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GRAND RÉCIT - Face au mur de la dette, les révolutionnaires ont annulé les deux tiers de leurs créances en 1797. Ils ont ainsi spolié d’innombrables épargnants et réduit à néant la confiance des Français envers l’État.
Le mur de la dette se rapproche. Face à ce péril, certains proposent, non de réduire les dépenses publiques, mais de spolier les créanciers de l’État. Or refuser de payer ses dettes a été pendant des siècles, pour nos gouvernants, une pratique courante qui a ruiné de nombreux Français. Ce fut le cas, en particulier, pendant la Révolution. En 1797, les révolutionnaires ont décrété «la banqueroute des deux tiers» alors qu’ils avaient promis, depuis la prise de la Bastille, que l’État respecterait ses engagements.
Tout commence en 1789. L’État royal, qui vivait à crédit, avait pris l’habitude d’émettre des obligations, qu’on appelait des «rentes». Les acquéreurs de ces obligations étaient dénommés «rentiers». Ce terme, à l’époque, n’a rien de péjoratif. La rente est presque le seul produit financier connu des Français de l’époque. Sous Louis XVI, presque toute la bourgeoisie, même la plus modeste, en possède. Or, tout au long du règne, la dette publique représente 80 % du PIB en moyenne. « Durant…


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