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L'Union européenne a mis les bouchées doubles pour remplir ses stocks de gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Alors que l'UE a annoncé, en décembre dernier, l'interdiction totale d'importer du gaz russe à partir du 1er janvier 2027, les États membres ont, entre-temps, augmenté leurs achats afin d'anticiper cette échéance qui arrive à grands pas.
Selon les données de la société d'analyse Kpler relayées par le Financial Times, l'Europe a ainsi importé, au cours des six derniers mois, plus de GNL que jamais auparavant en provenance de l'usine de Yamal, en Sibérie, principal site de production de gaz naturel liquéfié de la Russie.
Pour rappel, depuis le mois d'avril, l'UE a interdit les importations de GNL russe dans le cadre de contrats à court terme. Les livraisons de GNL prévues dans le cadre de contrats à long terme restent toutefois autorisées jusqu'au 1er janvier 2027. L'accord prévoit ensuite un embargo total sur toutes les importations de gaz russe (GNL ou par pipeline) à partir du 30 septembre 2027, l'objectif étant de priver le Kremlin d'une manne financière qui contribue à sa guerre en Ukraine.
La facture estimée pour l'Union européenne s'élèverait à 6 milliards d'euros pour l'ensemble de ces livraisons.
18 % d'augmentation sur un an
Selon les données de Kpler, les achats ont donc atteint un niveau record de 9,89 millions de tonnes réparties dans 136 cargaisons. Un chiffre qui représente 18 % de plus par rapport à la même période l'an dernier. Au total, la facture estimée pour l'Union européenne s'élèverait à 6 milliards d'euros pour l'ensemble de ces livraisons.
Face à cette "vulnérabilité majeure", c'est décidé, l'Europe n'achètera plus de gaz russe (dès l'automne 2027 )Du côté des principaux acheteurs, la France, la Belgique et l'Espagne figurent parmi les plus gros importateurs. À la mi-juin, les dernières données du SPF Économie montraient déjà que, six mois avant l'interdiction européenne totale des importations de gaz russe, la Belgique n'en avait jamais autant consommé depuis six ans. À cette période, 11,6 % de son approvisionnement provenait encore de Russie. Précisons toutefois qu'en Belgique par exemple, le terminal de Zeebruges, joue un rôle stratégique à l'échelle européenne : une part importante du GNL qui y transite est réexportée vers d'autres pays, notamment l'Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas.
Ces chiffres indiquent également que l'Europe a acheté 98 % de la production de GNL de l'usine de Yamal sur six mois, soit la quasi-totalité. "L'Europe n'est pas qu'un simple acheteur : elle demeure le pilier logistique du projet phare de GNL arctique de Poutine", estime l'ONG allemande Urgewald, qui travaille sur les enjeux environnementaux et les droits humains. "Au lieu de couper cette source de revenus et de créer d'énormes problèmes économiques et de réputation pour Poutine, l'UE importe des volumes records de GNL en provenance de Yamal", continue l'ONG dans un rapport.
TotalEnergies détient 20 % du capital de Yamal LNG
Deuxième plus grand producteur de GNL russe
Située au nord-est de la chaîne de montagnes de l'Oural (qui donne également son nom au pétrole russe) et à 2500 kilomètres de Moscou, la péninsule de Yamal s'étend sur un territoire équivalent à une fois et demie la France, rapporte le Centre national d'études spatiales (CNES).
Voici comment la Commission européenne compte bannir le gaz russe d'ici la fin 2027Si ses immenses réserves de gaz ont été découvertes dans les années 1970, leur exploitation n'a débuté que plusieurs décennies plus tard, notamment en raison des conditions climatiques extrêmes qui rendaient l'accès particulièrement compliqué. Le premier terminal de GNL a donc ainsi été inauguré en 2017 par Vladimir Poutine. L'entreprise qui exploite ce projet, Yamal LNG, est majoritairement détenue par Novatek, premier actionnaire et deuxième producteur de gaz naturel en Russie. Mais l'entreprise a également des partenaires internationaux, dont TotalEnergies, qui détient 20 % du capital, et la China National Petroleum Corporation (CNPC), qui possède également 20 % du projet.
Le brise-glace russe Tor dans le port de Sabetta dans la pénisule de Yamal dans l'océen Arctique le 16 avril 2015. ©Copyright (c) 2019 Fly-Ural.ru/Shutterstock. No use without permission.Grâce à ses immenses réserves et à son accès à la route maritime du Nord (passage reliant l'océan Atlantique à l'océan Pacifique qui longe l'ensemble des côtes arctiques russes), Yamal est donc rapidement devenu un pilier de la stratégie énergétique russe, qui lui permet d'exporter son GNL aussi bien vers l'Europe que vers l'Asie. Mais depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, en 2022, les sanctions occidentales compliquent toutefois le développement de nouveaux projets.
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