NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La récente vague de chaleur historique en France a remis en évidence, et de manière plutôt brutale, un point que l'on oublie une fois l'été terminé: beaucoup de nos logements et infrastructures ne sont pas adaptés à l'augmentation des températures. Quand la canicule frappe, les habitations surchauffent, les chambres sont étouffantes, tandis que les bureaux ressemblent à des fours en mode chaleur tournante. Bref, l'enfer avant même le Jugement dernier.
Et si le paradis devait ressembler à quelque chose dans ces moments-là, ce serait un espace bien frais, où la climatisation tournerait en boucle, à puissance maximale. Et qu'importe l'écologie? Ce débat ne vous aura sûrement pas échappé. À mesure que les vagues de chaleur se multiplient et s'intensifient, en attendant le jour béni où les politiques prendront véritablement le sujet du réchauffement climatique à bras-le-corps, de plus en plus de Français s'équipent de climatiseurs. Pourtant, nombre d'experts alertent sur l'impact écologique de ces machines, qui aggraveraient ce même réchauffement climatique qui nous pousse à en acheter. Qu'en est-il vraiment?
NEWSLETTER
Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.
La clim' sauve des vies, mais...
Avant de parler écologie, il faut préciser un point. La climatisation, une fois installée, remplit son rôle: elle refroidit les espaces, au point de sauver des vies en période de canicule mortelle. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), environ 190.000 vies auraient été sauvées chaque année dans le monde entre 2019 et 2021 grâce à l'usage de la climatisation.
Et on ne parle pas là de pays lointains: rien qu'à l'été 2024, la chaleur a provoqué près de 3.700 décès en France. Alors que tous les indicateurs nous montrent que cet été pourrait être l'un des plus frais du reste de notre vie (coucou les scientifiques que l'on n'écoute pas depuis des décennies), s'équiper d'un climatiseur chez soi peut être une solution d'urgence et de santé, notamment pour les personnes vulnérables. Et même les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le fameux GIEC, n'en préconisent pas l'interdiction.
En revanche, et là est le point qui nous intéresse aujourd'hui, la climatisation est, pour l'heure, indissociable d'un autre point fondamental: elle participe bel et bien au réchauffement climatique. Le même réchauffement climatique qui vous incite à vous procurer cette clim'. Une sorte de cercle vicieux caniculaire.
...la clim' nécessite de l'énergie et rejette des gaz polluants
Pour fonctionner, la climatisation nécessite de l'électricité. Pour produire cette électricité, de nombreux pays utilisent des énergies fossiles (charbon, gaz naturel, pétrole) qui rejettent des émissions de gaz à effet de serre et contribuent grandement au réchauffement climatique. Quand on allume la clim' dans ces pays-là, en bout de course, on participe au réchauffement climatique. Une situation inquiétante, alors que la consommation d'électricité pour ce type d'utilisation pourrait être multipliée par trois à l'échelle de la planète d'ici à 2050. Tout le monde a chaud (et surtout les classes populaires, n'en déplaise à Yann Barthès).
Et en France? La situation est quelque peu différente. L'électricité y est majoritairement décarbonée grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. L'impact de la climatisation n'est pas pour autant nul: lors des épisodes caniculaires, la forte demande en électricité peut nécessiter le recours à des centrales à gaz supplémentaires, augmentant temporairement les émissions. D'autant plus que les centrales nucléaires peuvent être à l'arrêt en cas de fortes chaleurs, comme cela a été le cas en cette fin de mois de juin.
À vrai dire, le principal problème de la climatisation ne vient pas tellement de sa consommation électrique, moins néfaste en France, mais plutôt des fluides frigorigènes qu'elle contient. Ces gaz permettent de transférer la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur. Et alors?
Le hic, c'est que lorsqu'ils s'échappent dans l'atmosphère à la suite de fuites, d'un défaut d'entretien ou même lors du recyclage des appareils, leur impact climatique est considérable. Certains de ces fluides possèdent par exemple un pouvoir de réchauffement plus de 2.000 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2)! Une bombe écologique, que l'Union européenne cherche notamment à réguler afin d'éliminer progressivement les climatisations les plus nocives.
Refroidit dedans, réchauffe dehors
Électricité, fluides frigorigènes: ça ne sent pas bon pour la clim', cette histoire. Et encore, nous n'avons pas évoqué l'un des paradoxes de la climatisation: pour refroidir un logement, cette dernière rejette en fait la chaleur… à l'extérieur. Dehors, dans la rue, là où il fait déjà trop chaud.
Ce point est loin d'être anecdotique. Dans les villes touchées par le phénomène des îlots de chaleur urbains, ce rejet peut véritablement augmenter localement les températures. La chaleur rejetée par la clim' s'accumule, réchauffe l'air, au point de faire augmenter les températures de 1 voire 2°C supplémentaires!
Vous voulez un exemple concret? À Lyon, une étude menée dans un quartier dense a par exemple mesuré une hausse locale pouvant atteindre… 1,75°C. Tout ça, rien qu'en utilisant de manière généralisée des climatiseurs en ville. À Paris? Si le parc de climatiseurs venait à doubler, l'augmentation de la température serait de 2°C.
Alors oui, ce phénomène, complètement fou quand on y pense, ne réchauffe que localement certains endroits du monde, les grandes villes notamment. Mais ce sont justement ces espaces qui sont déjà les plus difficiles à vivre lors des épisodes de chaleur extrême et où l'on a tendance à vouloir utiliser une climatisation. Le retour du cercle vicieux caniculaire.
Peut-on vraiment parler de «désastre climatique»?
Indiscutablement, la climatisation accentue bien le réchauffement climatique et agit comme un facteur aggravant des épisodes de chaleur. Au total, on estime qu'à l'échelle mondiale, le secteur du refroidissement représente entre 7 et 10% des émissions de gaz à effet de serre. En France, les chiffres sont moins alarmants: il représente environ 1% des émissions nationales de gaz à effet de serre et 3% de la consommation électrique du pays.
Si cet impact est réel et indéniable, il peut aussi être mis en perspective. Comparée à celle des transports, de l'industrie ou encore du chauffage fossile, la climatisation est loin d'être le vilain petit canard. Difficile, dès lors, de parler de véritable «désastre écologique» en soi.
Si les spécialistes tirent à ce point la sonnette d'alarme et épinglent autant la climatisation, c'est avant tout parce que nombre de personnes politiques –l'extrême droite en tête– la présentent comme une réponse aux canicules. Son utilisation est pourtant très loin d'être une solution miracle. Au contraire, sa démocratisation massive et incontrôlée ne ferait qu'aggraver un problème qu'elle cherche précisément à combattre. Elle s'inscrit aussi dans une dangereuse habitude des politiques consistant à répondre au problème climatique par des plans inadaptés, qui aggravent le phénomène, sans aucune planification à long terme et sans écouter les scientifiques, alors que notre société nécessite un véritable changement de paradigme face à l'urgence climatique.
Brandir la climatisation comme le remède à tous les maux caniculaires empêche le véritable débat: celui qui devrait nous pousser à avoir une réflexion sur la lutte globale contre le réchauffement climatique, sur nos modes de vie, la conception des bâtiments et l'aménagement urbain. D'autant plus qu'il existe déjà des climatiseurs naturels qui, en plus, captent du CO2: les arbres. C'est peut-être de ça qu'est fait le paradis.
Pourquoi envions-nous l'orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou résistent? Vous vous êtes sans doute déjà posé ce genre de questions sans queue ni tête au détour d'une balade, sous la douche ou au cours d'une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L'Explication répond à vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez à [email protected].





























.jpg)






French (CA)