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L’interdiction du voile intégral pour les élèves crée un malaise dans des écoles

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L'interdiction du voile intégral suscite un malaise dans certaines écoles de Québec. Des directions doivent demander à des élèves de se découvrir le visage depuis que le ministère de l'Éducation leur a récemment rappelé le contenu de la loi sur le renforcement de la laïcité dans le réseau scolaire. Cette situation toucherait une vingtaine d'élèves du Centre de services scolaire de la Capitale.

Adoptée le 30 octobre 2025, la nouvelle loi oblige les élèves des écoles publiques et privées à avoir le visage découvert lorsqu'ils se trouvent sur les lieux mis à la disposition d'une école, d'un centre de formation professionnelle ou d'éducation des adultes, peut-on lire dans le document de l'Assemblée nationale du Québec.

Toutefois, pour l'appliquer, il n'y a pas eu de consignes claires, ni des centres de services ni du Ministère, avance le président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles, André Bernier.

Le président de l'Association québécoise du personnel de directions des écoles, André Bernier, prend la pose dans un corridor d'une école de Québec.

André Bernier est président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Je peux comprendre les centres de services, ils ne l'ont pas eu du Ministère, mais là, depuis le temps, de la part du Ministère, on aurait pu avoir des choses plus claires par rapport à ça, ajoute-t-il.

Le ministère de l'Éducation explique pour sa part avoir offert une présentation ainsi qu'un aide-mémoire dès la sanction de la loi et qu'une correspondance a été transmise en mars. Il s’agissait d’un rappel aux organismes scolaires sur le contenu de la loi et son application, précise-t-il.

Un malaise

Des membres de la direction et du personnel qui doivent prendre des mesures pour faire respecter la loi expriment toutefois un malaise, selon l'Association québécoise du personnel de direction des écoles.

J'ai des élèves auxquels je dois dire : ''Vous retirez les voiles.'' Mais ils nous disent : ''Ça fait partie de ma religion, je ne le ferai pas.'' C'est les parents qui leur disent : ''Tu dois porter le voile.'' Donc, il y a vraiment un malaise par rapport aux directions de dire : ''Tu vas l'enlever.'' Et si elles ne le font pas, que fait-on? Est-ce qu'on va suspendre des élèves par rapport à ça, les priver d'éducation?

Une vingtaine d'élèves, issus majoritairement de la communauté rohingya, porteraient le voile intégral dans des écoles du Centre de services scolaire de la Capitale, d'après les informations fournies par l'institution.

Ceux qui ont été avertis, ils se sont représentés à l'école, mais toujours en portant le voile et, là, on est dans le questionnement de : mais là, on fait quoi?, se demande M. Bernier.

Par écrit, le Centre de services scolaire de la Capitale explique que son approche a été de privilégier une mise en œuvre respectueuse et humaine de la loi en évitant de brusquer les élèves et en misant sur l’accompagnement.

Il souligne du même coup qu'à ce jour, il n'a reçu aucun document pour [l']accompagner dans la mise en œuvre de la loi qui vise l'interdiction du port du voile intégral pour les élèves.

Crainte de quitter le milieu scolaire

Au moins une direction d'école de la région a sollicité l'aide du Centre multiethnique de Québec, confirme l'organisme.

On a travaillé avec eux pour donner de la formation interculturelle, [...] pour poser la question : ''C'est quoi, l'impact de cette loi-là sur les personnes?'', explique Natacha Battisti, directrice générale du Centre multiethnique de Québec.

Natacha Battisti accorde une entrevue à Radio-Canada à l’intérieur de son bureau.

Natacha Battisti est directrice générale du Centre multiethnique de Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

La crainte, c'est que ces jeunes-là, à cause de leurs croyances – et si ce n'est pas fait dans un processus volontaire et de collaboration –, puissent se retirer du milieu scolaire. Et là, on met en péril leur intégration et ça concerne davantage les jeunes filles.

On a créé comme une zone de confiance auprès des jeunes. Ils pouvaient justement parler à une personne spécifique de l'école sur leur aisance. La personne de l'école expliquait c'était quoi, la loi, et comment on peut venir tranquillement à adhérer, ajoute Mme Battisti.

Sonia LeBel.

La ministre de l'Éducation, Sonia LeBel. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Joint par Radio-Canada, le cabinet de la ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, a simplement déclaré qu'il appartient aux centres de services scolaires et aux écoles de déterminer les mesures à prendre pour appliquer la loi.

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