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Une commissaire de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM) souhaite que l’histoire du français au Manitoba soit inscrite dans le programme de toutes les écoles de la province et ne soit pas réservée aux écoles francophones ou d’immersion.
Lors de la dernière réunion mensuelle de la CSFM, la commissaire Roxane Dupuis a présenté une proposition visant à inscrire l’apprentissage de l’histoire du français au Manitoba dans le programme provincial, pour l’ensemble des cours d’histoire qui abordent la fondation de la province.
Pour elle, cette proposition répond d’abord à une question de vérité historique.
On néglige souvent une histoire plus complète et fidèle, vraiment, de la province, qui reconnaît la contribution des Métis et des Premières Nations, mais aussi des francophones, explique Roxane Dupuis.
Pour elle, cette démarche est essentielle pour lutter contre les préjugés et offrir une histoire complète et fidèle.
Au moment de la fondation de la province, la représentation des francophones était près de 50 %.
La SFM accueille cette initiative avec enthousiasme. Pour son président, Derrek Bentley, il s’agit d’un levier crucial pour le projet de société que vise la province.
Pour bien comprendre notre futur, pour pouvoir visionner où est-ce qu’on va dans la province, il faut aussi regarder vers l’arrière et comprendre, souligne Derrek Bentley. Selon lui, il est impératif que cette histoire dépasse les murs des écoles francophones.
On sait qu'on vise une province véritablement bilingue. Cette idée que, si on veut réellement être bilingue, l'histoire de cette francophonie-là [...] doit être enseignée.
Le président de la SFM suggère d’ancrer cet apprentissage dans des moments charnières, non pas pour se concentrer sur les conflits, mais pour en tirer des leçons.
Ça n’a pas toujours été parfait ou beau, cette histoire-là, mais des moments clés de la province ont pu changer tout un pays.
La réalité du terrain : un casse-tête pédagogique
Le défi de cette initiative reste son implantation concrète dans les salles de classe.
Marc Bissonnette, ancien enseignant en histoire au Collège Louis-Riel et superviseur à la Faculté d’éducation de l’Université de Saint-Boniface, tempère les attentes, par rapport à la surcharge des programmes.
Je vous parierais n'importe quoi que vous parliez à dix enseignants d'histoire... il n'y en a pas un qui n'a jamais couvert le curriculum au complet, note-t-il. On n'est pas capable de couvrir tout le curriculum, puis là, on veut rajouter d'autres choses. Donc, qu'est-ce qu'on enlève?
Marc Bissonnette estime qu'une solution efficace serait de créer un cours spécifique sur l’histoire du Manitoba, plutôt que de saupoudrer des notions dans un programme déjà chargé.
Pour l’instant, il n’existe ni volume horaire défini ni plan pédagogique détaillé, et la CSFM n’a pas consulté formellement les enseignants du réseau avant de déposer l’idée. Ce n’est pas une démarche qui nous oblige de consulter notre communauté scolaire, précise Roxane Dupuis.
La prochaine étape se jouera au congrès automnal de l’Association des commissions scolaires du Manitoba. La CSFM compte y présenter sa proposition, qui sera portée par la nouvelle commission scolaire issue des élections scolaires.
Si l’association accepte de s'occuper du dossier, la CSFM pourrait ensuite formuler une recommandation officielle au ministère pour modifier le programme d’histoire, en concertation avec les divisions scolaires et les experts pédagogiques.
La commission se dit prête à collaborer pour la suite des choses, mais rappelle que le chantier du contenu reviendra au ministère et aux équipes pédagogiques.
Dans une déclaration envoyée par courriel, un porte-parole du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance indique que le gouvernement provincial est en train de renouveler le programme obligatoire de sciences humaines, de la maternelle à la 11e année.
Le but est de rendre le programme plus pertinent, inclusif et représentatif des histoires et des perspectives diverses du Manitoba, dit-il.


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