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“L’homme qui a dit non” à Viktor Orbán : qui est András Baka, le nouveau président hongrois ?

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Le résultat ne souffre pas la discussion. 140 voix pour, six contre et aucune abstention. Les députés hongrois ont élu ce mardi András Baka, ancien président de la Cour suprême, à la présidence de la République.

Avant de devenir le plus haut magistrat du pays, ce juriste de 73 ans avait entamé une carrière politique en 1990, en tant que député du Forum démocrate hongrois, un parti conservateur et chrétien-démocrate aujourd'hui disparu. Quelques mois plus tard, András Baka rejoint la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), où il siège comme juge de 1991 à 2008.

En 2009, il devient président de la Cour suprême de Hongrie, poste qu'il occupe jusqu'en décembre 2011. Cette année-là, le Premier ministre Viktor Orbán, revenu au pouvoir en 2010, l'évince après qu'András Baka se soit opposé à l'abaissement de l'âge de départ à la retraite des juges, ramené de 70 à 62 ans, qu'il dénonçait comme une purge déguisée. Quatre ans plus tard, la CEDH reconnaît le caractère politique de son limogeage, ce qui lui vaut le surnom de "l'homme qui a dit non".

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Une nomination symbolique

C'est précisément parce qu'il s'est opposé à l'ancien Premier ministre d'extrême droite que son élection revêt une portée symbolique aux yeux du Tisza, le parti de Peter Magyar, qui a défait Viktor Orban aux élections de mai dernier. Le nouveau Premier ministre s'attache en effet à démanteler pièce par pièce l'héritage laissé par son prédécesseur : la nomination d'András Baka se veut, pour le nouveau gouvernement, un retour à l'État de droit.

L'ancien juge succède à un allié de Viktor Orbán, Tamas Sulyok, dont le mandat a été écourté par un amendement constitutionnel voté le mois dernier. Le parti Fidesz de l'ancien Premier ministre, désormais dans l'opposition, a boycotté ce vote qu'il juge "illégitime" pour cette raison. L'ONG Human Rights Watch a également critiqué cette éviction, y voyant des méthodes rappelant celles de Viktor Orbán.

La nomination d'András Baka se veut, pour le nouveau gouvernement, un retour à l'État de droit.

András Baka, de son côté, a estimé que cette destitution n'aurait effectivement pas dû avoir lieu "dans un pays régi par l'état de droit" affirmant cependant que la Hongrie était devenue "un État captif sous Orbán".

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Un résultat prévisible

Malgré l'ironie de la situation, András Baka ayant lui-même été démis par une manœuvre constitutionnelle similaire, le résultat de mardi ne laissait guère de doute. D'abord parce qu'il était le seul candidat en lice : Peter Magyar avait d'abord proposé la fonction à la championne d'échecs Judit Polgar, qui avait décliné. À l'issue d'un vote à bulletin secret critiqué pour son manque de transparence, Tisza a finalement retenu András Baka parmi trois autres candidats.

Ensuite parce qu'au Parlement hongrois, l'élection présidentielle nécessite une majorité des deux tiers, soit 133 voix sur 199 sièges : avec 141 députés, Tisza dispose déjà d'une majorité écrasante dans l'hémicycle, que le boycott du Fidesz et de son allié chrétien-démocrate, le KDNP, ne pouvait pas remettre en cause.

Un rôle protocolaire

En Hongrie, le président a un rôle protocolaire, mais il peut refuser de signer les lois qu'il juge contraires au droit. András Baka n'hésitera pas à contredire le gouvernement Magyar : il a d'ailleurs déjà qualifié d'"inacceptable" la limitation à douze ans de la durée du mandat des députés.

Il devrait prendre ses fonctions le 19 août, veille de la fête nationale. Son mandat devrait prendre fin dès l'adoption de la nouvelle Constitution hongroise, soit dans un an et demi selon Peter Magyar.

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