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Comment les partis se sont-ils démarqués chez vous?

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Au lendemain de l’annonce des résultats, la carte électorale du Québec se décline principalement en tons péquistes, libéraux et conservateurs. Mais derrière ces couleurs se cachent plus ou moins d’appuis pour les autres partis. Quel parti s’est démarqué chez vous ? À quoi ressemble l’appui des partis dans chaque circonscription ? Décryptage en cartes.

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« Le Québec est fractionné comme jamais », résume André Lamoureux, chargé de cours au Département de science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), en entrevue au Devoir. Le spécialiste en politique canadienne et québécoise souligne qu’une victoire d’un parti avec une si petite part des votes est « extrêmement rare ». « Un gouvernement formé avec 28 % des voix, c’est du jamais vu. »

Le Parti québécois (PQ) a performé là où il avait autrefois ses bases, note M. Lamoureux. « Ils se sont emparés de circonscriptions autour des grands centres urbains », entre autres dans les Laurentides et sur la Rive-Sud de Montréal. Il souligne aussi l’ampleur du vote péquiste dans les régions plus au nord et à l’est du Québec, notamment en Côte-Nord, au Saguenay ou encore en Abitibi.

Le Parti libéral du Québec (PLQ), second parti en nombre de sièges et en votes exprimés, a quant à lui pu se reposer sur des bases solides dans la grande région de Montréal. « Il n’y a pas de contradiction là par rapport au passé. La région de Montréal est dominée par les libéraux depuis une bonne vingtaine d’années », avec un bloc très fort dans l’ouest de l’île, entre autres, observe André Lamoureux. Laval, autrefois une région aux couleurs péquistes, est elle aussi devenue rouge.

« La région de Gatineau, traditionnellement, a voté pour les libéraux dans les élections passées. On remarque la même chose dans les Cantons-de-l’Est. On se retrouve face à un retour à la tradition, en quelque sorte », après deux cycles électoraux où la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est imposée en Outaouais et en Estrie.

Une vague conservatrice face à une CAQ décimée

Aux yeux de l’expert, le Parti conservateur du Québec (PCQ) s’est grandement démarqué de ses adversaires. Il « s’est emparé des circonscriptions plus lointaines des centres urbains », même là où il n’a pas nécessairement remporté de sièges, souligne M. Lamoureux.

On remarque que le taux de vote pour le PCQ dépasse parfois les 20 % des suffrages exprimés dans les Laurentides, et atteint presque le tiers des votes au Saguenay et en Mauricie à certains endroits. « Quand même, 20 % des voix, c’est assez fort. »

C’est toutefois dans la Capitale-Nationale et aux alentours, comme dans Charlevoix et en Beauce, que le parti a fait des scores impressionnants, dépassant la moitié des votes dans plusieurs circonscriptions. « C’est quand même un exploit, ce que les conservateurs ont réussi [à faire]. Je ne m’attendais pas à ça. »

Le PCQ a d’ailleurs marqué fort là où la CAQ avait une bonne part de soutien aux élections de 2018 et 2022. L’organisation politique de Christine Fréchette est désormais absente de l’Assemblée nationale, même si elle a obtenu un peu plus de 13 % des votes. « C’est un ouragan qui est passé sur le Québec », illustre André Lamoureux.

Il ne faut toutefois pas se précipiter à annoncer la fin de la CAQ, selon lui — plusieurs formations politiques par le passé, y compris le PQ, ont pu remonter dans les intentions de vote et s’imposer comme adversaire de taille le temps d’un cycle électoral.

QS sauve les meubles

Québec solidaire a pu compter sur presque les mêmes circonscriptions remportées en 2022, concentrées dans les quartiers centraux de Montréal, de Québec et de Sherbrooke. Rien de réellement surprenant à ce niveau-là, aux yeux d’André Lamoureux, mais le parti est loin d’avoir obtenu des gains cette année.

« Québec solidaire n’a pas fait d’exploits cette fois-ci. Il n’a réussi qu’à conserver les meubles qu’il lui reste. Et il faut noter qu’avec 12,4 % des voix et 9 sièges, il ne sera pas reconnu comme groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. » Car il faut que le parti fasse élire au moins 12 députés et obtienne au moins 20 % des voix aux élections.

L’expert remarque qu’en 2016, au dixième anniversaire du parti, l’ancienne porte-parole solidaire Françoise David se prononçait devant ses troupes avec optimisme : « Regardez-nous bien, dans 10 ans, nous serons aux portes du pouvoir. »

« On est très, très loin de là [aujourd’hui]. Au contraire, c’est un reflux qu’on observe », souligne-t-il.

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