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Le gouvernement britanno-colombien compte investir une enveloppe 16 millions de dollars sur 2 ans annoncée en juin afin de coordonner les services de police, les procureurs, les spécialistes de la santé mentale et les services de la Couronne contre la récidive.
Selon le ministre d'État à la Sécurité de proximité et aux Services intégrés, Terry Yung, 865 personnes seraient responsables d’une part disproportionnée des infractions dans la province.
Il explique que les forces de l’ordre retrouvent encore et encore les mêmes personnes dans une grande partie des cas de vol à l’étalage, de vandalisme, de dégradation de biens et de troubles de l’ordre public.
Les commerces de proximité forment la colonne vertébrale de nos communautés. [...] Ils étouffent en raison de l’augmentation de leurs coûts causés par des récidivistes chroniques qui les vise encore et encore, remarque Terry Young.
La province compte mettre en place 25 centres intégrés pour lutter contre les atteintes à la propriété. Ces centres devraient réunir des policiers, des agents de probation, des procureurs de la Couronne, des travailleurs sociaux et des spécialistes de la santé mentale.
Le but est d’éviter de retrouver sans cesse les mêmes individus impliqués dans ces délits sans qu'ils ne fassent jamais face à des accusations.
On pourrait croire que les délits non violents sont sans importance, mais c’est faux.
Il n’est pas acceptable de ne pas tenir ces personnes comme responsables, de ne pas approuver les accusations et, peut-être, de ne pas mettre en place des mesures pour qu’elles ne soient pas en mesure de revenir commettre leurs méfaits.

Le ministre Terry Yung, l'inspecteur Shiv Gill et Jane Talbot estiment tous que l'approche alliant répression, santé mentale et travail social est la clé pour éviter la récidive.
Photo : Radio-Canada / Martin Diotte
Un programme fiable?
Les centres intégrés permettront de coordonner les différents échelons de la justice et de l’accompagnement social pour sortir de la spirale de la récidive.
Selon le ministre, le programme a déjà été testé en matière de crimes violents, avec des résultats encourageants. En augmentant la fréquence des contacts de ces individus avec la police, [...] on les croise moins souvent dans des affaires. Une personne qui pouvait poser des problèmes jusqu’à quatre fois en une semaine n’est plus impliquée que deux fois par semaine, et parfois plus du tout.
Selon l'inspecteur en chef par intérim Shiv Gill, de la Section des enquêtes générales de la police de Vancouver (VPD) la seule répression policière n’est pas en mesure, seule, de combattre la récidive. Des liens plus étroits avec les institutions sociales, de santé mentale et d’aide contre les addictions diminuent la récidive, dit-il.

Le vol à l'étalage a augmenté de près de 79 % entre 2015 et 2025. (Photo d'archives)
Photo : iStock / Andrey Popov
Les crimes non violents en baisse, mais le vol à l’étalage en hausse
Les crimes non violents sont en baisse de 5,3 % au Canada, depuis 2023, mais le vol à l’étalage reste en hausse, selon Statistique Canada : il a progressé de 11 % entre 2024 et 2025, et la hausse est encore plus spectaculaire – +79 % – si l’on considère la période allant de 2015 à 2025.
L’inspecteur Shiv Gillles explique de son côté que les chiffres concernant le vol à l’étalage sont encore sous-estimés, car il s’agit d’un crime que beaucoup de commerçants ne prennent pas la peine de rapporter.
Pour Jane Talbot, PDG de Downtown Vancouver, une association qui représente près de 8000 commerçants et propriétaires du centre-ville, la situation n’était plus possible.
Depuis trop longtemps, un nombre relativement restreint de récidivistes a une incidence disproportionnée sur la situation dans nos rues dénonce-t-elle, ajoutant : Les entreprises sont confrontées à des vols, à des actes de vandalisme et à des troubles à l'ordre public à répétition, qui nuisent non seulement à leur rentabilité, mais aussi [...] à la confiance des clients, des employés, des résidents et des visiteurs.

Hank Patisson explique à quel point il est difficile de concilier bonne ambiance, accueil des clients et surveillance contre le vol à la tire.
Photo : Radio-Canada / Julie Landry
Une initiative bien accueillie
Hank Patisson travaille depuis 25 ans comme gérant dans une boutique sur la rue Granville. Le vol à l'étalage a toujours été un problème ici, indique-t-il. Il explique toute la difficulté qu’il rencontre face aux voleurs, et aux risques que ceux-ci font courir.
Personne ne devrait se mettre en danger pour empêcher le vol d’un livre à 10 $, mais en même temps, on doit créer un environnement qui dissuade certaines personnes de vous considérer comme une cible facile.
Il croit qu’une approche qui prend en compte la santé mentale, la répression et l’aide sociale est une voie à suivre : Ils ont besoin de conseils, ils ont besoin d’aide, ils ont besoin de voir quel rôle ils peuvent jouer dans la société.
Avec les informations de Julie Landry


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