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Le ton monte autour de la constitution du Québec. Le député solidaire Haroun Bouazzi accuse le projet de loi d’être « assimilationniste ». Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, lui rétorque qu’il « dérape » et qu’il « méprise l’ensemble de ses collègues à l’Assemblée nationale ».
« Le ministre de la Justice a proposé un projet colonial et assimilationniste. C’est ce que disent les Premières Nations et c’est ce qu’on comprend du texte », a lancé le député Bouazzi en mêlée de presse jeudi au sortir de la période de questions de l’Assemblée nationale.
Au cœur du litige : l’article 3 du projet de loi 1 qui stipule que le « peuple du Québec est composé de toutes les Québécoises et de tous les Québécois » et que le « peuple québécois forme une nation ».
« Le texte, ce qu’il dit, c’est qu’il y a un seul peuple qui est composé de tout le monde, incluant les Premières Nations, et que ce peuple forme une seule nation, c’est la nation québécoise », a expliqué Haroun Bouazzi.
« Les représentants des Premières Nations, dans leur mémoire qu’ils nous ont produit, parlent d’un projet assimilationniste digne des politiques du XIXe siècle », a-t-il ajouté.
L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) demande le retrait pur et simple de la pièce législative.
« Cette constitution-là est une honte pour notre démocratie. […] Heureusement, il n’y a pas un monde où cette constitution peut passer dans le temps qui nous est imparti », a renchéri Haroun Bouazzi.
Un projet « inclusif »
Quelques minutes plus tard, le ministre Jolin-Barrette a défendu son projet de constitution.
« C’est un projet de loi qui est inclusif et qui n’impose absolument rien aux Premières Nations. Ça respecte leur autonomie et leur choix, notamment par rapport à la participation de la nation québécoise », a-t-il argué.
« M. Bouazzi, ce n’est pas la première fois qu’il fait des dérapages. Il méprise l’ensemble de ses collègues à l’Assemblée nationale », a ajouté le ministre.
Mercredi, Simon Jolin-Barrette a accusé les oppositions de faire de l’« obstruction » pour ralentir l’étude de son projet de constitution du Québec.
Il reste peu de temps pour faire adopter la pièce législative, puisque la session parlementaire se termine le 12 juin.


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