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Après la tentative infructueuse du Parti vert de faire adopter une motion de censure contre la députée indépendante Tara Armstrong, le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Mike Farnworth, affirme que la Colombie-Britannique va étudier la façon dont les institutions démocratiques d’autres pays encadrent les propos jugés haineux en Chambre.
Les leaders parlementaires du Parti vert, du Parti conservateur, du NPD et le président de la Chambre, Raj Chouhan, ont convenu que la Colombie-Britannique examinera différentes juridictions comme l'Australie et le Royaume-Uni qui ont fait face à des situations où des élus ont proféré des propos haineux.
Cela survient alors que la députée de Kelowna-Lake Country-Coldstream, Tara Armstrong, a utilisé, le 23 avril, un slogan nazi, le sang et le sol, pour décrire les droits ancestraux prévus dans le traité moderne de la Première Nation K’ómoks présentement débattu à l’Assemblée législative.
Tara Armstrong a également affirmé que les peuples autochtones pratiquaient le cannibalisme jusqu'à ce que la Couronne mette fin à une ère de brutalité.
Honnêtement, ce sont des propos odieux qui dépassent les bornes, affirme Mike Farnworth, qui estime qu’il n’a jamais vu un tel comportement en Chambre.
Pendant mes 31 ans de carrière, je n'ai pas vu une motion de censure. Cela ne fait pas partie de nos procédures habituelles. Je n'ai aussi jamais vu de tels propos d'un élu. C'est aberrant.
Le président de la Chambre a demandé à Tara Armstrong de retirer ses propos, ce qu’elle a fait. Sinon, la procédure prévoit que les sergents d’arme fassent sortir la députée de la Chambre.
Pour le leader parlementaire des verts, Rob Botterell, ce n’est pas une réponse suffisante à la gravité des propos et à la publication, par Tara Armstrong, de son intervention en Chambre sur ses réseaux sociaux.
Pour qu’une motion de censure déposée par un parti d’opposition soit adoptée, celui-ci doit obtenir le soutien de tous les élus. Une motion de censure déposée par le gouvernement n’a besoin que d’une majorité.
La motion de censure force la députée à s'excuser et à ne plus tenir des propos haineux à l'avenir, comme elle l’a fait durant la dernière année. Lorsque la liberté d'expression franchit la ligne pour devenir un discours haineux, raciste et discriminatoire, nous devons tous agir.
Un autre aspect qu’étudie la Colombie-Britannique, c’est l’utilisation des médias sociaux par les élus pour véhiculer des propos haineux tenus en Chambre.
Lorsque vous retirez des commentaires en Chambre, mais que vous les publiez sur les réseaux sociaux, la question est de savoir s’il faut aussi demander à l’élu de les retirer de ces plateformes, précise Mike Farnworth.

Les députés indépendants Tara Armstrong et Jordan Kealy ont voté contre la motion de censure qui visait Mme Armstrong. M. Kealy a affirmé qu'il ne connaissait pas l'origine du slogan nazi « le sang et le sol », mais que, peu importe sa signification, Mme Armstrong avait déjà retiré ses propos et qu'elle ne devait pas être forcée de s'excuser.
Photo : Radio-Canada
Si la liberté d’expression des élus de la Chambre a été soulevée par le député indépendant Jordan Kealy, alors qu’il a été le seul a voté contre la motion de censure (en plus de Mme Armstrong), Mike Farnworth, Rob Botterell et le chef intérimaire du Parti conservateur, Trevor Halford, estime que la liberté d’expression n’est pas absolue.
Il y a des conséquences à nos gestes, et les gens doivent en être conscients. Nous avons reçu des survivants de l’Holocauste il y a quelques semaines qui nous ont raconté des histoires tragiques. Les propos de Tara sont répugnants.
À l’extérieur des pouvoirs de l’Assemblée législative, Mike Farnworth rappelle qu'il existe d’autres recours. Le pouvoir décisif, à mon avis, c’est l’électeur qui l’a, dit-il.
Ce pouvoir prend deux formes, explique M. Farnworth : une campagne de destitution, et l’ultime recours, ce sont les élections.
Tara Armstrong est présentement visée par une campagne de rappel qui tente d’amasser plus de 18 000 signatures en 60 jours, si Elections BC lui donne le feu vert.


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