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Il faut marcher par là, pour aller là-bas. Puis, on s’arrête ici et là, pour faire des découvertes. Jusque-là, tout va. Il fait bon se promener sur les sites olympiques à Milan, la marche est officiellement un sport d’hiver sous la pluie.
Pas de panique, les JO ne commencent que demain, on traversera le pont quand on sera rendus à la rivière. Les Italiens se font confiance, les derniers préparatifs porteront bien leur nom, jusqu’à la fin.
Certains panneaux pour indiquer les directions sont encore emballés d’un plastique transparent. Mais au moins, ils sont là, placés tous ensemble, il suffit de ne pas se fier aux flèches.
Dans une station de métro, juste au-dessus des portes du train, un mur est dédié à des inscriptions d’exploits olympiques. On se sent presque comme chez nous.
Les noms des hockeyeuses Hayley Wickenheiser, Caroline Ouellette et Jayna Hefford sont écrits en grosses lettres pour souligner leur nombre de médailles olympiques. On rappelle aussi la victoire écrasante de 33-0 de l’équipe masculine canadienne contre la Suisse à Chamonix en 1924. Avec, en prime, une photo de Sidney Crosby pour nous rappeler son but en or aux Jeux de Vancouver en 2010.
Merci pour les délicatesses.
Mais où sont les patinoires? La route est longue. En sortant du métro, il faut faire un grand détour parce la barrière n’est pas ouverte.
Dans quelle direction? Probablement par là, nous irons jusqu’au bout, puis on verra.
Un partage d’informations s’impose entre deux duos errants de reporters, l’un canadien, l’autre chinois.
Ensemble, nous livrerons le même combat, c’est-à-dire se rendre à destination armés de notre cellulaire et d’un GPS.
Les deux gars from Canada, comme ils nous appellent, Frédéric et moi, ne peuvent malheureusement venir à leur rescousse. Il faudra unir nos forces.
J’irai où tu iras, convenons-nous humblement, à la manière de Céline Dion et de Jean-Jacques Goldman dans leur chanson.

Des gens marchent dans les rues de Bormio, en Italie, le 4 février 2026.
Photo : Associated Press / Rebecca Blackwell
On découvre l’immensité des lieux. Les pas s’accumulent, notre moyenne de la semaine sera à la hausse grâce à aujourd’hui.
Comme un vieux sage a déjà dit : On avance, puis on continue.
La conversation va bon train. On se découvre mutuellement. Les relations entre le Canada et la Chine sont harmonieuses.
L’un des deux Chinois est descripteur des matchs de hockey. Cela pique ma curiosité. Il me demande si je peux l’aider à prononcer correctement le nom de la capitaine du Canada.
- Tu veux dire Marie-Phil Poulin?
- Oui, Poulanne, crois-je entendre.
L’échange devient de plus en plus sympathique.
Son Poulin n’est clairement pas à point.
Nous marchons alors ensemble en répétant à voix haute le nom de famille de la Beauceronne, fort probablement le plus populaire dans sa région, mais rarement entendu avec un si fort accent chinois.
Mon collègue cameraman Frédéric Tremblay est même tenté d’ajouter sa touche, mais le Charlevoisien laisse le Beauceron terminer sa leçon.
L’enseignement porte ses fruits. Mon nouvel ami maîtrise la prononciation.
Le but de Marie-Philip Poulin!, lance-t-il avec justesse avant que nous soyons rendus à la prochaine intersection et que nous puissions enfin tourner vers la droite.
Il reste encore un bon bout de chemin à l’horizon avant notre prochain virage. Notre périple se poursuit...
Le jeune homme dans la trentaine m’en apprend beaucoup sur sa passion pour le hockey. Son histoire est fascinante.
Il décrit plus d’une centaine de matchs de hockey par année. Il s’est même rendu à Edmonton pour la finale de la coupe Stanley et il garde de bons souvenirs du Canada.
La finale des Jeux olympiques à Vancouver est le premier match de hockey que j’ai regardé à la télévision. C’est Iginla qui a fait la passe à Crosby.
Il faudra qu’il améliore un peu sa prononciation d’Iginla, dont le in sonne dorénavant comme dans Poulin, mais je saisis bien son propos. Il est franchement un connaisseur.
J’ai tellement aimé le hockey sur glace et sa vitesse que j’ai commencé à en faire la description à la place du soccer il y a de nombreuses années, ajoute-t-il.
Il avoue avoir appris à patiner sur le tard.
J’ai déjà chaussé les patins, mais seulement après avoir fait mes premières descriptions de matchs de hockey. C’est vraiment difficile quand tu es grand comme moi!
Un rappel à l’ordre est nécessaire.
C’est difficile quand tu es petit aussi!

L'aréna Santa Giulia, de Milan, sera le théâtre du tournoi de hockey olympique.
Photo : Associated Press / Luca Bruno
On arrive enfin à la patinoire après de multiples pirouettes pour s’en approcher. Les bénévoles italiens s’excusent de ne pas être encore à la hauteur pour gérer la circulation et nous redirigent vers un autre lieu réservé aux journalistes.
Ce beau moment avec un collègue étranger demeurera dans l’anonymat ou presque. Il a préféré ne pas accorder d’entrevue dite officielle et je n’ai pas insisté outre mesure. Demander la permission semblait une tâche un peu compliquée.
Mais après réflexion, j’ai jugé qu’il fallait tout de même raconter cette histoire. Simplement pour démontrer l’intérêt que suscite le hockey, même en Chine et pour rendre hommage à un jeune descripteur passionné qui aspire un jour à peut-être devenir le Pierre Houde chinois.


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