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L’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan (gauche radicale) a dénoncé un « harcèlement judiciaire » après avoir été entendue par la police vendredi à Paris, dans le cadre d’une enquête différente des soupçons d’« apologie du terrorisme » pour lesquels elle avait déjà été placée la veille en garde à vue.
L’élue de 33 ans, qui a à plusieurs reprises tenu des propos polémiques sur Israël, était devenue pendant la campagne des élections européennes en 2024 la nouvelle idole des militants du parti La France insoumise (LFI).
Elle avait ainsi personnalisé la place majeure prise par le combat pro-palestinien dans le logiciel de son parti après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien et la réplique, qualifiée de « génocide » par LFI, du gouvernement de Benjamin Nétanyahou.
« Je fais l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de mes opinions politiques », a dénoncé l’élue lors d’une conférence de presse tenue dans le bureau de son avocat Vincent Brengarth.
« La temporalité de cette dynamique de harcèlement a commencé dès mon entrée en politique » et « n’a pas cessé depuis », a-t-elle déploré.
L’eurodéputée avait été entendue par la police plus tôt vendredi en lien avec une plainte « déposée par l’organisation juive européenne OJE et l’organisation juive française OJF » et une « plainte déposée par le collectif d’extrême droite Némésis », avait-elle fait savoir sur la plateforme X à la mi-journée.
À l’issue de ces auditions, deux convocations lui ont été délivrées pour une audience devant le tribunal le 16 septembre 2026, pour « apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit », selon le parquet de Paris.
Dans un autre dossier, elle était ressortie libre de garde à vue jeudi soir avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour « apologie du terrorisme » en raison d’une publication publiée le 26 mars dernier sur son compte X, faisant référence à l’auteur d’un attentat anti-israélien.
Lors de la fouille de ses effets jeudi, il avait aussi été découvert « la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée », avait précédemment indiqué le parquet, ajoutant que ces éléments feraient « l’objet d’une procédure distincte ».
Sur X, Rima Hassan a évoqué la présence deux échantillons de CBD à usage médical, l’un testé « conforme », l’autre qui « selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse ». Des analyses complémentaires ont été ordonnées.
« Procès du siècle »
Son avocat, Vincent Brengarth, a estimé que sa garde à vue était « parfaitement illégale » et que le parquet avait détourné la procédure dite de « flagrance », qui concerne les délits qui viennent d’être commis, pour passer outre son immunité parlementaire.
L’avocat a ensuite salué une « première victoire », puisque le parquet a ouvert une enquête pour « violation du secret de l’enquête » au regard des fuites dans la presse.
Accompagné de drapeaux du Japon et de la Palestine, le post litigieux de Rima Hassan sur X le 26 mars reprenait des propos attribués à Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l’aéroport de Tel-Aviv, en Israël. Il avait tué 26 personnes parmi lesquelles un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.
« Si ce procès doit avoir lieu le 7 juillet, ce sera le procès du siècle en matière d’apologie du terrorisme en raison de l’absence de neutralité sur ces questions des autorités françaises », a prévenu Me Brengarth.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a justifié le signalement à la justice, fait par ses services, de ce post : « Le tweet de Mme Hassan est grave […], il n’y a pas d’acharnement », a-t-il fait valoir.
Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une levée de boucliers dans les rangs de LFI. Son leader Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « police politique » et le coordinateur national du parti, Manuel Bompard, a déploré des « informations mensongères » utilisées pour « salir » l’élue.


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