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L’entreprise d’Évreux Glass Express en liquidation judiciaire, Samuel Brigantino travaille à sa reprise

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Le tribunal de commerce d’Évreux a placé Glass Express en liquidation judiciaire le 10 septembre 2026. Son dirigeant souhaite déposer un dossier de reprise, avec des partenaires.

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Glass Express vitrage automobile

Glass Express, l’un des principaux acteurs indépendants du vitrage automobile en France, a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Évreux, le 10 septembre 2026. ©Archives Eure Infos La Dépêche

Par Florent Lemaire Publié le 18 sept. 2026 à 10h07

Moins de six mois après l’ouverture d’un redressement judiciaire, le 30 avril 2026, la holding Glass Express France a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Évreux (Eure), le 10 septembre 2026. La même juridiction a autorisé le maintien de l’activité de l’entreprise de vitrage automobile jusqu’au 2 novembre prochain, soit à l’issue de la période de six mois d’observation initialement attribuée.

D’ici à cette date, quelques échéances importantes auront lieu. D’abord, le 25 septembre, date jusqu’à laquelle les repreneurs potentiels – avec reprise de l’activité opérationnelle – peuvent se manifester auprès du tribunal de commerce. Tribunal qui, au cours d’une audience dans le courant du mois d’octobre, désignera un repreneur.

Coup d’arrêt

Pour Samuel Brigantino, qui a monté la société en 2013, la chute est sévère. Ouverte à Guichainville avec deux salariés, la petite entreprise a peu à peu grossi, jusqu’à devenir l’un des principaux acteurs indépendants du secteur. Près de 250 salariés travaillent en 2026 dans l’entreprise dont le siège se situe désormais rue Jacquard à Évreux.

Parmi eux, 78 sont au siège (RH, finances, développement, etc.), les autres étant répartis dans l’une des cinq plateformes régionales de la marque, qui couvrent la moitié du territoire. Ces sociétés poursuivent leur activité et ne sont pas concernées par la liquidation judiciaire. Mais pour le dirigeant ébroïcien, cette mesure marque évidemment un coup d’arrêt brutal pour son « bébé ».

On a été contraint de mettre Glass Express France en liquidation car pendant l’été, les assureurs ont continué d’asphyxier les trésoreries du groupe.

Au printemps dernier, l’ancien candidat aux municipales annonçait que « 8 à 10 millions d’euros de factures [étaient] non réglées à Glass Express ». Depuis, une partie – 2 M€ – du reste à charge a pu être récupérée auprès des clients, après relance.

« Glass Express, ça fait du bruit, mais je pense aux petits »

Samuel Brigantino

Samuel Brigantino travaille à un projet de reprise de l’entreprise, adossé à un groupement automobile, et poursuit son combat contre les pratiques jugées « anticoncurrentielles » des assureurs. ©Archives CG/Eure Infos La Dépêche

« Dégoûté des pratiques des assureurs, mais pas du milieu », Samuel Brigantino n’en a peut-être pas terminé avec le vitrage automobile. D’abord parce qu’il travaille à un dossier de reprise, adossé à un groupe « plutôt dans l’automobile » (sans donner davantage de détails), qu’il compte bien déposer auprès du tribunal de commerce, « pour essayer de conserver une grande partie des effectifs ».

Mais aussi parce que le combat qu’il mène, au côté de la Fédération française de la carrosserie (FFC, syndicat professionnel des indépendants de l’automobile, carrossiers, dépanneurs, réparateurs de vitrages…), contre les assureurs est loin d’être terminé.

Rappelons que ces indépendants contestent la mainmise de certains assureurs sur le marché du vitrage, qui tirerait les prix vers le bas, et entraînerait de « petits » professionnels non agréés à leur perte. En ne remboursant pas à Glass Express (et à d’autres) l’intégralité des factures de remplacement de pare-brise, les assureurs ont grevé la trésorerie de ces entreprises.

Glass Express étant l’un des principaux indépendants, ça fait plus de bruit, mais je pense à tous les petits réparateurs indépendants, vous n’en entendez pas parler. Il y a eu 200 dépôts de bilans ces trois dernières années, et en 2025, il y a eu encore 400 M€ de détournement.

Ce dernier est persuadé que la requête menée par la FFC permettra d’obtenir gain de cause. « L’autorité de la concurrence contraindra les assureurs, c’est une certitude. Leurs pratiques sont anormales, les experts leur appartiennent, plus personne ne doute que c’est orienté. Tant qu’on laissera faire les gros contre les petits, on se retrouvera dans ces situations-là. Le sujet n’est pas le coût du pare-brise, ce sont les dividendes reversés aux actionnaires », peste le chef d’entreprise.

« Un passage qui me marquera »

La success-story de Glass Express a donc fini par se fissurer, et même voler en éclat, même si ce n'est pas par manque d'activité. Samuel Brigantino le vit-il comme un échec ? « Dans un parcours d'entrepreneur, c'est un passage qui me marquera, concède-t-il. Quand vous êtes entrepreneur et que vous développez, vous n'êtes pas là pour mettre vos collaborateurs dans une mauvaise situation. On va licencier des gens et socialement c'est dramatique. En plus, Glass Express s'investissait énormément localement, a essayé d'aider plein d'associations, on intégrait des jeunes, on a participé à l'effort du territoire. Sur ce point, j'ai une vraie déception. »

Qui reprendra ?

Dans un mois environ, le tribunal de commerce nommera un repreneur pour l’entreprise. Quel profil peut-il avoir ? « Vous n’aurez pas un entrepreneur qui reprendra. Ça va être soit un groupement automobile et dans ce cas de figure, il y a peu de chance que ce soit sans nous parce que c’est trop compliqué à gérer et ils auront besoin de gens de métier », assure Samuel Brigantino, qui salue l’action du tribunal de commerce, « présent pendant toute la procédure. Ils ont confiance en nos capacités, ils savent qu’on est des gens qui avons toujours respecté les règles et ils nous aideront en cas de reprise ».

Mais ce pourrait être aussi une banque, voire une assurance, « pour tout passer en agrément ». Ce qui serait un sacré pied de nez pour celui qui se bat depuis des années contre des pratiques jugées « anticoncurrentielles ».

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