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Bien que les réactions de joie et de soulagement se multiplient au pays, depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’une intervention militaire américaine. Pour certains, dont les familles sont encore au Venezuela, l’inquiétude demeure.
Vanessa Benales et Anthony Silva vivent à Drummondville depuis trois ans. Des membres de leur famille vivent à seulement deux ou trois kilomètres où ont eu lieu les attaques américaines à Caracas et à La Guaira.
Les explosions étaient juste à côté de la maison, raconte Anthony Silva. Imagine-toi te réveiller avec une explosion, tu es en train de dormir et tu te fais réveiller avec une explosion.
Malgré les coupures d'électricité, les Drummondvillois ont pu entrer en contact avec leur famille. Au téléphone, Anthony et Vanessa en savaient plus qu’eux.
Là-bas, ils n’ont pas de moyen de savoir ce qui se passe. Il y a un réseau [internet], mais ils n’y ont pas accès. Nous, oui, parce qu’on est ici au Canada, mais eux non. C’est fou parce que ce sont eux qui sont dans le pays et ils n’ont pas accès, mentionne Anthony.
Ils ne savent pas ce que dit Donald Trump, ils ne savent pas ce qui va se passer, tout ce qu’ils savent, c’est ce qu’ils voient [dans les rues], ajoute-t-il en précisant que ce sont eux qui leur avaient les derniers détails.
Craindre le pire
Malgré tout, ils considèrent que l’intervention américaine était une bonne chose. Par contre, ils estiment que d'autres actions devraient être posées. Ils n'ont pas arrêté le pire. Ce qu’on considère le pire, c'est le terrorisme et tous les autres groupes armés, déplore Anthony.
Il fait référence à la présence active dans les rues du Collectif, un groupe paramilitaire au service du gouvernement. C’est en partie en raison de ce groupe que Vanessa et son fils, Anthony, sont déménagés au Canada, il y a trois ans.
Ma famille au Venezuela nous appelle et ils nous disent qu’ils sont inquiets pour la situation parce qu'ils voient dans les rues qu'ils commencent à sortir, raconte Anthony.
Les collectivos sont restés depuis comme des civils armés qui soutiennent le régime en place et qui exercent une répression physique envers l'opposition politique et citoyenne, explique la chargée de cours au département des sciences historiques sur l’histoire de l’Amérique latine de l’Université Laval, Vildan Bahar Tuncay.
La situation politique est complexe au Venezuela depuis plusieurs années, notamment à la suite du décès de l’ancien président Hugo Chavez. Nicolas Maduro avait ensuite été élu et réélu à plusieurs reprises.
Mais la dernière élection de l'année précédente avait été contestée par les opposants, mais aussi par différents acteurs de la scène internationale qui disaient qu’il y avait eu de la fraude et donc que sa victoire était frauduleuse, affirme Vildan Bahar Tuncay.
Elle ajoute que l'élection de Donald Trump a aussi exacerbé les tensions, particulièrement au niveau du contexte politique extrêmement polarisé.
Selon elle, l’intervention d’un pays tiers pourrait aussi entraîner d’autres risques. C'est une bonne nouvelle, mais avec réserve, dit-elle, puisque la transition ne s'est pas faite de manière pacifique.
Une guerre civile ou la consolidation du pouvoir de groupes criminels dans plusieurs régions du pays pourraient en découler.


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