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L’argent du traité Robinson-Huron fait monter la criminalité dans des Premières Nations

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Quelques semaines après que l'argent du règlement du traité Robinson-Huron a été versé dans les comptes bancaires des gens, la police de plusieurs Premières Nations du Nord de l'Ontario affirme avoir vu également l’arrivée de trafiquants de drogue et d’escrocs financiers et une recrudescence des crimes violents.

Ce règlement de 10 milliards de dollars découle d'une décision de justice qui a conclu que l'Ontario avait omis pendant plus d'un siècle d'augmenter correctement les redevances issues des traités et liées aux revenus tirés des ressources.

L’Ontario et le Canada ont chacun déboursé la moitié de la somme du règlement et l’argent a été distribué aux 21 Premières Nations signataires du traité Robinson-Huron et à leurs membres à partir d’août 2024.

Les dirigeants des Premières Nations affirment que l'indemnisation a apporté des avantages réels à de nombreuses familles, mais que des résidents vulnérables ont été ciblés par des criminels à un moment où les services de police autochtones demeurent sous-financés.

Le chef du service de police de Wikwemikong, Ron Gignac, affirme avoir constaté une forte augmentation de la criminalité peu après la distribution des paiements aux habitants.

En octobre 2024, nous avons constaté une augmentation rapide des appels aux services d'urgence, notamment pour des affaires de drogue, d'enlèvements et d'activités clandestines, déclare-t-il.

Ron Gignac est le chef du service de police de Wikwemikong.

Ron Gignac est le chef du service de police de Wikwemikong.

Photo : Facebook/Indigenous Police Chiefs of Ontario

M. Gignac a mené une étude d'un an comparant les données policières avant et après le versement.

Ses conclusions font état d'une augmentation de 22 % des incidents et d'une hausse de 65 % des accusations portées.

Bon nombre de ces accusations étaient liées au trafic de drogue et à une recrudescence de la violence conjugale, des agressions et des attaques contre des policiers. Un de nos agents a été poignardé et a failli mourir : il luttait pour sa vie, mentionne M. Gignac.

Le chef de Sagamok Anishnawbek, Angus Toulouse, affirme que sa communauté a connu des situations similaires, avec des trafiquants venant du Sud de l'Ontario et profitant des capacités policières limitées.

Les services de police ont inculpé et expulsé les individus indésirables de la communauté, mais ils sont remplacés aussi vite, dit-il.

M. Toulouse indique que les trafiquants pénètrent parfois dans la communauté en bateau ou en motoneige la nuit et qu’ils sont abrités par des résidents vulnérables.

Des avantages

Le chef Toulouse et le chef de la Première Nation de Mississauga, Brent Niganobe, soulignent tout de même que le règlement du traité Robinson-Huron a eu des retombées extrêmement positives pour la plupart des familles.

Angus Toulouse indique que de nombreux membres de la communauté ont utilisé l'argent pour voyager, rénover des maisons, acheter des véhicules et investir dans l'éducation de leurs enfants.

Angus Toulouse est le chef de Sagamok Anishnawbek.

Angus Toulouse est le chef de Sagamok Anishnawbek.

Photo : CBC/Aya Dufour

Mais il précise que les résidents vulnérables aux prises avec une dépendance font face à un plus grand risque.

Le chef Niganobe affirme que cette indemnisation était attendue depuis longtemps et qu'elle était fondée sur l'équité.

C’est une chose pour laquelle nous nous sommes battus pendant longtemps. Il s’agissait de partager les ressources. La majorité de la population en a bénéficié. C’est une bonne chose, mentionne-t-il.

Craintes concernant les services policiers

Selon le chef Niganobe, les deux agents de police de sa communauté ne parviennent pas non plus à répondre à tous les cas.

Il souligne que les services de police des Premières Nations dépendent d'accords fédéraux à durée limitée et ne sont pas considérés comme des services essentiels.

Brent Niganobe.

Brent Niganobe est le chef de la Première Nation Mississauga.

Photo : Erik White/CBC

Notre police souffre déjà d’un manque de financement, et voilà que les gouvernements envisagent de mettre fin à certains accords de sécurité. Nos services de police ne sont pas à la hauteur de ceux des autres forces de police, ni même de la Police provinciale de l’Ontario, mentionne Brent Niganobe.

Dans une déclaration à CBC, Sécurité publique Canada affirme prendre en compte les préoccupations soulevées par les dirigeants des Premières Nations et les services de police.

La déclaration n'aborde pas de réductions budgétaires futures.

Elle fait plutôt valoir les centaines de millions de dollars investis dans les services de police des Premières Nations au cours des cinq dernières années.

Avec les informations de Faith Greco, de CBC

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