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La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) invite la première ministre du Québec, Christine Fréchette, à renouveler le dialogue avec les syndicats aux quatre coins de la province. L'organisation amorce mardi, à Chicoutimi, une tournée des régions, afin de discuter des différents projets de loi qu’elle juge antisyndicaux et de leurs répercussions.
Les derniers mois ont été difficiles pour le climat social au Québec, juge le président de la CSQ, Éric Gingras.
Le pari de François Legault de jouer à la politique de la division pour essayer de remonter dans les sondages, clairement, ça n'a pas fonctionné, lance-t-il, d’entrée de jeu, au micro de l’émission C’est jamais pareil.
Le président de l’organisation syndicale a encore de la difficulté à digérer les propos tenus par l’ex-premier ministre lors de son discours d’ouverture de la session parlementaire d'automne, en septembre.
Le premier ministre s’en était alors pris au régime syndical, en déclarant que le Québec est le champion des grèves en Amérique du Nord.
Il a marqué le pas en disant que les chefs syndicaux étaient presque des bandits, se désole M. Gingras, écorchant au passage l'adoption de la loi 14, portée par le ministre du Travail Jean Boulet, qui encadre les droits de grève et les cotisations des organisations syndicales.
Il croit toutefois que l’arrivée de Mme Fréchette au pouvoir est une bonne occasion pour mettre de côté ce qui s'est passé, de retravailler sur la collaboration, le dialogue social, d'avoir une rupture de ton avec ce qui était par le passé et d'être capable, justement, de travailler ensemble.
Ça reste le même parti
Même s’il salue le vent de fraîcheur à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ) et le remaniement ministériel qui l’accompagne, Éric Gingras ne croit pas que les orientations de la formation politique vont changer.
Ils ont quand même plus de sept ans et demi derrière la cravate. Ça reste le même parti.
On aimerait avoir des signaux. [...] Regardez en éducation, notamment, dans la course à la chefferie, on n'a pas vraiment parlé d'éducation. On a parlé de l'immeuble école, comme quoi il fallait le rénover, mais il se passe des affaires dedans.
Il profitera par ailleurs de son passage dans les régions pour aborder certains sujets importants aux yeux des membres de son organisation, comme l’augmentation de la violence dans les milieux scolaires.
Selon lui, ces discussions doivent réinvestir l’espace public.
Maintenant, il faut se concentrer sur ce qu'on veut de notre école au Québec. Il y a un gros chantier qui dépasse les murs d'un établissement.
Pas de politique partisane
Éric Gingras croit bon aussi de réfuter les critiques, dont celles du gouvernement, qui prétendent que les organisations syndicales agissent en fonction de leur positionnement politique.
C'est quoi, faire de la politique? [...] Quand je parle de violence dans nos milieux, certains diront que je fais de la politique parce que je ne parle pas de négociation. Pour nous, faire de la politique, c'est s'impliquer politiquement auprès d'un parti. On ne fait pas ça, mentionne-t-il.
La mission de la CSQ, ajoute-t-il, est de défendre les intérêts de ses membres, dont une grande partie représente le milieu de l’éducation.
Quand les parents croisent un prof, une secrétaire, ce n’est pas le syndicat qu'ils voient, ils voient le visage humain qui travaille sur le terrain. Nous, on porte cette voix-là à travers le Québec, conclut-il.


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