Habituellement jugé essentiel pour la sécurité et la vie économique, l’éclairage urbain pendant la nuit est source de pollution lumineuse. Or, parmi les conséquences de cette pollution, une étude récente a mis en exergue un allongement de la saison des pollens atmosphériques, ainsi que son intensité. Autrement dit, l’éclairage urbain représente un facteur environnemental supplémentaire en ce qui concerne les allergies au pollen en ville.
Des saisons polliniques plus longues et plus intenses
Si certaines personnes évoquent de plus en plus la notion de « sobriété lumineuse », l’éclairage artificiel nocturne en ville reste semble être à la hausse un peu partout dans le monde. Or, celui-ci engendre une pollution lumineuse pouvant influer sur la santé humaine, notamment le cycle circadien. Néanmoins, cette même pollution peut également impacter les écosystèmes, avec d’autres conséquences inattendues sur la santé humaine, comme le révèle une étude publiée dans la revue PNAS Nexus le 20 janvier 2026.
Selon les chercheurs de l’Université Vanderbilt à Nashville (Etats-Unis), l’éclairage artificiel nocturne perturbe les cycles naturels de lumière et d’obscurité. Or, la lumière influence directement les processus phénologiques caractérisant les plantes, notamment la floraison du pollen, ainsi que sa libération. Les auteurs de l’étude sont formels : l’exposition prolongée à l’éclairage urbain est synonyme d’un début plus précoce et d’une fin plus tardive de la saison des pollens atmosphériques. Ainsi, l’éclairage urbain pendant la nuit cause un allongement de la saison des pollens et donc, une exposition plus longue des humains aux allergies.
« L’impact de la pollution lumineuse artificielle (PLA) est plus important en fin de saison qu’en début de saison. Les sites exposés à la PLA ont connu un nombre de jours plus élevé et une exposition plus intense aux pollens allergènes, comparativement aux sites peu ou pas exposés. Ces résultats soulignent le potentiel de la PLA à aggraver les maladies allergiques et justifient son intégration dans les stratégies de santé publique et d’aménagement urbain. », peut-on lire dans l’étude.
Crédit : Dragana991 / iStock
Un facteur aggravant
Afin d’arriver à leurs résultats, les chercheurs ont analysé plus d’une décennie (2012-2023) de données provenant de stations de mesure dans le nord-est des Etats-Unis. Ces données ont permis de comparer des zones plus ou moins impactées par l’éclairage artificiel nocturne. Dans les zones à forte lumière, 27% des jours de la saison des pollens ont été jugés « sévères » contre 17% pour les zones moins exposées. Ainsi, en plus d’un allongement de la saison, les chercheurs ont souligné une augmentation de l’intensité des épisodes polliniques. Le principal facteur de l’allongement de la saison des pollens reste évidemment la hausse des températures en lien avec le réchauffement climatique. Néanmoins, il semble que l’éclairage urbain ajoute de la gravité en ce qui concerne l’exposition des humains aux pollens et donc, leurs allergies.
Par ailleurs, il est important de souligner que les sources de lumière en ville sont multiples, à savoir les panneaux lumineux, les bâtiments, les lampadaires, ainsi que les véhicules. Aussi, la généralisation des LED a amplifié le phénomène, même si ces dernières contribuent à économiser de l’énergie. Malheureusement, ces LED ont la particularité de générer des longueurs d’onde susceptibles d’affecter encore un peu plus la physiologie végétale.
Tout comme d’autres études antérieures, ces travaux contribuent à alimenter le débat à propos de la lumière en ville durant la nuit. Limiter la pollution lumineuse doit passer par une « sobriété lumineuse », possible via des stratégies d’atténuation. Il pourrait par exemple s’agir de réorienter la lumière plutôt vers le sol ou encore, de choisir des types de lumière moins perturbants pour la végétation.


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