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L’engouement pour l’innu-aimun à Uashat mak Mani-utenam

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En cette journée nationale des langues autochtones, des Innus de Uashat mak Mani-utenam constatent un grand intérêt pour l’apprentissage de leur langue chez les plus jeunes de leur communauté, mais aussi chez les allochtones.

Le coordonnateur du centre culturel Tshissenitamun Mitshuap, qui œuvre dans la transmission du savoir traditionnel innu, Tshiuetin Descent-Vollant, note un fort engouement pour l’apprentissage de l’innu-aimun.

Il explique que le succès de l’activité de cercle d’apprentissage linguistique dépasse actuellement la capacité d’accueil du centre. Ça explose! s’exclame-t-il.

Le centre qui enseigne à près de 50 étudiants travaille actuellement à augmenter le nombre de cours pour presque doubler sa clientèle d'ici un mois.

Le centre offre des cours de différents niveaux. La moitié des gens qui suivent le niveau débutant, n’ont jamais vécu dans la communauté et souhaitent connecter avec la culture.

La façade du Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap.

Le Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap, qui signifie la maison de transmission des savoirs. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Plus d'un quart des étudiants sont allochtones. Selon Tshiuetin Descent-Vollant, plusieurs souhaitent apprendre la langue puisqu'ils côtoient des Innus au quotidien et souhaitent interagir avec eux.

Quand on apprend une langue, on apprend la culture. Donc c'est d'apprendre aussi la culture de l'autre.

Dans les cours plus avancés, la clientèle est presque exclusivement composée d’Autochtones.

Tshiuetin Descent-Volant rappelle toutefois que la santé de la langue et de la culture ne va pas nécessairement bien. Ça se dégrade. C'est pour ça que le centre a été créé, lance-t-il.

Reconnecter avec le territoire

Pour Ntshukus Vollant, coordonnatrice de langue et culture à Uashat mak-Mani-utenam, il existe une disparité entre le milieu urbain et les régions plus éloignées. Elle note l'importance du lien avec le territoire qui agit comme une classe vivante dans l'apprentissage de la langue.

Elle explique qu’en région éloignée, comme Schefferville, La Romaine ou Natashquan, la langue est très forte, et ce, même chez les plus jeunes. C’est plus difficile quand tu restes proche de la ville où tu entends le français partout, lance-t-elle

La nature de la Basse Côte-Nord en hiver.

La vaste nature entourant la communauté innue de Pakua Shipi. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine McKenzie

Ntshukus Vollant raconte avoir exploré le territoire avec sa fille, qui s’est alors mise à parler davantage innu-aimun. Elle n’arrêtait pas de me parler avec de petits mots qu'elle connaissait, lance-t-elle en expliquant que les jeunes apprécient beaucoup leurs séjours en nature.

Elle constate un intérêt chez les jeunes, surtout lorsque l’enseignement se fait en lien avec la culture et l’identité.

Pour Tshiuetin Descent-Vollant, il y a un lien direct entre l'accès au territoire et la préservation de la langue et de la culture : la richesse de la langue explose quand on est en territoire parce qu'il y a bien plus d'applications qu’en milieu urbain, explique-t-il.

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