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Mobilisation en demi-teinte dans le Jura, notamment à Dole où près de 150 personnes se sont rassemblées avenue de Lahr de manière totalement pacifiste.
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Par Rédaction Voix du Jura Publié le 17 oct. 2026 à 22h04
Loin des violences et des dégâts observés dans plusieurs grandes villes de France ce samedi 17 octobre (Paris, Lyon, Marseille, Limoges, Besançon…). Entre 150 et 200 manifestants dolois ont pris très calmement la direction du centre-ville de façon pacifique. Parmi eux quelques rares gilets jaunes, quelques drapeaux, mais surtout des citoyens lambda, de tous les âges. Des citoyens qui dénoncent la flambée des prix, mais au-delà de ça, ils évoquent un « ras-le-bol de la politique mortifère du gouvernement ».
Laetitia Jarrot aperçue : « un espoir et la convergence des luttes »
Tête de liste de l’opposition à Jean-Baptiste Gagnoux lors des élections de mars 2026, Laetitia Jarrot, présente dans les rassemblements y voit « un espoir et la convergence des luttes ».
« Si je suis dans la rue aujourd’hui, c’est en premier lieu en soutien au mouvement lycéen. J’ai confiance en cette jeunesse. Elle est incroyable. Elle nous montre qu’elle peut se rassembler, s’investir, se mobiliser pour son avenir. »

La deuxième raison, c’est la lassitude envers les deux quinquennats d’Emmanuel Macron. « On a vraiment envie de passer à autre chose, mais c’est avant tout l’espoir qui m’anime aujourd’hui. L’espoir dans les six mois de campagne qu’il nous reste, l’espoir pour une gauche avec un programme de rupture et l’espoir en ces jeunes qui réclament plus de justice sociale et une réelle égalité des chances. C’est très bien qu’il se passe quelque chose, c’est qu’il reste une poche de gens éveillés, qui sont encore prêts à agir et je pense qu’elle en amènera d’autres bientôt. »
Enfin, la cause des retraites la motive à se mobiliser « Il y en a deux sortes. Ceux qui vivent très bien, qui ne manquent de rien et ceux qui galèrent pour boucler les fins de mois. Ils ont travaillé durement toutes leurs vies et ne peuvent que survivre. C’est pour eux que je manifeste. »
« Vais-je devoir quitter mon appartement et vivre dans une caravane ? »
Les retraités, justement, étaient bien représentés lors de ce rassemblement dolois, à l’image d’Éliane Michel, une Doloise de soixante et onze ans, qui habite seule, est locataire et vit avec une pension de 1 100 euros chaque mois. « Après quarante ans de travail dans le soin à la personne qui va prendre soin de moi ? »
Elle va devoir, comme beaucoup de ses pairs choisir entre manger ou avoir chaud cet hiver. « J’ai dû abandonner ma voiture il y a deux ans pour pouvoir boucler les fins de mois. Je ne me déplace plus qu’à pied ou à vélo et maintenant je n’arrive même plus à me chauffer. J’avais déjà réduit mes sorties, mes loisirs : plus de cinéma, c’est bien trop cher à Dole. Plus de restaurants ni de sorties avec mes petites filles et là j’appréhende la baisse du thermomètre car je ne vais pas pouvoir payer mes factures de gaz », s’inquiète-t-elle.
Aide-soignante une grande partie de sa carrière, aujourd’hui elle commence à chercher d’autres solutions pour résister à la période froide du calendrier. « Je n’ai pas d’autre choix que de mettre un petit chauffage d’appoint dans ma pièce principale et une bonne couverture chauffante. L’alimentation devient aussi un casse-tête, bien souvent je saute le repas du soir pour économiser, mais jusqu’où peut-on aller pour faire des économies ? Vais-je devoir quitter mon appartement et vivre dans une caravane ? », s’interroge-t-elle à nouveau. « C’est pour cela que je suis là aujourd’hui, pour me battre contre ce système défaillant, inégalitaire qui laisse mourir ses étudiants et ses retraités. »

« Je dois rogner sur d’autres dépenses »
Comme Éliane, Geneviève, elle, va devoir choisir entre se chauffer ou se servir de sa voiture. « J’ai soixante-seize ans », se présente-t-elle. Elle aussi vit avec une pension de 1 100 euros. « Cet hiver, impossible de me chauffer correctement, je ne pourrai pas faire le plein de ma cuve de fioul, heureusement que j’ai un petit insert qui va un peu tempérer ma maison mais ce n’est pas possible de tout chauffer avec… J’ai la chance d’habiter à la campagne, à Montmirey-le-Château, je cultive quelques légumes pour pouvoir manger, mais d’un autre côté j’ai besoin de ma voiture pour me déplacer alors vu le prix du carburant je dois rogner sur d’autres postes de dépenses », regrette-t-elle.
« Je pensais qu’il y avait beaucoup de personnes dans ma situation, mais je suis tout de même très surprise qu’on ne soit pas plus à défiler. »
Catherine Roy (CLP)
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