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La décision de l’Ontario de ne pas autoriser les employeurs des régions rurales à embaucher davantage de travailleurs étrangers temporaires pour pourvoir des postes à bas salaire suscite des réactions mitigées.
Jeudi, le ministre ontarien David Piccini a informé la ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, que l’Ontario ne participera pas à deux mesures fédérales visant à faire hausser le nombre de travailleurs étrangers, car la province veut permettre à davantage de jeunes d’obtenir un emploi.
Alors que le taux de chômage des jeunes dépasse les 15 % dans la province, les gens s’attendent avec raison à ce que les gouvernements collaborent afin de créer les conditions permettant aux entreprises d’investir, de croître et de générer des emplois bien payés pour les travailleurs locaux.
En vertu de mesures temporaires entrées en vigueur au printemps dans certaines provinces, la proportion de travailleurs étrangers occupant des postes à bas salaires passe d’une limite de 10 % à 15 %. Les entreprises peuvent aussi conserver la proportion actuelle de travailleurs étrangers dans ces postes.
Les mesures fédérales sont uniquement en vigueur du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 dans les provinces et les territoires qui ont accepté d’adhérer à la politique. Pour l’instant, six provinces et territoires participent à au moins une des deux mesures.
Pour répondre au manque de main-d’œuvre
Emploi et Développement social Canada a justifié sa décision d’augmenter la proportion maximale de travailleurs étrangers temporaires en citant les graves pénuries de main‑d’œuvre dans certaines communautés rurales, causées notamment par de faibles taux de chômage.
Le ministre Piccini dit que l’Ontario se concentrera à protéger les travailleurs ontariens et s’assurera que les entreprises se servent pleinement de notre main-d’œuvre locale de classe mondiale en cherchant près de chez eux pour pourvoir des postes.
Une communauté d’affaires déçue
Colin Carmichael, le directeur général de la Chambre de commerce du comté de Huron, une région qui compte plus de 2500 fermes, se dit déçu de la décision de l’Ontario de rejeter la mise en application des mesures fédérales.
Nos employeurs dans le comté dépendent des travailleurs étrangers temporaires d’une manière qu’on ne voit pas dans d’autres régions en raison du faible taux de chômage chronique et du portrait démographique de notre secteur.
Le comté, dit-il, recense beaucoup de personnes plus âgées et peu de jeunes, qui occupent habituellement ces emplois moins bien rémunérés. La plupart des jeunes qui veulent travailler ont un emploi, car nous n’en avons pas tant que ça, résume-t-il.
Ça ne donnera pas grand-chose de plus
En revanche, Michel Dignard, vice-président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens, estime que la bonification du seuil de 10 % à 15 % n’aurait pas donné grand-chose côté agricole en Ontario.
M. Dignard dit comprendre la décision de l’Ontario puisque la population est assez grande. On n’a pas besoin de 5 % de plus, ajoute le représentant.
Il note toutefois que le secteur de la transformation alimentaire pourrait tirer profit d’un nombre plus grand de travailleurs étrangers. Beaucoup de monde ne veut pas aller là-dedans, observe-t-il par rapport au milieu.

Michel Dignard est le vice-président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO).
Photo : Radio-Canada / Jacob Taillefer Racine
Statistique Canada relève que 40 000 travailleurs étrangers temporaires sont arrivés au Canada entre 2000 et 2020 afin de travailler dans l’industrie de la fabrication d’aliments, qui comprend la transformation d’aliments.
Environ le trois quarts des travailleurs étrangers temporaires arrivés pour travailler dans cette industrie durant ces deux décennies étaient âgés de 25 à 44 ans, apprend-on en ligne.
Avec les informations de Bienvenu Senga


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