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Il y a cinq ans, le pasteur Paul Mukendi échappait à une peine d'emprisonnement de dix ans pour agressions sexuelles en fuyant le Québec pour son pays natal, la République démocratique du Congo (RDC). Il semble aujourd’hui bien peu probable, selon des experts, que le fugitif se retrouve prochainement derrière les barreaux d'une prison canadienne.
L’absence de traité d’extradition entre le Canada et l’État congolais met des bâtons dans les roues des autorités pour mettre la main sur l’homme de 48 ans.
Ça prendra 5 ans, 10 ans, 15 ans, mais tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas de traité, ça sera peu probable [qu’il soit arrêté], explique Me Hugues Langlais, avocat en droit de l'immigration. Les ressortissants d'un pays sont généralement protégés par le gouvernement en place, sauf s'il y a un traité qui permet justement d'y déroger.

Me Hugues Langlais, avocat en droit de l'immigration. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), également impliqué, convient, de son côté, que « les outils internationaux permettant le rapatriement de M. Mukendi sont limités » en l'absence de traité. L'organisme ajoute dit avoir fait « toutes les démarches possibles auprès des autorités compétentes afin que M. Mukendi soit traduit devant la justice canadienne ».
Nous sommes dans l’impossibilité de préciser davantage publiquement ce qui a été accompli sans compromettre ces démarches
En cavale depuis 2021
Le 18 août 2021, le pasteur évangéliste Paul Mukendi prenait la fuite et quittait le pays, alors qu’il devait se rendre à un centre de détention deux jours plus tard pour purger y sa peine. Il avait alors utilisé le passeport de son frère pour tromper les agents de bord.
La veille de sa fuite, il convoque les médias à un point de presse, clamant son innocence, mais assurant qu’il purgerait sa peine.

Paul Mukendi, à son domicile de Kinshasa, rencontré en 2025 par Radio-Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Depuis, il poursuit ses activités religieuses et publie régulièrement sur ses réseaux sociaux, depuis Kinshasa, la capitale de la RDC.
L’église que Mukendi dirigeait à Québec, le Centre évangélique Parole de vie situé sur le boulevard Pierre-Bertrand, est toujours en activité. Encore le mois dernier, le pasteur donnait une messe depuis Kinshasa, diffusée en direct au centre.
En 2020, il a été condamné à 8 ans d’emprisonnement pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente, âgée de 14 ans au moment des faits. Un an plus tard, il a été reconnu coupable d’une autre agression sexuelle et condamné à purger deux années supplémentaires en prison.
Un traité possible?
Une entente spécifique peut toujours survenir entre les deux pays, spécifie l’avocat en droit d’immigration, Me Andrew Barbacki. Un tel accord peut cependant prendre plusieurs années à voir le jour.
Le temps de faire démarrer un plan d'action au Canada et de procéder pour une première fois à une extradition spécifique avec le Congo, il me semble que ça risque de prendre du temps , mentionne-t-il.
Les forces policières canadiennes doivent donc motiver celles du Congo, indique Andrew Barbacki.
Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui mène l'enquête, n’a pas voulu commenter.

Le pasteur Paul Mukendi tient toujours des événements religieux en République démocratique du Congo. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pour le moment, rien n’empêche Paul Mukendi de demeurer dans son pays d’origine, loin des prisons canadiennes.
Il n’y a rien qui puisse être fait pour le sortir de la République démocratique du Congo. Il ne peut pas être contraint de sortir , note Me Langlais.
Il va continuer de couler de nombreux jours sous le soleil du Congo avant que ça se fasse
Mukendi pourrait être arrêté seulement s’il revenait au Canada ou s’il se rendait dans un pays qui possède un accord d’extradition avec le gouvernement canadien.
Le fait que cela dure, c'est un peu normal, je pense, étant donné les complications d'une telle affaire internationale , nuance toutefois Me Barbacki.
Avec la collaboration de Bryan Rochon et Raphaël Beaumont-Drouin


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