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Le premier ministre israélien a dit, jeudi, voir « apparaître des fissures (…) au sein du haut commandement » de la République islamique « mais aussi sur le terrain ». Téhéran a mené des frappes massives sur des sites énergétiques du Golfe, au lendemain de frappes israéliennes contre ses propres installations gazières.

Le premier ministre israélien, Benaymin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 19 mars 2026. Le premier ministre israélien, Benaymin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 19 mars 2026.

L’Iran serait en passe d’être « décimé », selon Benyamin Nétanyahou. Le premier ministre israélien l’a assuré, lors d’une conférence de presse télévisée, jeudi 19 mars, près de trois semaines après le début d’une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. « Après vingt jours, je peux vous annoncer que l’Iran n’a aujourd’hui plus la capacité d’enrichir de l’uranium et qu’il n’a plus la capacité de produire des missiles balistiques », a-t-il déclaré.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, le président américain, Donald Trump, avait d’abord dit que son objectif était d’éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu’il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D’après le premier ministre israélien, l’arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd’hui fortement amoindri. L’Iran est « en train d’être décimé » et Israël « gagne la guerre », a lancé Benyamin Nétanyahou. « Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens ne l’imaginent », a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

« Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain », a affirmé le chef du gouvernement de l’Etat hébreu, alors que la République islamique démontre conserver une importante capacité de frappe, au vingtième jour de la guerre. Benyamin Nétanyahou a ajouté ne pas vraiment savoir « qui dirige l’Iran en ce moment ». « Ce que nous constatons, c’est qu’il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir », a-t-il déclaré lors de son point presse.

Si Washington n’a pas non plus fixé d’échéance à ses opérations militaires, Donald Trump a assuré, jeudi, qu’il ne déployait « pas de troupes ». Au contraire, Benyamin Nétanyahou, lors de sa conférence de presse télévisée, a laissé entendre qu’il n’excluait pas cette option. « On peut faire beaucoup de choses à partir des airs (…) mais il doit aussi y avoir une composante au sol », a relevé le premier ministre israélien notant, sans plus s’étendre qu’« il existe de nombreuses possibilités pour cette composante terrestre ».

« Aucune retenue »

Conséquence des frappes massives, jeudi, sur des sites de production d’hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5 % jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars (soit 86,53 euros). Le gaz européen s’est lui envolé (jusqu’à + 35 %), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées : Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des « dommages considérables », selon Doha. Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d’exportation de GNL de 17 %. Deux raffineries au Koweït ont été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha. L’Iran, qui dit viser le Golfe parce qu’il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d’« aucune retenue » si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des affaires étrangères, Abbas Araghtchi.

Donald Trump a affirmé qu’Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, « sous le coup de la colère ». Israël a « agi seul », a confirmé Benyamin Nétanyahou. « Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons », a déclaré le premier ministre. Donald Trump a toutefois menacé de détruire « massivement l’intégralité du gisement » si Téhéran continuait ses frappes sur des sites énergétiques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé, jeudi, à un « moratoire » sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une « retenue maximale ».

Sécuriser le détroit d’Ormuz

Peu après la conférence de presse télévisée de Benyamin Nétanyahou, plusieurs explosions ont été entendues dans le ciel de Jérusalem à la suite du signalement d’une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l’Agence France-Presse. Les Emirats arabes unis et le Koweït ont dit, vendredi, répondre à des attaques de missiles, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté plusieurs drones. A Bahreïn, des éclats provenant d’une « agression iranienne » ont provoqué un incendie dans un entrepôt, a fait savoir le ministère de l’intérieur du pays.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d’Ormuz reste bloqué par Téhéran. Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule normalement par ce passage. Après un appel américain qui était d’abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits « prêts à contribuer » aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu. Le président français, Emmanuel Macron, a évoqué la possibilité d’un « cadre onusien » pour une future mission, après les hostilités.

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin sur Telegram, de nouvelles frappes sur des « infrastructures » des autorités iraniennes dans la capitale Téhéran.

Le Monde avec AFP

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