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L’Iran a annoncé lundi l’arrêt de son opération militaire contre Israël, après un message de Donald Trump exhortant les deux pays à cesser « immédiatement » leurs attaques réciproques, les premières depuis le début de la trêve conclue il y a deux mois.
Israël a ensuite rejeté les conditions de l’Iran et dit qu’il « continuera d’agir » au Liban contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran, a déclaré lundi le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, après des attaques croisées entre Israël et l’Iran, les premières depuis le cessez-le-feu d’avril.
« Nous rejetons catégoriquement les menaces de l’Iran. Toute tentative iranienne d’établir un lien entre le Liban et l’Iran afin d’attaquer Israël recevra une réponse d’une grande force », a déclaré Israël Katz dans un communiqué transmis par son bureau.
L’Iran a tiré des missiles sur Israël dimanche soir et lundi, affirmant agir en riposte à un bombardement israélien contre le Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, s’attirant en retour des frappes israéliennes.
En annonçant la fin de ses tirs lundi après-midi, Téhéran a affirmé qu’Israël s’exposerait à « des mesures beaucoup plus sévères » en cas de poursuite « des actes d’agression […] y compris dans le sud du Liban ».
Mais lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé « la cessation de l’opération », après ce qu’il considère être « une sévère riposte » à Israël. Et le président iranien, Massoud Pezeshkian, assure sur X n’avoir quitté « ni le champ de bataille ni la table des négociations ».
Donald Trump, qui n’a pas caché ces derniers jours ses désaccords avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, avait juste avant tapé du poing sur la table.
« Israël et l’Iran doivent immédiatement arrêter de “tirer” », avait exhorté sur son réseau Truth Social le président américain, qui cherche une sortie à un conflit très impopulaire aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat.
« Revivre tout ça »
À Tel-Aviv, le trentenaire Jonathan Ariel n’a pas trouvé « très amusant de se réveiller si tôt le matin et de revivre tout ça, sans savoir combien de temps ça va durer ni ce qui se passe ».
La vie quotidienne est à nouveau bousculée en Israël : écoles fermées, transports perturbés. Près de Jéricho, en Cisjordanie occupée, un photographe de l’AFP a vu un missile enfoncé dans le sol sur une colline désertique.
L’espace aérien dans l’ouest de l’Iran a été fermé et les vols des deux aéroports de la capitale suspendus. L’Irak a lui annoncé la réouverture de son espace aérien lundi en début d’après-midi.
À Téhéran, une puissante explosion a été entendue dans la matinée par un journaliste de l’AFP.
La circulation était moins dense que d’ordinaire dans la capitale, certains habitants semblant être restés chez eux quand d’autres prenaient leurs précautions en faisant la queue pour faire le plein d’essence.
Les Iraniens se disent épuisés par ce conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines, alors que les deux camps se disent prêts à une longue bataille selon des médias locaux.
« Après l’attaque d’hier soir, je n’ai pas pu dormir de la nuit », raconte Maryam, artiste de 36 ans interrogée par l’AFP dans les rues de Téhéran, déplorant que « tout aille vers la destruction et le néant ».
Pourparlers « affectés »
Quelques heures plus tôt, la télévision d’État iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran, Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), Israël indiquant de son côté avoir frappé et détruit des systèmes de défense.
Une usine pétrochimique à Mahshahr (sud-ouest) a également été endommagée et son personnel évacué, selon les médias iraniens.
En riposte, l’Iran dit avoir lancé des frappes contre un complexe pétrochimique israélien.
Cette reprise des hostilités « affectera » les pourparlers avec les États-Unis même si les tractations via le médiateur pakistanais se poursuivent, assure la diplomatie iranienne, ce qu’a confirmé Donald Trump, regrettant que le processus soit freiné par « l’ignorance ou la stupidité ».
Le Moyen-Orient « n’a pas besoin d’une escalade », a regretté la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, tandis que Paris a appelé « toutes les parties à la retenue maximale ».
Pétrole en hausse
Alimentant les craintes d’une nouvelle extension du conflit, les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont revendiqué de leur côté une attaque contre Israël depuis le Yémen et ont décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.
Dans ce contexte fébrile, les prix du pétrole, qui ont déjà flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d’Ormuz, grimpent et les Bourses européennes évoluent prudemment.
Outre le Liban, les points d’achoppement restent nombreux : le contrôle du détroit d’Ormuz (essentiel pour le commerce d’hydrocarbures), le programme nucléaire iranien et son stock d’uranium hautement enrichi ou le sort des avoirs iraniens gelés à l’étranger sous l’effet des sanctions.


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