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L’usine d’Atholville confrontée à certains des mêmes défis qu’à Nackawic

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L'usine de pâte de cellulose d'Atholville est confrontée aux mêmes défis qui ont ultimement mené à la fin des activités d'AV Group à Nackawic, une réalité qui n'est pas sans inquiéter dans la région.

AV Group a annoncé cette semaine la fin des activités de l'usine de pâte de cellulose de Nackawic pour cet automne, une décision qui laissera 350 travailleurs sans emploi.

L'entreprise, qui appartient à la multinationale indienne Aditya Birla Group, est aussi propriétaire de l'usine d'Athoville.

On y produit aussi de la pâte de cellulose à dissoudre, un produit utilisé dans la fabrication de textiles.

Comme à Nackawic, la production d'Atholville est majoritairement exportée vers des usines en Asie appartenant Aditya Birla Group.

Une usine dont les cheminées crachent de la fumée, en automne.

L'usine de Nackawic avait arrêté de commander du bois il y a un mois en prévision de la fermeture. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Directeur des relations gouvernementales et des communications pour AV Group, Mike Légère indique que la forte concurrence sur le marché international explique pourquoi ces usines néo-brunswickoises peinent à être concurrentielles à l’échelle mondiale et ne sont pas à l'abri d'une fermeture.

Le coût de l’électricité et de la main-d’œuvre au Nouveau-Brunswick explique, en partie, pourquoi la production au Nouveau-Brunswick peut difficilement faire concurrence aux usines ailleurs sur la planète.

Le gouvernement prévoit aider l’industrie

Bien qu'elle soit confrontée à plusieurs des mêmes défis qu'à Nackawic, l’usine d’Atholville n’est pas, pour l'instant, menacée de fermeture. La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, souligne que l’avenir n’est pas sans risque.

C’est une crainte oui, mais ce n’est pas ce qui arrive aujourd’hui, Atholville reste ouvert, les emplois restent.

Le ministre des Ressources naturelles, John Herron, dit lui aussi être inquiet pour l'avenir de l'usine d'Atholville. Au fil des ans, le manque d'investissements dans les infrastructures de l'usine de Nackawic a mené à la situation que l'on connaît aujourd'hui.

John Herron dans une salle de l'édifice de l'Assemblée législative.

John Herron, ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, avait témoigné des difficultés de l'usine de Nackawic lors de sa visite en mai 2025. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

[La fermeture], on ne veut pas que ça arrive à Atholville, soutient le ministre. Il n'y a pas de craintes immédiates, mais c'est le même cycle, où nous avons vu une usine où l'entretien a été reporté à plus tard et où il n'y avait pas d'investissements stratégiques d'année en année.

Nous voyons les effets de cette situation avec l'annonce de la fermeture à Nackawic.

Construite il y a 90 ans, l'usine d'Atholville sont aujourd'hui vieillissantes.

Le ministre Herron indique que son ministère se penche sur les causes de la fermeture annoncée à Nackawic afin d'éviter que l'usine d'Atholville ne connaisse un sort semblable.

La première ministre dit entretenir des conversations sérieuses avec AV Group au sujet de l’usine d’Atholville pour que la province puisse mieux prévoir les besoins.

Un soupir de soulagement

Selon le maire de la communauté rurale de Campbellton, Michel Soucy, le fait que les activités de l’usine de sa région ne soient pas encore touchées est une très bonne nouvelle.

Il semblerait que, pour le moment, on est épargné, on est bien heureux, puis on espère que l’usine va continuer à opérer, explique le maire, qui se dit de tout coeur avec la communauté de Nackawic.

Michel Soucy devant un passage à niveau.

Michel Soucy a été élu maire de la Communauté régionale de Campbellton en 2026, il a déjà été maire de l'ancienne municipalité d'Atholville par le passé. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Michel Soucy se souvient de la fermeture de l’usine d'Atholville, avant que AV Group ne relance ses activités en 1998.

C’est aussi à ce moment l'usine a délaissé sa production de pâte et papier et que celle-ci a été remplacée par une production de pâte de cellulose à dissoudre pour l'industrie du textile.

Depuis, la région a continué de diversifier son économie, mais plusieurs personnes dépendent encore de l'usine d'Atholville, qui compte environ 270 employés, dit M. Soucy. Une fermeture affecterait beaucoup la communauté des affaires, les employés et la communauté en entier.

Ça représente beaucoup [...], l’impact que ça peut avoir au niveau de la communauté, au niveau de l’économie locale, pour nous, c’est pas seulement au niveau de l’assiette fiscale.

Chaque usine s’influence

Malgré l'espoir ressenti dans la région, l'avenir demeure incertain pour l'usine d'Atholville, selon le professeur en économie forestière au campus d'Edmundston de l'Université de Moncton, Michel Soucy.

Michel Soucy dans son bureau.

Michel Soucy, professeur d'économie forestière au campus d'Edmundston de l'Université de Moncton, se désole de la fermeture de l'usine de Nackawic. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

D’après lui, la fermeture de l’usine de Nackawic aura des conséquences importantes sur l’ensemble du secteur forestier néo-brunswickois.

Chaque usine a une influence sur l’autre : si ça va mal pour une usine, ça risque d’avoir des répercussions sur les autres, explique-t-il.

La transformation du bois à l'extérieur de l'usine. Une grande machine détruit les morceaux de bois.

Leurs deux usines et les exploitations forestières d'AV Group emploient directement plus de 1200 personnes dans la province. (Photo d'archives)

Photo : Facebook/Forest NB - Forêt NB

Mais la fermeture de l’usine à Nackawic ne signifie pas la fermeture immédiate de l’usine d’Atholville.

N’empêche que c’est des conditions distinctes qui expliquent la fermeture qui est annoncée pour Nackawic, ajoute le professeur.

Selon lui, fermer des usines qui ne sont plus en mesure de composer avec la concurrence d'autres installations de la même entreprise est une décision tout à fait logique pour Aditya Birla Group.

La fermeture de l’usine de Nackawic ne sort donc pas de nulle part, selon lui.

Avec des informations de Nouemsi Njiké et de Nicolas Steinbach

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