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L’itinérance visible atteint un sommet au Québec : plus de 12 000 personnes vivaient dans la rue il y a un an, selon les plus récentes données dévoilées par le gouvernement jeudi.
« Les données actuellement disponibles confirment que l’itinérance a augmenté en moyenne de 20 % à l’échelle nationale depuis 2022 », affirme le ministère de la Santé et des Services sociaux par voie de communiqué.
L’exercice de dénombrement s’est déroulé le 15 avril 2025 simultanément dans 15 régions.
« Ces chiffres ne nous surprennent pas du tout », lance d’emblée Eric Edström, porte-parole du Réseau solidarité itinérance Québec (RSIQ), en entrevue avec Le Devoir. « C’est la situation que les membres du RSIQ dans toutes les régions du Québec nous rapportent depuis de nombreuses années déjà. »
M. Edström souligne que ces données représentent « un seuil minimal », car elles ne prennent pas en compte l’itinérance cachée, bien plus complexe à quantifier. « C’est beaucoup et ça ne diminue pas », dit-il.
Parmi les 12 077 personnes sans-abri, 80 % ont passé la nuit dans une ressource temporaire et 16 % dans un lieu extérieur, selon les données du ministère.
« C’est 12 000 personnes qui sont là, mais c’est 12 000 histoires, c’est de la souffrance, des traumas, des drames humains », clame M. Edström.
Cet exercice a été coordonné par les CISSS et les CIUSSS en collaboration avec des partenaires du milieu de l’itinérance. Les chiffres publiés jeudi ne sont que des données préliminaires, le gouvernement dévoilera un portrait plus complet à l’automne 2026, incluant entre autres le profil des personnes en situation d’itinérance.
C’est le troisième exercice de la sorte effectué par le gouvernement québécois depuis 2018.
Disparité selon les régions
« Il y a vraiment une augmentation de l’itinérance extérieure en région qui a explosé », note le porte-parole du RSIQ.
En effet, le rapport montre que même si Montréal reste la région la plus touchée par l’itinérance, avec 5036 personnes en situation d’itinérance sur les 12 077 recensées, des régions ont connu une hausse bien plus importante que la métropole entre 2022 et 2025.
Ainsi, l’Abitibi-Témiscamingue (+ 119,1 %), les Laurentides (73,7 %), la Côte-Nord (+ 65,1 %), Laval (59,4 %) et le Saguenay–Lac-Saint-Jean (+ 50,5 %) sont les régions où l’itinérance visible a le plus augmenté en trois ans. Montréal a connu une hausse de 6,7 % en trois ans.
Selon M. Edström, « les régions ne sont souvent pas outillées pour faire face à une augmentation aussi rapide ». Les différents acteurs gouvernementaux doivent aussi s’attarder à mettre des solutions en place dans les régions, insiste-t-il.


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