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Partout sur la Côte-Nord, les frigos communautaires se multiplient pour faire face à la hausse de l’insécurité alimentaire. Poussés par l’inflation, la pénurie de logements et des fermetures d’entreprises, les organismes locaux se mobilisent pour subvenir aux besoins d’une clientèle grandissante.
À Sept-Îles, le centre d’hébergement Le Transit accueille depuis 2021 un frigo communautaire. Selon la directrice Valérie Santerre, le réfrigérateur fait face à une demande sans précédent. Elle affirme qu’environ 60 personnes se présentent chaque jour au frigo communautaire.
En raison de cette forte demande, le réfrigérateur est d’ailleurs souvent vide. La directrice remarque également que la clientèle s’est élargie et que le frigo attire désormais des personnes qui n’avaient jamais eu recours à leurs services par le passé.
C’est aussi des familles et des personnes qu’on n’avait jamais vues auparavant.

Valérie Santerre souligne que la crise du logement accentue les besoins d'aide alimentaire. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Catherine Gosselin
Cette situation est notamment liée à la crise du logement qui sévit dans la région. Valérie Santerre explique que les logements abordables ont complètement disparu. Les personnes vulnérables n’ont donc plus les moyens de se loger, ce qui les pousse à frapper à la porte des organismes.
Des besoins partout sur le territoire
Au Frigo sympathique de Pointe-Lebel, le constat est similaire. La gestionnaire du projet, Lise Therrien, souligne que les besoins s’agrandissent considérablement, en particulier depuis la fermeture de la Scierie des Outardes.
Bien que l’organisme reçoive l’aide du comptoir alimentaire local et organise des levées de fonds pour acheter des aliments de base, il demeure difficile de maintenir le frigidaire plein. Les gens l’utilisent plus pour prendre que pour donner, déplore Lise Therrien.
Plus à l’est, l’isolement géographique ajoute une pression supplémentaire sur les ménages. En Basse-Côte-Nord, le partenaire de la Banque alimentaire à la paroisse de Lourdes-de-Blanc-Sablon, Harvey Burke, témoigne d’une situation de plus en plus difficile pour la population.
Il explique que les familles monoparentales, les aînés et les nouveaux arrivants sont particulièrement touchés par ces défis économiques.
L’épicerie, c’est de plus en plus cher, surtout en Basse-Côte-Nord avec les coûts de transport.
Pour faire face à l’insécurité alimentaire, le réseau s’étend. Des frigos communautaires sont déjà installés à Lourdes-de-Blanc-Sablon et Chevery, avec des projets d’expansion à Rivière-Saint-Paul et La Tabatière.
Un frigo pour tous
Dans ce contexte, Valérie Santerre fait appel à la générosité de la population en l'encourageant à venir porter des portions de repas ou des restants au lieu de les jeter, car cela peut directement nourrir une personne dans le besoin.

Le frigo communautaire du centre Le Transit à Sept-Îles a été installé en 2021. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Elle précise que le frigo a besoin de tout , ce qui inclut autant des aliments de base comme des fruits, des légumes et du pain, mais aussi des repas préparés comme du pâté chinois.
Pour le Centre d’Action bénévole de la Minganie, basé à Havre-Saint-Pierre, les frigos communautaires sont aussi avant tout un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire. La directrice, Tressy Saint-Pierre, compare le fonctionnement des frigos aux boîtes de partage de livres. Toute personne peut y déposer un excédent de nourriture ou en prendre.
Le projet bénéficie d’ailleurs de l’appui des commerçants locaux, comme le Marché Tradition et le restaurant Zazo Sushi, qui font quotidiennement don de leurs invendus.
À partir des entrevues de Bis Petitpas à l'émission Bonjour la Côte


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