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Les PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées que les scientifiques surnomment « polluants éternels », se retrouvent partout, y compris dans ce que vous buvez chaque matin.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a conduit pendant deux ans une vaste campagne de prélèvements à travers tout le territoire, des grandes villes jusqu'aux territoires ultramarins, pour mesurer avec précision l'étendue réelle de cette contamination.
Plus de 1 200 échantillons analysés, 35 molécules différentes traquées simultanément : les résultats changent franchement notre regard sur la qualité de l'eau potable française.
Le TFA, cette molécule que personne ne surveillait vraiment
Avant cette enquête, l'acide trifluoroacétique, dit TFA, n'existait presque pas dans le débat public. Pourtant, c'est lui qui domine les bilans. Sa présence dans 92 % des prélèvements en fait le PFAS le plus répandu détecté lors de cette campagne, loin devant des substances plus connues comme le PFOS ou le PFHxS.
Ce qui rend le TFA particulièrement intéressant, c'est sa structure. Cette molécule dite « ultracourte » est si compacte qu'elle passe plus facilement à travers les systèmes de filtration classiques des stations de traitement. Autre signal étrange relevé par les chercheurs : sa présence ne coïncide pas toujours avec celle des autres PFAS. Cela suggère des sources de contamination distinctes, plus diffuses, probablement liées à la dégradation de certains pesticides ou de réfrigérants fluorés.
Omniprésents dans l’environnement et capables de s’accumuler durablement dans nos organismes, les PFAS – les fameux « polluants éternels » – font l'objet d'une attention croissante. Une vaste campagne d'analyses nationale, menée par l’Anses, dresse un état des lieux de leur présence dans notre eau potable.... Lire la suite
L'enquête a aussi mis en lumière une autre substance rarement évoquée : l'acide trifluorométhanesulfonique (TFMSA), détecté dans 13 % des prélèvements. Parmi les PFAS les plus fréquents identifiés dans les eaux françaises, on retrouve notamment :
- le TFA (acide trifluoroacétique) ;
- le PFHxS (acide perfluorohexanesulfonique) ;
- le PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) ;
- le PFHxA (acide perfluorohexanoïque) ;
- le TFMSA (acide trifluorométhanesulfonique).
Ces molécules portent toutes la même signature : fabriquées pour résister à la chaleur, à l'eau et au temps, elles ne se dégradent qu'extrêmement lentement. Certaines voyagent sur de très longues distances avant d'atteindre nappes phréatiques et rivières. L'héritage de décennies d'utilisation industrielle depuis les années 1950 se lit immédiatement dans ces résultats.
Peu connu du grand public, l’acide trifluoroacétique (TFA) est pourtant le PFAS le plus présent dans les analyses : détecté dans 92 % des prélèvements, il surpasse largement des substances mieux médiatisées comme le PFOS ou le PFHxS. © Jacob Wackerhausen, iStock
Des concentrations mesurées, mais une surveillance à renforcer
Trouver des PFAS dans presque tous les échantillons ne signifie pas pour autant que l'eau du robinet soit dangereuse à boire aujourd'hui. La nuance compte ici. La réglementation européenne fixe un seuil de 100 nanogrammes par litre pour la somme de 20 PFAS prioritaires, et dans la grande majorité des cas analysés, les concentrations restent en dessous de cette limite.
PFAS : cette technologie pourrait résoudre le problème de leur présence dans l’eau
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Les outils analytiques modernes atteignent une précision extrême : ils peuvent détecter des traces équivalentes à quelques gouttes dissoutes dans plusieurs piscines olympiques. Cette sensibilité est précieuse, mais elle impose aussi de distinguer présence et risque.
Ce que cette campagne change vraiment, c'est l'horizon de la surveillance. Les données collectées par l'Anses vont directement alimenter les futures stratégies nationales de contrôle. Le TFA et le 6:2 FTSA pourraient rapidement intégrer les programmes de suivi réguliers.
La réglementation européenne prévue pour 2026 élargit déjà la liste des substances à surveiller obligatoirement. Ce que cette enquête valide surtout, c'est que nous ne faisions que gratter la surface jusqu'ici : la diversité réelle des polluants fluorés présents dans notre eau était largement sous-estimée, et il reste encore beaucoup à analyser.


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