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Le Parti québécois (PQ) reproche à la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir « fait le dos rond » dans ses négociations énergétiques avec le gouvernement terre-neuvien, et ainsi d’avoir fait perdre du terrain au Québec dans le dossier de la frontière contestée avec le Labrador.
À la fin juin, le PQ a déposé son tant attendu livre bleu sur l’indépendance. Une section est notamment consacrée au territoire du Québec, et plus précisément à la frontière qui sépare la Basse-Côte-Nord et le sud du Labrador.
Hérité d’un jugement du Conseil privé de Londres en 1927, ce tracé n’a jamais été reconnu par le gouvernement du Québec. Il ne peut plus réalistement être contesté aujourd’hui, reconnaît le PQ, qui opte plutôt pour « un règlement politique, voire une compensation financière ».
Mardi, en marge d’une conférence de presse à St. John’s, à Terre-Neuve, le gouvernement terre-neuvien a toutefois balayé du revers de la main ces options, qui sont « complètement exagérées » à ses yeux. « Le dossier est clos depuis longtemps », a lancé le premier ministre de la province atlantique, Tony Wakeham.
« Concessions majeures »
Offusqué de cette réponse, le député du PQ Alex Boissonneault a pris la plume jeudi. Dans une lettre ouverte publiée sur les plateformes du Devoir, il accuse le gouvernement caquiste de Christine Fréchette d’avoir rompu avec la position historique du Québec vis-à-vis de la frontière avec le Labrador.
« Qu’elle remonte à 10 ans ou à 100 ans, une injustice demeure une injustice », a-t-il écrit. « Tous les gouvernements du Québec, quelle qu’ait été leur couleur politique, de Louis-Alexandre Taschereau à Bernard Landry, en passant par Maurice Duplessis et René Lévesque, ont maintenu la même position. »
« Tous les gouvernements du Québec ? Oui. À l’exception de la Coalition avenir Québec, qui n’a même pas cru bon rappeler le différend concernant la frontière lors de la conclusion du protocole d’entente de décembre 2024 avec le gouvernement terre-neuvien sur la centrale électrique de Churchill Falls. »
Selon l’élu d’Arthabaska-L’Érable, le gouvernement caquiste a fait des « concessions majeures », notamment « en accréditant la théorie que c’est Terre-Neuve qui est victime d’une injustice à cause du contrat de 1969 sur Churchill Falls ».
Ce dernier permet à Hydro-Québec d’acheter l’électricité produite dans cette centrale labradorienne à très faible coût. L’ex-premier ministre François Legault avait signé une entente de principe sur la réécriture de cet accord, mais le gouvernement Wakeham l’a rejetée et veut retourner à la table de négociation.
« Politiquement, ce que révèle une sortie comme celle de M. Wakeham [cette semaine], c’est que les premiers ministres des autres provinces, comme celui de Terre-Neuve, n’ont jamais eu à s’inquiéter, sachant que les caquistes feraient toujours le dos rond », a dénoncé Alex Boissonneault dans sa missive.
L’élu soutient que le Parti québécois sera toujours là pour « veiller au grain » concernant la frontière avec le Labrador.
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