entre huit organismes, un record de diversification depuis la création du programme en 2018. Le montant de l'enveloppe est toujours fixé à 250 000 $.
Douze demandes admissibles ont été déposées cette année, pour une valeur totale de plus de 531 000 $, indique la directrice des communications du gouvernement provincial, Alanah Connie. Huit ont été retenues, tandis que quatre ont été écartées.
Des organismes de Vancouver et de Surrey reçoivent à eux seuls près de 80 % des subventions.
Parmi les demandes reçues figurait celle d'un organisme du nord de la Colombie-Britannique, a confirmé Alanah Connie, mais aucun projet situé au nord de Nelson ne fait partie de la répartition annoncée mercredi. L'an dernier, le Cercle des Canadiens français de Prince George avait obtenu 60 000 $.
Le ministre responsable des Affaires francophones, Adrian Dix, affirme par voie de communiqué que les bénéficiaires de cette année reflètent la diversité et la vitalité des communautés francophones de la province. Il n'était pas disponible pour une entrevue.
Des projets de proximité
Parmi les bénéficiaire, deux organismes obtiennent un financement pour la première fois : l'Alliance francophone et francophile du Fraser Valley et du Grand Vancouver reçoit 53 215 $ pour aider les familles de Surrey à trouver des services en français, et l'Association Femmes africaines francophones, 44 346 $.
La plus importante subvention, 60 504 $, va au Réseau-Femmes Colombie-Britannique pour du soutien à domicile aux familles, et La Boussole reçoit 33 703 $ pour former des intervenants aux premiers soins en santé mentale en français.
À Nelson, l'Association des francophones des Kootenays Ouest obtient le montant exact qu'elle avait demandé, 2800 $, qui serviront à créer des cours de français en petits groupes à Nelson et à Revelstoke.
Sa directrice générale, Éloïse Speleers, note que ces cours seront gratuits, et mettront en avant la culture francophone dans toute sa diversité, pour être représentatifs de toutes les francophonies qui puissent exister dans le monde et pas seulement ici au Canada, dit-elle.
Le montant reçu, le plus petit de la liste, servira aussi à animer des soirées trimestrielles, pour que les personnes francophanatiques puissent en apprendre un peu plus sur la culture via la musique, un film ou une tradition, explique-t-elle.
Au Centre culturel francophone de Vancouver, 7095 $ serviront à lancer la deuxième saison de la ligue d'improvisation en français, après une saison pilote couronnée de succès l'an dernier. Le premier match aura lieu le 8 octobre.
Une bibliothèque anglophone parmi les bénéficiaires
Pour la première fois, un établissement anglophone, la bibliothèque publique de l'île Salt Spring, obtient 12 860 $ de l'enveloppe pour acheter environ 250 nouveaux titres en français, pour adultes et pour enfants. C'est sa directrice adjointe, Julia Wagner, qui a déposé la demande.
La collection existante, explique-t-elle, avait été bricolée à partir de dons au fil des ans. Elle voulait quelque chose d'aussi dynamique que la communauté francophone, étonnamment vaste, [desservie] sur cette île, avec des auteurs québécois et des œuvres contemporaines de toute la francophonie.
Julia Wagner, qui dit avoir découvert le programme en cherchant du financement à l'aide d'outils d'intelligence artificielle, compte présenter une nouvelle demande l'an prochain.
La fédération francophone reste sur la réserve
À la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), la directrice générale, Emmanuelle Corne Bertrand, se dit surprise.
Je ne suis pas du tout opposée à ce que des institutions anglophones ou généralistes, mettons comme une bibliothèque, offrent des services en français, mais je ne suis pas sûre que ce soit pertinent que ça sorte de cette enveloppe-là.
Elle rappelle qu'il s'agit du seul financement provincial réservé aux francophones.
Emmanuelle Corne Bertrand souligne aussi que la Fédération n'est plus consultée sur l'attribution du fonds depuis environ quatre ans. L'organisme a déposé une demande cette année, qui n'a pas été retenue.
Si elle se dit satisfaite de voir des organismes qui reçoivent peu de fonds publics figurer sur la liste, elle estime que le montant de l'enveloppe annuelle, inchangé depuis 2018, n'est plus suffisant en 2026.


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