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L’Union des producteurs agricoles (UPA) joint sa voix à celle d’autres groupes pour demander à Hydro-Québec de suspendre son appel d’offres pour l’acquisition d’énergie éolienne.
Hydro-Québec prévoit d’augmenter significativement sa production d’électricité, visant un doublement, voire un triplement, au cours de la prochaine décennie.
Pour atteindre cet objectif, l’entreprise mise sur d’importants projets de parcs éoliens à travers le Québec, y compris sur des terres agricoles. La compagnie a lancé un appel d’offres de partenariat public-privé pour générer entre 1 500 et 3 000 mégawatts dans le sud de la province.
La coordonnatrice responsable du dossier éolien du Regroupement vigilance énergie Québec, Janie Vachon-Robillard, a fait part des préoccupations du groupe, notamment, en lien avec les appels d’offres au privé.
Elle a soulevé le problème de cette approche, affirmant que cela amène une dénationalisation de la production d’énergie au Québec. Plus on produit d’énergie éolienne, plus ce sera un enjeu majeur . Le groupe s’inquiète donc de la dénationalisation progressive de la production énergétique du Québec.
Douze zones ont été identifiées par la société d’État, ce qui suscite l’inquiétude du puissant syndicat agricole.
Mais l’inquiétude ne se limite pas à l’installation des éoliennes. Les chemins d’accès et les lignes de transport d’électricité pourraient empiéter sur des territoires importants.
Ces groupes interpellent Hydro-Québec : pourquoi ne pas implanter ces projets dans le nord du Québec, dans des zones moins habitées et avec moins de terres agricoles ?
Quand Hydro-Québec fait ces appels d’offres, il n’y a pas de balises et de cadres qui sont émis, comme d’éviter la zone dynamique agricole et les érablières. Mais là, présentement, il n’y a pas des paramètres ou des balises qui sont données , souligne Martin Caron, président général de l’UPA.
Selon Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet, l'adhésion sociale n'est pas au rendez-vous . Elle estime qu'Hydro-Québec doit d'abord faire des efforts pour expliquer, entre autres, pourquoi la société d'État n'a plus de surplus d'énergie comme auparavant.
En 2023, on avait invité Hydro-Québec à venir rencontrer les citoyens, ce qu’ils ont toujours refusé, ajoute-t-elle.
Hydro-Québec répond
Hydro-Québec reconnaît l’absence de cadre actuel pour répondre aux préoccupations soulevées précédemment par Martin Caron. L’entreprise utilise actuellement un cadre établi il y a 20 ans et mis à jour en 2021. Selon la compagnie, des discussions sont en cours avec l’UPA afin d’élaborer un nouveau cadre.
D’autre part, on estime que le projet, dans le sud de la province, nécessiterait l’installation d’environ 400 éoliennes, occupant ainsi une superficie totale de 300 hectares. Cette zone est jugée relativement peu étendue par rapport à l’ensemble du territoire.
On est en échange actuellement, donc, dès qu’on s’entend sur un nouveau cadre, c’est celui qui pourra être utilisé , assure Maxence Huard-Lefebvre, porte-parole d’Hydro-Québec.
Il soutient que les territoires agricoles ne représentent qu’une très faible partie du territoire québécois, qui se chiffre en millions d’hectares. Pour nous, c’est clair, il n’y a pas d’enjeu de cohabitation , ajoute-t-il.
Dans une communication écrite, l’entreprise a affirmé que l’acceptabilité sociale des nouveaux projets est au cœur de la démarche d’Hydro-Québec .
Les groupes critiquent également le fait que l’électricité produite ne servira pas uniquement à répondre aux besoins des Québécois, mais aussi à des projets de développement économique.
Avec les informations de Alexandra Fortin


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