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L'interdiction par le préfet du Finistère de se rassembler devant les lycées est attaquée en justice. Neuf syndicats et une association ont déposé des recours. Décision imminente.
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Par Rédaction Côté Quimper Publié le 5 oct. 2026 à 18h12
Neuf syndicats et une association de défense des libertés individuelles ont demandé à la juge des référés du tribunal administratif de Rennes, lundi 5 octobre 2026, de suspendre en urgence l’arrêté pris la veille par le préfet du Finistère pour décréter « l’interdiction générale et absolue » de tout rassemblement autour de 15 établissements scolaires du département.
Louis Le Franc avait à vrai dire pris un premier arrêté jeudi 1er octobre « portant interdiction de rassemblements » sans limite de durée autour de cinq établissements scolaires du département, mais il avait été suspendu par le même tribunal administratif de Rennes le 3 octobre.
Cette « interdiction générale et absolue » n’apparaissait en effet « ni nécessaire ni proportionnée à la préservation de l’ordre public » et portait « une atteinte manifestement illégale aux différentes libertés publiques« , avait considéré le juge des référés.
Trois recours
Dimanche 4 octobre, le préfet du Finistère a toutefois pris un nouvel arrêté sensiblement identique, mais cette fois-ci pour 15 lycées de Brest, Quimper et Pleyben et en vigueur uniquement de lundi 5 à mardi 6 octobre. Trois recours distincts ont alors été déposés en urgence contre ce nouvel arrêté et ont été examinés lundi 5 octobre 2026.
Le premier émane de l’association Vigie Liberté qui est présidée par Amine Elbahi ; ce militant de droite se présente sur les réseaux sociaux comme un « juriste de droit public » et est décrit comme un « analyste politique » par la chaîne Cnews, où il est souvent invité. L’association introduit ainsi de multiples recours partout en France pour contester toutes les « atteintes » portées aux « libertés individuelles » (arrêtés contre les regroupements de jeunes, contre la consommation d’alcool dans la rue, etc…).
Deux manifestations
Le second avait été introduit par neuf syndicats parmi lesquels le Syndicat des avocats de France et les principales organisations représentatives du secteur de l’éducation. Le troisième avait quant à lui été déposé par la Ligue des droits de l’Homme (LDH).
Tous dénoncent en fait une « extension énorme » de cette « mesure privative de liberté », a explicité à l’audience leur avocate. « Les temps sont assez sombres pour la jeunesse, a fait valoir Me Juliette Beigelman. Dans ce contexte, ses droits et libertés fondamentales doivent être protégés et le fait qu’elle puisse échanger pacifiquement doit être préservé. »
Ce n’est donc au final « pas seulement la liberté de manifester qui est en jeu », a-t-elle reformulé en d’autres termes. Un deuxième arrêté préfectoral « non contesté » qui interdit les « engins » et « substances » susceptibles d’être utilisés pour commettre des « dégradations » est de toutes manières « suffisant en tant que tel », trouve l’avocate des requérants.
La juge des référés lui a toutefois fait remarquer que le préfet – qui n’était ni présent ni représenté à l’audience – avait précisé dans ses écritures que les deux manifestations prévues mardi 6 octobre dans le Finistère n’ont pas été interdites.
Mais « il n’y a aucune garantie que le parcours de ces manifestations n’inclut pas les abords » – dont on ne sait au demeurant pas « à quoi ils correspondent » – des établissements concernés, a rétorqué Me Juliette Beigelman.
La juge des référés du tribunal administratif de Rennes rendra son ordonnance dans la soirée.
RB et GF (PressPepper)
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