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Plus de deux cents personnes ont manifesté samedi après-midi au centre-ville de Montréal pour montrer leur soutien aux mobilisations lycéennes en France et dénoncer les violences policières qui ont lieu de l’autre côté de l’Atlantique, mais aussi au Québec.
Des slogans comme « Système en chute, jeunesse en lutte » ou « Même crise, même combat, la France montre la voie » étaient scandés en chœur par les manifestants, réunis au Square Phillips.
« [Le fait] qu’on soit ici pour les soutenir, ça leur envoie un message qu’ils sont écoutés et qu’on vit la même chose et qu’ils ne sont pas seuls », a affirmé Héloïse Richard, venue manifester en solidarité avec les étudiants français.
Étudiante en droit à l’Université de Montréal, elle estime « qu’il est temps » que les étudiants québécois se mobilisent à leur tour, puisqu’ils « ont les mêmes problèmes que les étudiants en France ».
Plusieurs groupes de manifestants distincts ont convergé vers le square Phillips à 15 h, samedi. Si la solidarité avec les lycéens français était au cœur du rassemblement, les revendications portaient également sur les violences policières en France et à Montréal, la précarité étudiante, le coût de la vie, et les craintes d’austérité liées aux coupes annoncées par le nouveau gouvernement péquiste.
Les manifestants ont ensuite marché dans les rues du centre-ville de Montréal.
« Austérité en enseignement supérieur »
Au-delà de la solidarité internationale, la manifestation a aussi été l’occasion de mettre en lumière des préoccupations propres au milieu étudiant québécois.
« Le but de la manifestation aujourd’hui c’est, entre autres, d’être en solidarité avec le mouvement étudiant français, mais aussi de mettre en lumière les problématiques au niveau de l’accès à l’enseignement supérieur ici au Québec », a expliqué Loïc Goyette, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), en entrevue avec Le Devoir.
Bien qu’il reconnaisse les différences entre les systèmes d’éducation français et québécois, M. Goyette estime que les deux modèles sont confrontés à des enjeux similaires, notamment en matière de financement et d’accès aux études supérieures.
Frédéric Beaudet, secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), qui partage ce constat, dénonce « l’austérité en enseignement supérieur » et la « précarité étudiante ».
Dans ce contexte, la FAECUM a formulé quatre revendications à l’intention du nouveau gouvernement péquiste. La fédération étudiante demande une augmentation des prêts et des bourses, la rémunération de tous les stages, ainsi que des mesures pour lutter contre l’insécurité alimentaire étudiante et pour atténuer les effets de la crise du logement « qui touche particulièrement la communauté étudiante », selon M. Beaudet.
Violences policières
Présents en solidarité avec les lycéens et les étudiants français, plusieurs manifestants rencontrés par Le Devoir ont exprimé leur consternation face à la forte répression policière en France.
« Je suis révolté par la répression et la manière dont le mouvement est accueilli », a déclaré Simon Noirhomme, un étudiant belge en échange universitaire à Montréal. « Ça devrait se faire de manière plus pacifique et j’aimerais que les revendications soient vraiment entendues au-delà des violences symptomatiques qui se passent à certains endroits. »
Frédéric Beaudet, de la FAECUM, s’est dit « malheureusement pas surpris ». « À chaque fois qu’il y a des mouvements étudiants, des mouvements de jeunes, la répression policière est souvent très forte. On l’a vu en 2012, justement au Québec […] on l’a vu dans la dernière année également au Népal et à Madagascar. »
« Je trouve ça honteux », a laissé tomber Laurence Dechassey, conseillère des Français de l’étranger pour La France insoumise (gauche radicale). « Ça me fait vraiment mal. On tape des enfants. Les enfants, c’est l’avenir du pays. »
Les dénonciations des violences policières ne se limitaient pas à la situation française. Emily Fleming-Dubuc, militante Inuk et cofondatrice du Front de résistance autochtone populaire, s’est ainsi adressée à la foule pour dénoncer le comportement du policier montréalais du poste 21 qui aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance, selon des révélations de La Presse.
« Ça me fait beaucoup de peine d’être encore ici pour essayer de visibiliser [les] réalités [des personnes autochtones et des personnes en situation d’itinérance], mais ça prenait encore une esti d’affaire de même comme ce qui s’est passé au poste 21 », a-t-elle déploré avec beaucoup d’émotion. « Ça n’a pas de sens. »


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