Deux salles dans la pénombre. Vingt grandes images de photojournalistes, saisies aux quatre coins d’un monde en guerre, sont projetées sur les murs. Toutes les vingt minutes, vingt projecteurs font entendre un clic: le paradis bascule vers l’enfer, l’enfer, vers le paradis. C’est Inferno & Paradiso, une installation de l’artiste chilien Alfredo Jaar (1951) à voir à Photo Elysée, à Lausanne, après une présentation au festival Cortona On The Move, en Italie.
Les photos de Véronique de Viguerie – qui, invitée par Alfredo Jaar, a choisi elle-même les clichés projetés – passent du «paradis» d’une route poussiéreuse et ensoleillée où pédale tranquillement un marchand de ballons multicolores, à l'«enfer» d’une ruelle étroite où trois hommes masqués, armés, menaçants croisent une petite fille grimée en chat. On apprendra, lisant le journal distribué au public, que la première photo a été prise en 2023 près de Jalalabad en Afghanistan, que l’autre documente le carnaval de Rio en 2019. Ambiguïtés du paradis et de l’enfer, c’est la première leçon de ces clichés contradictoires: rien n’est jamais totalement merveilleux ni totalement désespéré.


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