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La confiance du public envers la transparence du lobbyisme stagne depuis trois ans. Alors que les citoyens réclament davantage de mesures de transparence et d’éthique, ils doutent que les différents acteurs prennent les mesures nécessaires pour répondre à leurs attentes, selon une nouvelle étude dévoilée lundi par le commissaire au lobbyisme du Québec.
« La confiance, c’est la base d’un régime démocratique et, si on n’est pas capable de susciter cette confiance-là chez les électeurs, chez les citoyens, je pense qu’il faut se poser des questions », affirme le commissaire au lobbyisme, Me Jean-François Routhier, en entrevue avec Le Devoir.
Dans une lettre ouverte, le commissaire écrit qu’« après tous les efforts déployés, ce résultat est difficile à recevoir : malgré le travail accompli, la confiance demeure au point mort ».
En 2026, seuls 6 % des Québécois disent avoir confiance que les activités de lobbyisme sont exercées de manière transparente et éthique. Ce résultat est d’autant plus préoccupant qu’il est identique à celui observé en 2023 et 2024. À l’inverse, 64 % des répondants disent s’en méfier.
De plus, même si un répondant sur trois (34 %) estime que le lobbyisme est un moyen efficace pour influencer les décisions publiques au Québec, près d’un sur deux (48 %) considère que ses effets sont négatifs et seuls 7 % les jugent positifs.
L’étude, menée par la firme de relations publiques Edelman, s’appuie sur un sondage réalisé entre le 5 et le 19 juin 2026 auprès de 1037 répondants qui connaissent l’existence du lobbyisme.
Attentes envers les différents acteurs
« Ça ne peut pas relever uniquement du régulateur. […] Ça prend des preuves, des gestes, des engagements véritables envers les personnes qui sont capables de faire quelque chose », constate le commissaire.
Pour favoriser la confiance envers la pratique éthique et transparente du lobbyisme au Québec, l’étude établit plusieurs gestes concrets que les acteurs du milieu peuvent mettre en place. Que ce soit pour les lobbyistes, pour les élus et fonctionnaires, et pour le commissaire au lobbyisme du Québec, les gestes contribuant le plus à la confiance sont la divulgation transparente, l’importance de considérer les conflits d’intérêts et la surveillance publique, selon l’étude.
Pourtant, bien que les Québécois attendent des représentants gouvernementaux qu’ils agissent pour assurer un lobbying transparent et éthique, ils leur accordent très peu de confiance pour passer à l’action, indique l’étude.
« Je trouve que c’est un wake up call important, estime Me Routhier. Si j’étais un futur parlementaire, c’est l’information que je pense que j’aimerais avoir. »
L’institution Lobbyisme Québec a également son rôle à jouer pour bâtir la confiance du public, note l’étude. Les répondants soulignent l’importance de publier le nom des lobbyistes ayant fait l’objet d’une sanction et la raison de celle-ci (57 %), mais aussi de communiquer au public de l’information sur les enquêtes en cours en lien avec les activités de lobbyisme (51 %).
« La culture n’a pas évolué »
« Ma déception, c’est de constater que la culture n’a pas évolué », déplore Me Routhier, qui occupe son poste depuis octobre 2017.
En mai dernier, le commissaire au lobbyisme a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale, visant à réformer la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme, qui n’a pas été modifiée depuis son entrée en vigueur en 2002. Ce projet de loi découle directement d’une recommandation formulée dans le rapport de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic.
« Il y a une grande part d’activités de communication d’influence qui ne sont pas considérées [comme] du lobbyisme par la loi, fait valoir Me Routhier. Je ne veux pas attendre le prochain scandale. »
Au-delà de la confiance, l’étude montre également que la population connaît encore peu le lobbyisme. Bien que tous les répondants du sondage connaissent l’existence du lobbyisme, seuls 46 % sont familiers avec la pratique, un taux légèrement en baisse par rapport à 2024 (51 %).
Aussi, seuls 15 % des répondants se disent familiers avec la réglementation qui encadre la pratique transparente et éthique du lobbyisme dans la province.
« Ça veut clairement dire que le travail n’est pas terminé et que ça ne peut pas être le seul travail du commissaire au lobbyiste et de son équipe, […] que ça prend un changement de culture véritable », affirme Jean-François Routhier.


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