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L’interrogatoire de Nicolas Sarkozy, nouveau moment clé de son procès en appel dans l’affaire libyenne

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France 07/04/2026 06:20 Actualisé le 07/04/2026 08:44

Condamné en première instance à cinq ans de prison, l’ancien président de la République a fait appel. Il est interrogé ce mardi par le tribunal.

Nicolas Sarkozy, ici au tribunal le 23 mars, sera à la barre pour le premier des quatre jours d’interrogatoire dans son procès en appel.

ALAIN JOCARD / AFP

Nicolas Sarkozy, ici au tribunal le 23 mars, sera à la barre pour le premier des quatre jours d’interrogatoire dans son procès en appel.

Depuis trois semaines, il a écouté (parfois tête basse), d’autres accusés ou des parties civiles témoigner à la barre du tribunal. Ce mardi 7 avril, c’est à son tour de s’approcher à la barre. La parole sera à Nicolas Sarkozy dans son procès en appel pour l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle. L’interrogatoire pourrait s’étendre jusqu’à vendredi.

L’enjeu sera immense pour l’ancien président de la République. Convaincre la cour d’appel qu’il n’a pas entrepris d’association de malfaiteurs avec des proches (Claude Guéant et Brice Hortefeux) pour opérer un rapprochement avec des cadres de la Libye de Mouammar Kadhafi.

C’est l’infraction qui lui avait valu, en première instance, les cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt ; il avait ainsi passé une vingtaine de jours dans une cellule de la prison de la Santé à l’automne dernier. De cette expérience, il a tiré son Journal d’un prisonnier de 216 pages, paru un mois pile après sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy n’a pris la parole qu’une fois lors de son procès en appel : le 18 mars, il a eu un droit à un propos liminaire dont la retenue contrastait avec celui qu’il avait fait en première fois. « J’ai fait appel parce que je n’ai commis aucun des faits pour lesquels j’ai été condamné. Je mobiliserai toutes les forces dont je suis capable pour défendre cette vérité profondément ancrée en moi », loin de son discours incisif de 2025.

La colère des familles du DC-10

Depuis, il a écouté Éric Woerth se battre avec les questions liées à l’argent liquide qui circulait dans la campagne présidentielle de 2007. Puis c’est Brice Hortefeux qui a dû expliquer comment il s’est retrouvé en décembre 2005 à dîner avec Abdallah Senoussi, beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA.

Des proches des victimes ont fait éclater leur colère la semaine passée. Onze femmes et un homme ont défilé devant les juges pour crier leur incompréhension face à cette rencontre. À la barre, l’une d’entre elles a également dénoncé le livre écrit par Nicolas Sarkozy. « L’orchestration de son malheur nous a atterrés, certains d’entre nous en sont tombés malades », avait lancé Danielle Klein. Pendant l’audience, Nicolas Sarkozy avait pris beaucoup de notes. Ce mardi, les rôles seront inversés.

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