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Hydro-Québec tenait une journée porte ouverte mardi à Saint-Damien-de-Buckland, alors que la mobilisation citoyenne prend de l’ampleur contre le projet de ligne à haute tension à 315 kV.
À l’entrée de la Maison de la culture de Bellechasse, deux enfants accueillent les visiteurs avec des pancartes sur lesquelles on peut lire Les pylônes dans les Appalaches, non merci.
On fait l’école à la maison, alors c’est pour ça qu’on peut être ici cet après-midi, indique simplement la jeune Aurélie Bissonnette. Leur mère, Marie-Pier Lessard, est à la tête du regroupement citoyen Protection des Appalaches, fondé il y a trois semaines et qui rejoint déjà quelque 450 personnes sur Facebook.

Louis, Eliane et Laurent Bissonnette accueillaient les résidents de Bellechasse à l'extérieur de la Maison de la culture.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
La citoyenne de Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland déplore qu’il soit minuit moins une alors que la société d'État dévoilera le tracé choisi à la fin de l'année pour l'axe Appalaches–Bas‑Saint‑Laurent qui relie le poste des Appalaches à Saint-Adrien-d'Irlande au Bas-Saint-Laurent.
Parce qu'on se le cache pas, si on dit oui à cette autoroute électrique là, qu’elle soit dans les airs ou qu'elle soit souterraine, on ouvre la porte aux projets éoliens qui s'en viennent, affirme-t-elle.

Marie-Pier Lessard accueillait les citoyens à l'extérieur de la bâtisse où se tenait la séance d'information d'Hydro-Québec.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
De fait, Hydro-Québec reconnaît que des projets éoliens futurs pourraient éventuellement s'arrimer à la ligne, tout en excluant les projets déjà en chantier en Chaudière-Appalaches. C'est sûr qu'en ajoutant cet axe-là, il ouvre des possibilités d'intégration [de projets éoliens], affirme Hélène Perrault, chef de projet à Hydro-Québec.
Neuf journées porte ouverte
À l’intérieur de la bâtisse, une quinzaine d’employés d’Hydro-Québec reçoivent les citoyens, dont un médecin, pour répondre aux gens qui auraient des craintes par rapport aux champs électromagnétiques, explique Alexandre Pelletier, conseiller en relation avec le milieu. Sur les tables, des cartes des tracés et des échantillons de câbles que les participants peuvent toucher.

Une table sur laquelle se trouvent des échantillons de câbles, notamment.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Jusqu’au 1er avril, Hydro-Québec organise ces journées portes ouvertes, offrant également des rencontres individuelles avec les citoyens ciblés par les options de tracés alors que quelque 500 propriétaires sont potentiellement touchés.
On va prendre l'information des propriétaires touchés, du grand public. Est-ce qu'il y a des éléments qu'on n'a pas captés ou un niveau de précision qu'on peut pas avoir au niveau des recherches qu'on a faites à ce jour? Donc, l'idée, c'est de compiler tout ça, résume Louis Grenier, ingénieur chez Hydro-Québec.

Dans Bellechasse, trois variantes de tracés sont proposées par endroit.
Photo : Carte fournie par Hydro-Québec
Hydro-Québec s’est toutefois abstenue de distribuer des pamphlets détaillant les compensations financières que les citoyens pourraient recevoir, contrairement à la première rencontre qui s'est déroulée à Kinnear's Mills le 24 février dernier. On veut s’assurer d’être arrimé sur la bonne information à distribuer, note Alexandre Pelletier.
L’UPA de la Chaudière-Appalaches avait critiqué cette façon de procéder alors que le renouvellement de l’entente entre les deux organisations concernant le passage des lignes de transport d’électricité en milieux agricole et forestier n’a pas encore été entériné.
C'est déjà décidé
Une cinquantaine de personnes, majoritairement des aînés, en ont profité pour poser leurs questions. D’autres citoyens étaient attendus en soirée. Certains sont peu optimistes face au choix des tracés. Là, ils viennent nous informer par politesse, mais c’est fait, indique l’ancien maire d’Armagh, Gaétan Chabot, dont la propriété est ciblée par l’un des tracés.
L’érablière, c'est de génération en génération, c'est la quatrième génération, puis là, je la passe à mon fils. Tu sais, c'est comme la prunelle de nos yeux, ajoute M. Chabot.

Christian Dumas est résident de Sainte-Claire et ne s'oppose pas au projet d'Hydro-Québec.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Mais il n’y a pas que des opposants, d’autres constatent la nécessité de la ligne à haute tension. Si on veut continuer à charger nos tablettes - tout le monde est toujours après son maudit téléphone - bien ça va prendre du courant quelque part, indique Christian Dumas, un citoyen de Sainte-Claire.
Bellechasse pour l'enfouissement
Lundi, les maires de Bellechasse ont adopté une résolution réclamant l’enfouissement de la ligne à haute tension.
Je suis convaincu que le projet va avoir lieu. L'idée c'est de diminuer l'impact de la cicatrice sur notre territoire, indique Bryan Dionne, maire de Saint-Malachie.

Bryan Dionne est maire de Saint-Malachie.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Mais Hydro-Québec reste ferme, l'axe Appalaches–Bas‑Saint‑Laurent qui relie le poste des Appalaches à Saint-Honoré-de-Témiscouata sur 260 km est un projet aérien. L'enfouissement, c'est pas une option pour des raisons techniques, pour des raisons économiques, réitère Hélène Perrault.
Mais on est à la recherche de solutions, par contre, donc on entend le message, on entend les préoccupations, ajoute-t-elle.
La MRC de Bellechasse, avec neuf municipalités touchées par les tracés, est la seule à s’être positionnée.
Mobilisation dans une localité de Montmagny
Dans Montmagny, les citoyens de Sainte-Euphémie-sur-Rivière-du-Sud sont invités à se prononcer mercredi soir sur le projet lors d’une séance extraordinaire.
Je m’attends à ce qu’il y ait des propositions pour s’opposer carrément au projet d’Hydro-Québec, peut-être une proposition pour éliminer un tracé plus au sud […] on le sait pas encore, affirme le maire Daniel Mercier, dont le terrain est lui-même ciblé par Hydro-Québec.
En attendant la fin des consultations d'Hydro-Québec, plusieurs espèrent encore que leur propriété ne sera pas retenue. Comme je lui ai dit à la madame [d'Hydro-Québec], c'est pas grave si vous passez pas chez nous, résume Louis Bouchard, en quittant la rencontre, avant de reprendre la route vers sa résidence de Lac-Etchemin.


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