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Isabelle vit à Puymiclan avec Nolan, 11 ans, porteur de troubles du spectre de l'autisme. Elle raconte le calvaire de la scolarisation de son fils en milieu ordinaire.
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Par Tomy Rigouleau Publié le 24 août 2026 à 20h58 ; mis à jour le 24 août 2026 à 21h12
Briser le silence et en parler. Voilà la démarche qu’a choisie Isabelle, qui vit à Puymiclan (Lot-et-Garonne) avec son fils Nolan, 11 ans. Un enfant handicapé, porteur de troubles du spectre de l’autisme (TSA) et d’un trouble de l’attention (TDAH) et dont la scolarisation en milieu ordinaire, à la petite école de Birac-sur-Trec, a été un véritable calvaire ces quatre dernières années. « On a été abandonnés par l’institution et c’est ça qui fait le plus mal » résume Isabelle. « On vous renvoie à l’idée même qu’il faut se débrouiller, que votre fils n’a pas sa place à l’école. »
Un handicap invisible
Tout a commencé en grande section de maternelle. Alertée par la maîtresse des difficultés relationnelles et d’expression de son fils, le diagnostic tombe alors que Nolan est en CP.
Reconnu par la MDPH, Nolan bénéficie d’un Projet personnalisé de scolarisation (PPS) et, très vite, d’une AESH individualisée.
On voulait qu’il suive un cursus normal malgré son handicap, on était persuadés qu’il en avait les capacités. Il progressait, la maîtresse était bienveillante, il était scolarisé à temps plein. On y croyait.
Les troubles de Nolan sont multiples : retards importants dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, difficultés graphiques, problèmes de vue. Orthophoniste, ergothérapeute, graphothérapie… Isabelle multiplie les rendez-vous avec les spécialistes. À l’école et en dehors, surviennent aussi des crises pendant lesquelles l’enfant ne supporte pas le contact, crie, insulte, menace. Sa mère ne minimise rien, mais rappelle le contexte :
Quand des crises pouvaient surgir, les difficultés étaient présentes et elles étaient rejetées sur moi et sur lui. Quand on sait qu’il est diagnostiqué, on sait que ça fait partie du quotidien.
Si le CP se déroule relativement bien, la suite de sa scolarité prend une tout autre tournure.
Le calvaire au quotidien
À partir du CE2, malgré la présence de l’AESH, les journées deviennent difficiles. « Il y a eu une nouvelle institutrice et ça ne s’est pas bien passé » résume Isabelle, de plus en plus sollicitée par l’école pour venir récupérer Nolan, et qui a été contrainte de réduire son temps de travail.
J’avais la boule au ventre, scotchée à mon téléphone, par peur d’un appel me demandant de venir le chercher.
Malgré les réunions avec l’équipe de suivi de scolarité, la situation se dégrade et le temps de classe de Nolan se réduit progressivement, passant à environ 9h par semaine auxquelles s’ajoutent les prises en charge du SESSAD dont l’intervention a permis d’apaiser les choses. « Une éducatrice référente et une psychologue rencontraient mensuellement la directrice et l’AESH. Ça apportait un autre regard, des outils. »
Restent des blessures : le retrait de la cantine, notifié par courrier de la mairie au motif que l’encadrement ne permettait plus « d’assurer la sécurité de tous les enfants », certains mots prononcés, les tensions avec des parents d’élèves, qui ont conduit Isabelle à déposer une main courante.
J’ai le sentiment qu’on ne voulait plus de mon fils. L’inclusion à l’école, je n’y crois plus.
La solution de l’IME
Derrière ce parcours, une question de fond, celle des moyens de l’inclusion mis en place par l’Education Nationale* dans une école rurale qui paraît démunie face à des troubles invisibles et exigeants. « On se sent seul, pas écouté. Peut-être qu’avec un handicap visible, ça aurait été plus simple ? », s’interroge Isabelle.
Ce mercredi 26 août, Nolan, qui devait entrer au collège, fera sa rentrée à l’Institut médico-éducatif (IME) d’Escassefort où il bénéficiera d’un accompagnement individualisé. Un soulagement pour sa maman. « Il va être avec des personnes qui vont l’écouter, aller à son rythme. »
Aux autres parents, Isabelle glisse ce conseil : « Allez au bout de ce que vous pensez pour votre enfant. Si j’avais écouté certaines personnes il y a deux ans, Nolan aurait été en instruction à domicile. »
*Contactée à ce sujet, l’Education Nationale n’a pas répondu à nos sollicitations.
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