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L’œuvre de Jean-Philippe Pleau sera adaptée au grand écran

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CINÉMA. Le roman autobiographique à succès Rue Duplessis — ma petite noirceur aura droit à une adaptation au cinéma. Son auteur, le Drummondvillois Jean-Philippe Pleau, espère que le long métrage reflétera bien l’essence de son œuvre parlant de transfuge de classe et à quel point il est fier de son coin de pays.

La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a annoncé, en début juillet, son soutien financier à 22 projets en cours de développement. Parmi ceux-ci se retrouve le long métrage de fiction Rue Duplessis produit par la compagnie de distribution Maison4tiers.

L’emballement pour une transposition au grand écran est venu quelque temps après la publication de son roman, en avril 2024, raconte Jean-Philippe Pleau en entrevue téléphonique avec L’Express.

«Je pense qu’on a reçu quatre ou cinq propositions pour acheter les droits. Je me rappelle qu’à ce moment-là, j’étais complètement dépassé par le tourbillon médiatique concernant la sortie du livre. Ça m’a beaucoup surpris, tout comme les demandes pour l’adaptation en pièce de théâtre», relate-t-il au bout du fil.

Son choix s’est finalement arrêté sur la proposition de Maison4tiers qui résonnait le plus, selon lui, avec «sa sensibilité». La fondatrice et présidente de la compagnie de distribution, Chantale Pagé, explique que l’aspect universel de l’histoire est une des raisons qui a poussé la maison de production à vouloir réaliser une adaptation cinématographique.

Jean-Philippe Pleau a vu son œuvre littéraire être d’abord adaptée en pièce de théâtre l’an dernier. (Photo : gracieuseté Danny Taillon)

«Avec la popularité du roman et le fait que tout le monde peut s’identifier à un changement de classe, on pense que [le film] pourra rejoindre beaucoup de monde», explique-t-elle.

Un tournage à Drummondville

À l’heure actuelle, le film en est encore à ses tout débuts. Les recherches se poursuivent pour engager un réalisateur et trouver d’autres sources de financement, affirme Mme Pagé.

L’écrivain et dramaturge Jean-Philippe Baril Guérard s’occupera du scénario du film Rue Duplessis. Jean-Philippe Pleau connait bien l’auteur derrière Royal et Manuel de la vie sauvage.

«J’ai la chance de le croiser depuis quelques années à Radio-Canada [à Montréal]. Il y a plusieurs mois, avant même que [mon roman] soit adapté au théâtre, je suis tombé sur lui à la cafétéria et il m’avait dit : “Je viens de lire [ton livre] et ça m’a impacté ben raide! Si un jour tu as envie de l’adapter au théâtre, fais-moi signe et on ira prendre un café.”  Finalement, c’est plus pour l’adaptation au cinéma qu’on va aller le prendre», énonce à la rigolade l’animateur de l’émission de radio Réfléchir à voix haute.

«C’est vraiment quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime. Je pense qu’il y a une parenté d’esprit dans notre façon de voir le monde. Son écriture est très nerveuse et a une signature unique. Donc, j’ai hâte de voir comment il va prendre le livre et le traduire pour le cinéma», s’enthousiasme M. Pleau.

Chantale Pagé mentionne qu’il faudra attendre au minimum trois ans avant d’envisager une sortie en salle. Une chose est sûre, la présidente de Maison4tiers souhaite tourner des images à Drummondville. Pour Jean-Philippe Pleau, ce sera une belle façon de rendre hommage à son histoire et à la ville qui l’a vu grandir.

Une partie du tournage du film se fera à Drummondville, selon la compagnie de diffusion Maison4tiers. (Photo : archives, Louis-Philippe Samson)

«Je suis fier de venir de Drummondville et je pense que j’ai envie que ça se sente dans le film. Dans la vie, c’est rare qu’une personne ait la chance de rendre hommage de cette façon à sa ville. J’ai envie de me lâcher lousse là-dedans, s’ils me le permettent, et d’en profiter pour [honorer] des endroits qui ont été importants pour moi, comme le Cégep ou le Roy Jucep», espère-t-il.

Bilan de l’adaptation théâtrale

Du 3 septembre au 4 octobre 2025, Jean-Philippe Pleau est monté à plusieurs reprises sur les planches de Chez Duceppe pour interpréter son propre rôle dans l’adaptation théâtrale de Rue Duplessis. Plusieurs mois après la fin de la tournée régionale, tenue du 8 mars au 24 avril dernier, l’auteur décrit sa première expérience comme étant «très transformatrice».

Atteint de trouble panique et d’une agoraphobie depuis 2008, le Drummondvillois ne s’imaginait pas un jour jouer devant une salle de plus 800 personnes. «Je ne dirais pas que c’est venu terminer le processus de guérison parce qu’on ne guérit presque jamais de ces affaires-là. Mais cela a contribué à atténuer mon syndrome d’imposteur et mon anxiété», estime Jean-Philippe Pleau.

«Je suis beaucoup moins nerveux quand je me présente devant des gens dans une causerie. J’ai l’impression de me permettre d’être plus moi-même. Ça m’a aussi permis de découvrir un nouveau milieu que je ne connaissais pas et d’échanger avec plusieurs jeunes, dans les salles de spectacle, qui se reconnaissaient dans mon histoire», ajoute le comédien en herbe.

Plusieurs passages du livre ont d’ailleurs été mis de côté dans cette adaptation en raison de la poursuite contre l’auteur, émise en mars 2025, par 11 membres de sa famille (mais pas ses parents). Ceux-ci lui reprochent des passages de son roman jugés comme faux et diffamatoires.

Dans la pièce de théâtre, Jean-Philippe Pleau (au centre) a évolué dans un décor ressemblant à un studio de radio en compagnie des comédiens Michel-Maxime Legault et Steve Laplante, jouant respectivement son soi de Drummondville et son soi de Rosemont. (Photo : gracieuseté Danny Taillon)

Jean-Philippe Pleau confirme que la poursuite est toujours en cours et que ces passages seront assurément absents de l’adaptation cinématographique de Rue Duplessis. «En même temps, c’est le fun que le livre trouve une autre perspective artistique et une autre valeur au théâtre et, prochainement, au cinéma», pense-t-il.

Une suite à Rue Duplessis?

L’auteur drummondvillois confie qu’il est en train d’écrire un nouveau livre sur «l’après Rue Duplessis». Il estime en avoir déjà écrit près de la moitié jusqu’à maintenant.

«Ce ne sera pas vraiment une suite parce que j’ai déjà raconté mon histoire. Ce sera plus une espèce de roman choral où j’aborderai une réflexion sociologique sur ce que [le livre] a eu comme effet sur ma vie, ce que ça a fait vivre à mes parents qui ont été catapultés sur la place publique et essayer de donner une place à tous les témoignages qui m’ont été confiés par messageries ou durant des salons du livre», détaille M. Pleau.

Deux ans après la parution de son œuvre littéraire, qui s’est écoulée à plus 65 000 exemplaires, Jean-Philippe Pleau est surpris d’encore recevoir des messages de personnes disant s’être reconnues dans son vécu. Avec ce succès, il a appris à «lâcher prise» avec son livre et «le laisser vivre sa vie».

«[Pour l’adaptation au cinéma], je veux leur laisser évidemment toute la marge nécessaire pour faire ce qu’ils veulent avec ça. Je tiens tout de même à jeter un œil pour m’assurer que ce [sera] en cohérence avec ce que j’ai voulu dire. Mais, après ça, il faut savoir lâcher prise», fait-il valoir en terminant.

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