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CDPQ Infra écarte la possibilité de prendre part à l’appel d’intérêt international lancé par le gouvernement caquiste afin de construire un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis.
Les orientations retenues par le gouvernement et le projet actuellement à l’étude relèvent désormais entièrement de sa responsabilité, précise Claudie Côté-Chabot, directrice des communications et des affaires publiques à CDPQ Infra.
Dans le cadre du Plan Cité, notre mandat incluait l’étude du besoin d’un nouveau lien routier interrives, poursuit la porte-parole. Ce mandat a pris fin avec le dépôt du rapport en 2024.
À ce moment, la direction de CDPQ Infra était claire à l’effet que les gains en mobilité ne justifient pas la construction d’un lien routier dans la Capitale-Nationale.
CDPQ Infra ne participera pas à l’appel d’intérêt pour le projet de lien interrives.
Visiblement, la volonté du gouvernement du Québec d’intégrer un péage au projet afin de le réaliser en partenariat public-privé (PPP) n’aura pas convaincu CDPQ Infra de modifier sa position.

Le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, à son arrivée à l'Assemblée nationale (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) sollicite les offres des consortiums internationaux jusqu’au 10 août. Il s'agit du second appel d'intérêt lancé pour la construction d'un lien interrives entre Québec et Lévis en mois de deux ans.
Non merci!
La Caisse a été claire quand elle a fait les études et le troisième lien, c’est non merci!, tranche l’expert en planification des transports et président de Gris Orange Consultant, Pierre Barrieau.
À son avis, la décision est loin d’être innocente puisque la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est récemment devenue propriétaire de la Concession A25, qui gère le seul pont à péage entre Montréal et Laval.
L’infrastructure est empruntée par plus de 50 000 automobilistes quotidiennement et a été construite en formule PPP avec le gouvernement provincial dès 2011.

Le pont à péage de l'autoroute 25 fait le lien entre Montréal et Laval. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / CBC
Le pont de l’autoroute 25, c’est effectivement une machine bien huilée qui produit des revenus sur un placement à un bon taux, remarque Pierre Barrieau.
Il rappelle cependant que le pont de l’A25 a coûté 500 millions à bâtir il y a 15 ans. Selon M. Barrieau, un troisième lien dans l’est coûterait probablement 20 fois plus cher et serait moins fréquenté.
Même s’il ne dispose pas d’études à cet effet, le spécialiste estime que la demande en déplacements entre Montréal et Laval ne peut être comparée à celle qui existe entre Québec et Lévis. En plus, le choix de bâtir le nouveau pont dans l'est l'éloignerait des principaux pôles d'emploi de la région, situés dans l'ouest.
La science ou l’idéologie?
Alors que les caquistes, conservateurs et libéraux appuieront tous un projet de troisième lien à l’est des centres-villes de Québec et de Lévis aux prochaines élections, Pierre Barrieau interpelle les chefs de partis.
Est-ce qu’on veut un projet à tout prix ou est-ce qu’on veut régler la congestion?, demande-t-il.
C’est devenu un débat idéologique à Québec et c’est dommage.
Selon Pierre Barrieau, la poursuite d’un troisième lien par la CAQ depuis 2018 s’est faite au détriment d’une foule de projets de mobilité qui pourraient avoir un effet concret dans la Capitale-Nationale.

L'autoroute Félix-Leclerc (A-40) est le secteur le plus achalandé dans la région de Québec. Les bouchons de circulation le matin et le soir sont presque systématiques. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
On doit blâmer la classe politique qui a décidé de ne pas défendre des alternatives qui sont meilleures et moins chères, soupire M. Barrieau.
Faute de moyens, le gouvernement caquiste a notamment annulé un projet de voies réservées vers la banlieue nord de Québec, repoussé la deuxième phase du réaménagement des échangeurs à la tête des ponts actuels et envoyé à la trappe un nouveau viaduc qui devait diminuer la congestion dans le secteur de Lebourgneuf.
Le projet de tramway, quant à lui, a été retardé durant des années et sa facture a plus que doublé.


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