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Comme attendu, la Banque du Canada a maintenu mercredi ses taux d’intérêt inchangés pour une cinquième fois consécutive.
Comme prédit par les analystes et les marchés, la banque centrale canadienne a gardé son taux directeur à 2,25 % mercredi matin, soit au niveau où il se trouve depuis le mois d’octobre. Selon LSEG Data&Analytics, cité par La Presse canadienne vendredi, les marchés financiers attribuaient même à ce scénario une probabilité de 95 %. Fidèle à son habitude, la Banque du Canada a prévu une conférence de presse plus tard en matinée pour expliquer sa décision.
Dans une déclaration préliminaire, son gouverneur de la Banque, Tiff Macklem, a constaté que « l’économie est restée au ralenti et [que] l’inflation a augmenté » depuis la dernière décision depuis sa dernière réunion de politique monétaire du mois d’avril.
Déjà aux prises avec une situation embrouillée, la Banque du Canada avait estimé, à sa dernière réunion de politique monétaire du mois d’avril, que le conflit au Moyen-Orient n’avait pas d’effet réclamant son intervention immédiate, l’économie canadienne apparaissant, en même temps, y profiter et subir de modestes impacts. Au cœur de sa mission, l’inflation, de son côté, restait sous contrôle, l’envolée des cours du pétrole ne se transmettant pas encore aux prix des autres biens et services.
« La combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée de l’inflation pose un dilemme pour la politique monétaire, a rappelé mercredi Tiff Macklem. D’un côté, augmenter les taux pour freiner l’inflation risquerait d’affaiblir davantage l’économie. De l’autre, les baisser pour soutenir la croissance accentuerait le risque que l’inflation élevée devienne persistante. Pour le moment, maintenir le taux directeur inchangé permet d’équilibrer ces risques. »
« Cependant, l’incertitude est plus élevée que d’habitude, et les risques pourraient changer, a précisé le gouverneur. Nous pourrions devoir ajuster notre politique monétaire rapidement » si, par exemple, de nouveaux tarifs américains venaient plomber l’économie canadienne ou qu’un prolongement de la crise au Moyen-Orient soufflait sur le feu inflationniste.
Pas de récession
Jusqu’à présent, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les cours du pétrole ne se sont pas transmises aux prix de l’ensemble des biens et services, note-t-on. Si la variation sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté (de 1,8 % en février à 2,8 % en avril), elle reste à l’intérieur de sa fourchette cible allant de 1 % à 3 %. Qui plus est, lorsqu’on en exclut l’essence, cette mesure de l’inflation a reculé, depuis le début de l’année, de 3 % à 2 %.
Les membres du Conseil de direction de la Banque se sont entendus « pour regarder au-delà de l’impact à court terme de la guerre [au Moyen-Orient] sur l’inflation, mais si les prix de l’énergie restent élevés, nous ne laisserons pas leurs effets se transformer en inflation persistante et généralisée », a expliqué Tiff Macklem.
Sur le front de l’économie, la Banque du Canada semble écarter du revers de la main cette histoire de soi-disant « récession technique » évoquée récemment parce que le pays vient de connaître, de justesse, deux trimestres consécutifs de croissance négative.
Elle admet que la vigueur de l’économie a été inférieure en début d’année à ses prévisions de la fin du mois d’avril, mais ajoute que « les données récentes laissent croire que la croissance du [produit intérieur brut] va reprendre au deuxième trimestre, avec une hausse soutenue des dépenses de consommation et une activité plus stable sur le marché du logement ».
Le repli total du produit intérieur brut (PIB) en six mois, de seulement 0,28 %, n’est pas le « déclin prononcé, persistant et généralisé de l’activité économique réelle » qui caractérise une véritable récession, avait expliqué, la semaine dernière, le Conseil du cycle économique de l’Institut C.D. Howe, l’autorité reconnue en la matière.
Répétez après moi : « illustratif »
Durant la conférence de presse, le gouverneur Macklem en profitera peut-être aussi pour réexpliquer aux marchés financiers la signification des mots « scénario illustratif », disait vendredi l’économiste Royce Mendes du Mouvement Desjardins.
Voulant explorer les impacts possibles d’une crise au Moyen-Orient qui s’intensifierait et se prolongerait, ils avaient cru bon d’ajouter à leur véritable scénario de référence un « scénario illustratif » dans lequel les cours du pétrole resteraient supérieurs à 100 $ le baril au-delà de 2028.
Dans ce cas de figure, la Banque du Canada disait qu’elle pourrait alors devoir procéder à deux hausses de ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage chacune. Il n’en fallait pas plus, soupire Royce Mendes, pour que les marchés financiers intègrent ce simple exercice de réflexion dans leurs anticipations.


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