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Près de six mois après l’arrivée d’un centre Consignaction à Matane, certains citoyens jugent le nouveau système de récupération des contenants moins accessible qu’auparavant, alors que les dépanneurs et commerces de proximité ne peuvent plus reprendre les contenants consignés dans certains secteurs.
À 85 ans, bientôt 86 , Céline Pelletier affirme que consigner ses bouteilles et canettes est devenu beaucoup plus exigeant depuis la centralisation du service au centre Consignaction.
Il faut choisir nos heures si on ne veut pas attendre deux heures avec notre petit sac, raconte la retraitée, rencontrée devant la succursale matanaise.

À 85 ans, Céline Pelletier estime que le nouveau système de consignation à Matane est moins accessible pour les personnes âgées, notamment en raison des files d’attente et des manipulations nécessaires pour retourner les contenants.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
Selon elle, les files d’attente sont fréquentes et certaines machines sont régulièrement hors service.
Mme Pelletier explique qu’elle apportait auparavant ses contenants directement dans un dépanneur, où le service était plus rapide et plus simple, selon son expérience.
J’arrivais avec mes bouteilles et eux ils s’occupaient de tout, dit-elle. Là, il faut attendre longtemps et manipuler les contenants un par un.
Elle estime également que les lieux sont moins adaptés aux personnes âgées ou à mobilité réduite.
Consignaction fait le bonheur d’un organisme animalier
Si certains trouvent les canettes encombrantes, elles représentent toutefois une importante source de financement pour l’organisme Les Animaux de la seconde chance.
Le groupe, qui prend en charge des animaux de compagnie grâce à un réseau de familles d’accueil entre Matane, Rimouski et Amqui, récupère des contenants consignés pour financer certaines de ses activités.
C’est notre plus grosse levée de fonds.
Les sommes amassées servent notamment à payer la nourriture, la litière et les soins vétérinaires des animaux.

Carole Ferlatte est membre de l'organisme Les Animaux de la seconde chance.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
On pourrait pas s’en passer, affirme-t-elle. Ce n’est pas nous autres qui en bénéficions comme êtres humains, c’est vraiment nos amis poilus.
Des commerçants se réajustent
La disparition du service de récupération dans certains commerces entraîne aussi des impacts économiques.
Le propriétaire du Dépanneur du Lac, Mathieu Fortin, affirme avoir perdu une partie de sa clientèle depuis novembre.
C’est plusieurs milliers de dollars que nous avons perdus, entre autres parce que les clients venaient porter leurs bouteilles vides et faisaient souvent des achats en magasin en même temps.

Le commerçant affirme avoir dû adapter son offre et réaménager son commerce pour compenser la baisse d’achalandage liée à la fin du service de consigne dans son dépanneur.
Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin
En contrepartie, le commerçant affirme avoir entrepris des rénovations pour attirer une nouvelle clientèle et compenser cette baisse d’achalandage, par l’installation d’étalages de produits qu’il ne vendait pas auparavant.
L’Association québécoise de récupération des contenants de boissons affirme par courriel que les heures réduites la fin de semaine sont temporaires et liées à un manque de personnel, alors que de nouvelles embauches sont en cours.
L’organisme soutient également que le centre de Matane est en mesure de répondre aux volumes prévus et rappelle que le regroupement des retours de contenants dans un seul lieu respecte la réglementation québécoise sur la consigne.
Avec les informations d’Alice Jacottin


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