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Le gouvernement de la Colombie-Britannique demande à nouveau à Ottawa d’adopter de meilleures restrictions en matière de réseaux sociaux et d’intelligence artificielle afin de mieux protéger les jeunes.
Cette réclamation intervient alors que le Manitoba a annoncé vouloir interdire l’accès aux réseaux sociaux et aux robots conversationnels chez les jeunes.
La Colombie-Britannique félicite le Manitoba d’avoir pris l’initiative d’imposer sa propre interdiction , affirme la procureure générale Niki Sharma. Mais nous croyons que, pour être efficaces, ces mesures de sécurité doivent être dirigées par le gouvernement fédéral.
Niki Sharma et le ministre d'État chargé de l'IA et des Nouvelles technologies, Rick Glumac, réclament à Ottawa un projet de loi sur les préjudices en ligne qui fixe des normes de sécurité minimales pour les jeunes.
Rick Glumac soutient que nous avons besoin de normes uniformes à l’échelle du Canada, applicables à toutes les entreprises du secteur de l’intelligence artificielle.
Niki Sharma indique que la forme de ces normes, comme un âge minimum pour utiliser ces plateformes ou les types de contenus à limiter en fonction de l’âge, sera déterminée par les experts . Selon elle, il est évident que des garde-fous plus rigoureux sont nécessaires.
Cela fait trop longtemps que nous donnons carte blanche aux entreprises technologiques les plus importantes du monde en les laissant se livrer à des expériences sur l’esprit de personnes jeunes et vulnérables.
Pour sa part, le Parti vert de la Colombie-Britannique rappelle que les risques de l’intelligence artificielle touchent aussi les adultes. D’après les verts, la législation revendiquée par la province n’irait pas assez loin.

Le ministre d'État chargé de l'IA et des Nouvelles technologies, Rick Glumac, à gauche, lors du remaniement du cabinet de David Eby, à droite (Photo d'archives).
Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito
Gavin Dew, porte-parole en matière d’intelligence artificielle pour le Parti conservateur de la Colombie-Britannique, estime qu’une interdiction à elle seule ne suffira pas. D’après lui, les jeunes sont en mesure de contourner les mesures d’interdiction.
À la place, il propose de travailler avec les entreprises qui possèdent ces réseaux sociaux et ces robots conversationnels. Ils doivent faire partie de la solution , dit-il. Nous devons faire pression sur les entreprises pour nous assurer qu'elles jouent leur rôle, mais le point de départ doit être la collaboration.
Des revendications répétées
Ce n’est pas la première fois que la procureure générale fait de telles demandes au gouvernement fédéral. Nous le revendiquons et le faisons depuis la dernière année, souligne-t-elle.
Le mois dernier, elle a discuté de l’enjeu avec le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, et le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon.
La rencontre avait pour but de revendiquer un meilleur encadrement des plateformes d’intelligence artificielle et de réseaux sociaux, suite à la tragédie de Tumbler Ridge. L’auteure de la fusillade avait utilisé Chat GPT, et posé des questions sur la violence armée au robot conversationnel.

La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma (Photo d'archives).
Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck
De la tragédie de Tumbler Ridge à l’utilisation de l’IA pour générer des photos explicites falsifiées de mineurs [...] aux agents conversationnels conseillant aux jeunes comment mettre fin à leur vie, il est devenu évident qu’on ne peut plus faire confiance aux entreprises pour s’autodiscipliner, affirme la procureure générale.
Le gouvernement fédéral a annoncé à la mi-avril qu'il envisageait « très sérieusement » d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.
Mais si Ottawa ne prend pas les devants pour encadrer l'accès à ces plateformes chez les jeunes, la Colombie-Britannique prendra les choses en main, affirme Mme Sharma.
Par ailleurs, la procureure générale croit que cela aiderait si toutes les provinces se mobilisaient ensemble pour mieux protéger les jeunes aux risques liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle.
Cependant, l'idée de restreindre l’accès à ces plateformes à l'échelle provinciale fait son chemin au pays, même à l'extérieur du Manitoba.
Par exemple, l'Ontario envisage non seulement d'interdire les réseaux sociaux chez les jeunes, mais aussi les téléphones cellulaires en classe. Puis, plus tôt ce mois-ci, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a soulevé l’idée d'interdire les réseaux sociaux chez les moins de 16 ans, en proposant d’abord de solliciter l'avis de la population à ce sujet.
Avec les informations de La Presse Canadienne et de l’émission The Early Edition


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